Vous recherchez...

Interview : Agent privé de recherches

Agent privé de recherches

Agent privé de recherches (depuis 2011)

Société: Agence Détective Nord (ADN)

Diplômé de l'Institut de Formation des Agents de Recherche depuis 2009, Alexandre Laverze a créé sa propre entreprise baptisée ADN (Agence Détective Nord) en août 2011. Ce jeune entrepreneur nous parle de son métier.

Pouvez-nous parler de votre parcours ?

Après l'obtention d'un bac ES, je suis allé en fac de droit à Lille II pour y suivre le parcours Administration Economique et Sociale (AES). Ensuite, pendant 9 ans, j'ai travaillé au sein d'une grande entreprise publique. Comme je m'en suis lassé, j'ai préféré quitter mon travail. A ce moment-là, je ne savais même pas précisément ce que j'avais envie de faire.

Comment êtes-vous devenu agent privé de recherches ?

J'ai commencé par faire un bilan de compétences. Je me suis rendu compte que le métier d'agent privé de recherches correspondait bien à ma personnalité. Pourtant, jusque-là, je n'étais même pas sûr de l'existence de ce métier en France et ce que j'en connaissais relevait bien plus du stéréotype que de la réalité !Grâce au Congé Individuel de Formation (CIF), j'ai pu intégrer l'IFAR, l'Institut de Formation des Agents de Recherches de Montpellier. J'ai choisi cette formation puisqu'elle proposait d'effectuer un stage pratique de février à juin. Ca m'a permis d'avoir tout de suite un pied dans le métier. J'ai aussi eu la chance d'avoir un très bon maître de stage qui m'a assez vite laissé travailler en autonomie. J'avais vraiment envie d'entreprendre donc je me suis lancé. Même si je suis diplômé de l'IFAR depuis 2009, l'Agence Détective Nord a vu le jour en août 2011.

En quoi consiste précisément votre travail ?

Les journées ne se ressemblent pas : chaque jour est différent. Avant d'accepter un contrat, je dois toujours vérifier que la demande est à la fois légale, morale et légitime. Ainsi, je travaille majoritairement pour des particuliers, essentiellement dans le cadre d'affaires civiles familiales (gardes d'enfant, adultères...). On me demande aussi de rechercher des personnes : plus souvent des débiteurs que des personnes disparues d'ailleurs. Les professionnels font régulièrement appel à mes services, notamment dans les cas de vols ou de concurrence déloyale. Je suis amené à rédiger des rapports à la fin de chaque affaire. C'est une activité très chronophage mais elle est indispensable.

Quelles sont donc les qualités nécessaires pour être agent privé de recherches ?

Il faut surtout être très patient et par exemple être capable de rester assis 7 heures dans une voiture, en espérant qu'il va se passer quelque chose, ce qui n'est pas toujours le cas… Il faut aussi avoir envie de chercher, de vérifier puis de recouper les informations. Savoir rester objectif et neutre est primordial: on ne peut pas se permettre la moindre empathie envers le client. Il faut savoir faire la part des choses et ne pas oublier qu'on est avant tout des observateurs. On relève les faits en prêtant attention au moindre détail.

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Il n'y a pas de place pour la routine dans ce métier. Les jours passent mais ne se ressemblent pas. J'ai aussi l'impression d'exercer un métier utile : on s'occupe d'affaires qui ne peuvent pas être prises en charge par la police ou la gendarmerie. Ce qui est difficile à gérer, c'est le manque de visibilité pour le futur. On ne peut jamais quantifier la charge de travail que l'on aura. De la même manière, les horaires sont très variables. Il faut être disponible 7 jours sur 7 et ne pas compter ses heures. Les clients appellent parfois à la dernière minute. En travaillant dans l'urgence, on ne peut pas toujours garantir une totale efficacité. Pour exercer ce métier, il est impératif de savoir dire non. Ce n'est pas toujours évident, surtout quand, comme moi, on vient de lancer son affaire.

Quelques conseils pour quelqu'un qui aimerait se lancer ?

Il faut garder confiance en soi et ne pas perdre de vue son objectif. Beaucoup de personnes ne comprennent pas et risquent de vous décourager. Les clichés sont encore ancrés dans les mentalités et cela nuit gravement à l'image de notre profession. A moyen terme, on espère pouvoir être reconnus comme auxiliaires de justice.
PR30/01/2012

Voir aussi

Offres d'emploi

Offres de formation