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Interview : Etancheur-Bardeur

Etancheur-Bardeur

Société: Bequet

Thierry Bequet est directeur de l'entreprise Bequet, spécialisée dans la charpente, la couverture, l'étanchéité et le bardage, localisée à Courgeon en Basse-Normandie.

Présentez-nous un peu votre entreprise ?

Bequet est une entreprise familiale rachetée par mon grand-père en 1945. Puis elle a été développée par mon père et mon oncle pendant 20 ans. Maintenant nous sommes trois pour gérer la partie commerciale et chantier. Nous sommes présents dans plusieurs domaines : La charpente pour tous types d'ossature en bois, la couverture, l'étanchéité et le bardage.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours, des formations qui vous ont permis d'accéder à cette profession ?

Je ne me suis jamais posé la question de ce que j'allais faire plus tard étant donné que j'avais déjà l'idée de reprendre la société familiale. Quoi qu'il en soit, j'ai quitté le cursus scolaire classique en 3e pour me diriger vers un BEP « Génie Civil ». Après cela, j'ai passé un Bac G2 (gestion-comptabilité) puis j'ai enchaîné les formations techniques. J'en ai fait deux de 6 mois, un Cap couverture à Caen et un de Cap charpente à Mâcon en alternance car entre chaque je revenais travailler à l'entreprise. Ensuite j'ai fait une formation à Bordeaux en techniques de construction du bâtiment qui a duré 1 an et demi puis une formation au CSTB (centre scientifique et technique du bâtiment). C'est elle qui m'a vraiment permis d'évoluer. Enfin pendant 18 semaines exactement, j'ai étudié à L'ESJEB (école supérieur des jeunes dirigeants du bâtiment). Il y avait certainement des cursus plus rapides mais le manque d'information a fait que je me suis un peu égaré dans les formations.

En quoi consiste votre métier ?

Le matin je fais les plannings de mes salariés, avec eux j'ai un contrat : je m'engage à leur trouver du travail et eux à l'exécuter. Je fais des études techniques de chantiers car nous ne pouvons pas donner de prix aux clients directement sans expertise. Sur un chantier, soit on a déjà les plans à réaliser, soit on doit se rendre chez le client ou le prospect pour faire des mesures, analyser les travaux, et pour proposer les plans. Aussi nous avons différents chantiers : construction ou rénovation ; et différents clients.
Pour les clients privés, avant d'entreprendre quoi que ce soit il y a un grand travail d'analyse à fournir : nous devons bien connaître leurs souhaits, en termes de couleur ou de finition, par exemple, et détecter leurs besoins. À ce moment-là, c'est réellement un travail de communication.
Pour un marché public (un hôpital par exemple) comme on en a régulièrement. On se rend à des rendez-vous qui rassemblent toutes les entreprises qui collaboreront sur le chantier. Chacun des intervenants explique le travail qu'il va effectuer, car ensuite quelqu'un devra « digérer » le plan, c'est-à-dire coordonner tous les travaux. Mieux le plan est préparé et mieux le chantier se déroulera.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer dans votre domaine ?

Il faut savoir travailler dehors évidemment car c'est l'environnement principal, on en prend vite l'habitude et finalement il devient difficile de travailler à l'intérieur. On doit aussi avoir une bonne capacité d'analyse et savoir prendre régulièrement du recul sur son travail : si l'on refait un toit par exemple, on a à notre disposition une palette d'ardoises de plusieurs couleurs que l'on mélange pour obtenir un rendu uniforme. Ensuite pour mesurer les attentes des clients, savoir communiquer est indispensable.

Quels sont les difficultés rencontrées en hiver dans votre métier ?

Le gel, l'eau, la neige pour ceux qui travaillent en extérieur. Mais s'adapter c'est toujours possible. Je vous donne l'exemple d'un garage, il y a quatre faces. Pour un jour où il fait froid (comme aujourd'hui), il est plus préférable de travailler sur les faces exposées au soleil. Inversement quand il fait chaud, il faudra se mettre à l'ombre. Les éléments naturels d'un chantier font qu'on peut toujours s'organiser. On donne aussi beaucoup de conseils. L'été il faut s'hydrater régulièrement avec de l'eau (pas de la bière), se mettre plus à l'ombre et porter une casquette. Les horaires de travail peuvent être aussi déplacées, travailler de préférence le matin où il fait moins chaud pendant la période d'été, par exemple. Le chef de chantier peut aussi décider de stopper l'activité pendant quelques temps quand les conditions météorologiques le rendent impraticable, avec une forte pluie notamment. L'activité permet aussi le travail en atelier, pour tout ce qui est découpe.

Quels sont les avantages de la profession ?

Mes employés me disent souvent qu'ils sont fiers de leurs réalisations. Il n'y a pas de routine, on ne fait jamais deux fois la même chose. Chaque chantier est différent et implique une recherche différente. On a souvent des surprises, en arrivant sur un chantier, on ne sait jamais à quoi il ressemblera une fois terminé.

Quels sont les inconvénients de la profession ?

Le climat. L'été, c'est très épuisant on décale souvent les horaires pour que les salariés commencent beaucoup plus tôt lorsqu'il fait plus frais.

Le secteur d'activité dans lequel vous travaillez recrute-t-il beaucoup ?

En ce moment pas énormément, le secteur n'échappe pas à la crise. Les particuliers ont moins d'argent à consacrer à leurs travaux. Les postes vacants sont ceux des hommes qui partent à la retraite. Pour vous situer, en 2012 il y a 35 000 personnes qui ont quitté le secteur du bâtiment car elles ne trouvaient pas d'emploi.

Y a-t-il des femmes qui travaillent dans ce secteur ?

Il n'y a pas beaucoup de femmes car tout simplement elles ne viennent pas à nous. Moi même, j'aimerais bien recruter plus de femmes, cela ne serait que bénéfique sur les chantiers je pense. J'en connais quelques-unes dans le milieu du bâtiment, mais surtout dans les activités plus « nobles » comme l'architecture ou la peinture. Cela évolue cependant et le bâtiment se féminise de plus en plus, surtout dans les postes très qualifiés, on en trouve beaucoup dans les cabinets d'architecte, les bureaux d'études…

Des conseils à donner à des jeunes voulant exercer la profession d'étancheur, de couvreur ou de charpentier ?

Ce sont des métiers longs à apprendre et il faut être motivé. Pour vous situer, avec moins d'une dizaine d'années d'expérience on ne peut pas être autonome. Il faut se former et s'informer régulièrement, car dans ces métiers les techniques évoluent très vite. Beaucoup veulent se mettre à leur compte trop rapidement et échouent bien souvent car ils n'ont pas encore acquis les compétences nécessaires. Au bout de 10 ans, il est tout à fait possible de créer sa société et cela arrive fréquemment d'ailleurs, puisqu'en étant salarié il arrive un moment où le salaire ne peut plus évoluer.
CS21/01/2013

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