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Interview : Concepteur-rédacteur

Concepteur-rédacteur
Sandy Laneau
Concepteur-rédacteur

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>Quel est votre cursus ?

- J'ai fait un parcours classique pour quelqu'un qui se vouait à une carrière journalistique. Un Bac littéraire option anglais spécialisé pour maîtriser la langue de Shakespeare convenablement et une bonne culture générale dans les domaines qui me passionnent. Je n'ai jamais eu l'âme d'une scientifique... Après l'obtention du précieux sésame je me suis tournée vers une licence de lettres modernes option communication à Lille 3. Ce choix m'a paru être la suite logique des choses : je pensais qu'il fallait avoir « une bonne plume » pour être intéressant et attirer le lecteur. Lors de ma deuxième année de lettres, je me suis inscrite au concours d'une école de journalisme « pour voir ». Finalement, je me suis prise au jeu, j'ai préparé ce concours comme si ma vie en dépendait, en suivant tous les conseils des livres, fiches, etc., tout y passait. J'ai été reçue à l'écrit à ma plus grande surprise, je ne pensais pas avoir le niveau requis. L'oral a été l'une des épreuves les plus difficiles de ma vie, j'étais trop jeune et je manquais d'expérience sur le terrain, selon le jury. Peut-être avait-il raison finalement. Quelques jours plus tard, j'ai entrepris d'appeler toutes les rédactions de ma région plus motivée que jamais pour passer le concours l'année suivante avec un CV bien fourni. Très peu sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, pourtant je gardais espoir. J'avais même été contactée par la Voix du Nord pour un contrat d'alternance ! Un nouveau concours non préparé plus tard (c'était à peine 3 semaines après le second, j'avais besoin d'une pause mentale et ce n'était pas prévu) et quelques espoirs détruits, j'ai décidé de changer de voie, et de vie finalement, j'ai terminé ma licence. Une fois la licence en poche, j'ai choisi le master Métiers de la rédaction. Je suis actuellement à la fin de mon M1.

>Que prévoyez-vous pour l'avenir ?

- J'ai toujours souhaité être journaliste spécialisé dans la politique, suite à des déconvenues, je me cherche toujours mais j'ai un penchant certain pour la conception-rédaction sur le web, j'aime la liberté de ton que l'on peut avoir sur la toile et l'aspect technique du web m'attire beaucoup.

>Pourquoi avoir choisi cette voie ?

- J'ai choisi ce master non pas par dépit mais par envie de changement, les cours ne m'intéressent plus vraiment et c'est un master Pro, j'avais la possibilité d'y faire de l'alternance, ce qui me convenait parfaitement. Le web est un endroit où je passe énormément de temps et de découvrir l'envers du décor m'intéressait beaucoup.

>Comment s'organise cette année universitaire ?

- Pour le M1 nous avions deux possibilités : faire un stage de 4 mois minimum à partir de janvier ou faire cette année en alternance. J'ai choisi de commencer dès octobre. J'avais donc 3 jours de cours et 2 jours de stage jusque janvier. Puis une journée de cours et le reste du temps en entreprise. Actuellement, je passe toute la semaine en entreprise jusqu'à la fin de mon stage, les cours étant terminés.

>Quelles sont les qualités nécessaires à votre futur métier ?

- J'espère devenir conceptrice rédactrice web. Pour ce métier il faut être attentive à ce qu'il se passe autour de soi, avec internet tout va très vite, l'idéal est d'être en avance sur les autres, il faut être créatif et rigoureux, les internautes qui vous lisent peuvent parfois se montrer très exigeant. Mais ce que j'ai appris, c'est qu'il ne suffit pas de savoir écrire correctement, il faut avoir un style bien à soi, et une bonne équipe derrière soi pour faire monter le référencement. Sans cela, il ne sert à rien d'écrire, personne ne vous lira à part les robots de Google.

>Vous vivez avec un handicap moteur, avez-vous déjà connu des discriminations ?

- Je ne sais pas si l'on peut parler de discriminations, certaines grandes écoles ont adapté leurs locaux mais pas leur mode de fonctionnement, il est dans ce cas difficile de faire un programme d'étude quand vous n'en avez pas la possibilité physique et qu'aucune alternative ne vous est proposée. Après, j'ai connu toute ma vie des discriminations d'un point de vue privé, les mentalités sont loin d'avoir changé. Vous connaissez beaucoup d'entreprises qui acceptent le télétravail ? Pourtant, avec le web, plus rien n'est impossible !

>Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien ?

- Au quotidien, j'ai tendance à dire que j'ai les mêmes difficultés que tout un chacun : aller travailler, être à l'heure... C'est problématique pour moi. Je fais tout un peu plus lentement que les autres, et si les ascenseurs sur mon chemin tombent en panne ça me complique la journée, je ne peux pas venir travailler. Il n'est pas toujours facile de se justifier. Pas forcément envie d'expliquer à son supérieur que votre corps fatigue plus vite que le sien, et que tout est plus compliqué. Je suis venue travailler, pas susciter la pitié. Vous voyez ? Difficile de faire un compromis entre ce qui affecte votre vie privée et votre vie professionnelle.

>Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune souffrant d'un handicap moteur découragé par le monde du travail ?

- Dans un premier temps je lui dirais que je le comprends. Je sais qu'il n'est pas facile d'envoyer 200 CV sans décrocher un seul entretien. Maintenant, je lui dirais de faire valoir sa RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé), de montrer que c'est un atout pour l'entreprise, et d'ensuite se mettre lui en avant, c'est d'abord ses compétences qui intéresseront l'entreprise. Mon ultime conseil, serait je pense le plus important : travailler, c'est bien, mais faire attention à sa santé c'est mieux. Il faut demander à faire un mi-temps thérapeutique, ça lui permettra de mieux s'épanouir au travail, garder un lien avec la société et se sentir utile.

FR
28/09/2011




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