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Interview : pigiste

Quel a été votre parcours depuis le bac ? Avez-vous effectué des stages ?

Mon parcours est plutôt… sinueux. Après un Bac ES, j'ai d'abord obtenu mon Deug d'histoire (mention géo) à La Catho puis ma licence d'histoire à Lille III. Ensuite, je me suis orienté vers une 3e année de spécialisation « communication-tourisme » à l'ISCOM, après laquelle je me suis de nouveau tourné vers l'histoire en passant une maîtrise d'histoire contemporaine. Finalement, j'ai persisté dans cette voie en obtenant un Master II « culture, tourisme, valorisation du patrimoine » à La Catho. Concernant les stages, j'en ai effectué trois : un premier au service marketing de la Gazette Nord Pas-de-Calais, un deuxième à la rédaction du magazine « Pays du Nord » et un troisième au Comité Départemental du Tourisme du Nord.

Comment jugez-vous l'utilité de votre formation pour votre travail actuel ?

Comme vous avez pu le constater, je n'ai pas de spécialisation journalistique. Toutefois, mes études d'histoire m'ont apporté une solide culture générale et des qualités rédactionnelles, toutes deux indispensables pour exercer le métier de pigiste.

Quel a été le contexte de votre embauche ?

Durant mon année à l'ISCOM, j'ai effectué un mémoire sur la communication du LOSC, l'équipe de football de Lille. Un des membres du jury qui a examiné mon dossier travaillait au service des sports de la Voix du Nord. Il a apprécié les qualités rédactionnelles de mon mémoire et m'a proposé de faire un essai en tant que correspondant sportif. Je suis rentré dans le métier par une belle opportunité et me suis formé sur le tas.

Comment se déroulent vos journées de travail ?

En tant que pigiste, je travaille chez moi : je n'ai donc pas d'horaires fixes à respecter mais des délais. Mon premier geste de la journée consiste à me tenir au courant de l'actualité par le biais de différents supports : presse, radio et Internet. Ensuite, selon les articles que je dois écrire, avant ou après mes reportages (prises de notes, interviews, photos), j'effectue des recherches plus ou moins approfondies et rédige les papiers puis envoie les textes à mes commanditaires. Selon les journaux, les impératifs différent. Par exemple, l'hebdomadaire L'Express commande ses articles deux mois à l'avance, alors que pour un quotidien comme Lille Plus, je suis prévenu presque la veille de l'événement à couvrir. Il faut donc s'adapter selon les cas et parfois travailler dans l'urgence. Par ailleurs, je bosse régulièrement le week-end quand je couvre des rencontres sportives.

Quelles sont les qualités indispensables à l'exercice de votre profession ?

Quand on travaille chez soi, il faut être organisé et rigoureux. De plus, il faut avoir une grande ouverture d'esprit et s'intéresser à de nombreux domaines, même ceux en dehors de nos centres d'intérêts. On ne rédige pas toujours les articles que l'on souhaiterait. D'ailleurs, ma passion pour le sport ne m'empêche pas d'écrire sur des sujets très divers. Enfin, il est indispensable de posséder des qualités rédactionnelles et d'avoir le contact facile pour se créer un réseau de relations porteur.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre profession ?

Le gros avantage de travailler chez soi, c'est la possibilité de gérer son temps comme on le souhaite. Concernant spécifiquement le métier de pigiste, je pense qu'il s'agit d'une profession valorisante et extrêmement intéressante car nous jouons le rôle d'intermédiaire entre l'actualité et nos lecteurs. Enfin, le métier a ses bons côtés : les journaliste sont plutôt choyés et nous avons accès à des espaces VIP ou privilégiés lors de certaines manifestations. Récemment, j'ai suivi l'équipe de Lille de hockey sur gazon en Allemagne, tous frais payés dans un hôtel 4 étoiles…plutôt agréable ! Toutefois, il faut savoir garder la tête froide et ne pas oublier de rester neutre. Enfin, le principal inconvénient concernerait le stress qui peut survenir lorsqu'on l'on doit absolument rendre des articles à une date qui approche à grands pas. Dans ces cas-là, l'urgence est une source de motivation incomparable pour respecter les délais tout en fournissant un travail de qualité.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans le métier ?

D'après moi, il faut se tenir informé de l'actualité et s'exercer à écrire des articles. Malgré les difficultés, il faut continuer à croire en ses qualités et en sa valeur. Passer par une école reconnue peut faciliter l'entrée dans le monde du journalisme, c'est certain. Cependant, on peut également y rentrer par la petite porte et s'en sortir tout aussi bien. Commencer en tant que correspondant local pour un quotidien régional constitue un très bon entraînement. Pour finir, il ne faut pas hésiter à proposer ses services dans le cadre de stages voire de CDD.

Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

Je dois encore faire mes preuves. A court terme, mon objectif est d'obtenir une place fixe en CDI au sein d'un journal, dans le meilleur des cas en ne rédigeant que des papiers sportifs. A long terme, ce serait formidable que j'arrive à intégrer la rédaction du fameux journal L'Equipe, le seul et l'unique !

Un favori pour la coupe du monde 2006 ?

Difficile de ne pas croire aux chances du Brésil, très en forme actuellement et qui dispose d'attaquants redoutables. D'après moi, une finale France-Brésil n'est pas à exclure : notre équipe a toutes ses chances malgré ses derniers déboires. En espérant que cette fois-ci, si cette éventualité se concrétise, le score tourne à notre avantage.

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