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Interview : Richard Roussel, peintre et illustrateur

Richard Roussel, peintre et illustrateur
« La curiosité amène à l'observation qui amène à l'excellence du travail ». Telle est la ligne de conduite adoptée par Richard Roussel, peintre et illustrateur. Après avoir longtemps travaillé pour des commanditaires, il a eu l'envie de transmettre sa passion pour le dessin. Une envie qui s'est concrétisée par la création de sa propre Académie de peinture où il enseigne désormais.

Qu'enseignez-vous dans votre Académie ?

C'est une Académie d'arts graphiques et de peintures, on y enseigne donc la peinture académique, l'illustration traditionnelle, l'illustration publicitaire mais aussi l'illustration avec les logiciels de PAO (Publication assistée par ordinateur). Je dispense également des cours d'infographie et de décoration d'intérieur. C'est vraiment très complet.

Comment êtes vous devenu illustrateur ?

Je fais ça depuis plus de 25 ans. Avant j'étais responsable financier, puis j'ai fais connaissance avec un directeur de création, et je lui ai montré deux trois dessins qui lui ont beaucoup plu. C'est comme cela que j'ai commencé à travailler pour des éditeurs. J'ai fait ma première illustration pour un livre qui s'intitulait La Voile aux éditions Milan puis j'ai commencé à être contacté par divers commanditaires : Casterman, Nathan, Hachette, Galllimard.

Quels sont vos réalisations ?

J'ai été récompensé en 2003 au festival mondial de l'image sous-marine pour l'illustration du livre Pirates en collaboration avec l'éditeur Mango. J'ai réalisé des planches d'illustrations animalières chez Disney Company et j'ai réalisé le poster de « Callipso II » en compagnie du commandant Cousteau. J'ai aussi créé des affiches pour l'aéroport de Paris, pour l'agence maritime CMA-CGM et pour l'agence spatiale européenne.

Quelles qualités faut-il pour être illustrateur ?

La patience, la curiosité et le sens de l'observation, il ne faut pas avoir de barrière entre ce que l'on voit et ce que l'on ressent. On ne peut pas avoir d'état d'âme contrairement à l'artiste car nous avons des commanditaires qui comptent sur notre travail. Pour se faire un nom, il faut repousser ses limites, toujours aller plus loin et accepter les conseils. Il faut des qualités artistiques bien sûr mais aussi beaucoup de culture générale qui vous permettra par la suite de gérer n'importe quel type de dossier et savoir rédiger des textes.

Comment la prise en charge d'un dossier se passe-t-elle ?

Quand on me demande des illustrations je reçois d'abord un texte et ensuite je me documente sur le sujet du texte, l'époque dans laquelle il se situe etc. Et je mets en relation avec les autres illustrateurs pour connaître leurs avis. Le but étant de ne pas faire d'erreur, car vous savez derrière nous, nous avons des lecteurs qu'on appelle « des compteurs de boulons ». Et surtout dans les milieux bien spécifiques comme l'aérien, ils cherchent à déceler la moindre erreur dans l'illustration et les commanditaires aussi vont dans le détail. Pour la petite histoire, il m'est arrivé une fois de me tromper. Je devais représenter un char pour l'arriver d'un pharaon en Egypte. J'ai dessiné ce char tracté par des chevaux or les chevaux n'existaient pas à cette époque. On peut être fier d'une illustration et pourtant tomber à coté de la plaque.

En ce qui concerne les affiches, elles permettent un travail de création beaucoup plus libre mais il faut aussi faire attention aux erreurs. Bien se renseigner pour qui elle est faite, d'où l'important de disposer d'une bonne culture générale

Vous savez, dans ce métier comme dans beaucoup d'autres, la curiosité amène à l'observation qui amène à l'excellence du travail.

Pouvez-vous nous illustrer cette dernière phrase par un exemple ?

Pour l'aéroport de Paris, j'ai réalisé douze affiches, la difficulté étant qu'il fallait introduite l'idée de l'aéroportuaire mais sans avion pour des gens qui n'avaient pas l'habitude de voyager et les affiches devaient être diffusées à l'étranger. J'ai observé les architectures magnifiques près d'Orly et de Roissy et je me suis basée sur elles car ce sont des symboles forts au niveau imaginaire, que j'ai transposés dans différents décors. Un travail de transgression que j'ai pu réaliser grâce à une certaine culture et beaucoup d'observation.

Quels sont les avantages de la profession ?

La liberté, enfin pas tant que ça car comparé aux véritables artistes on doit garder les pieds sur terre car nous prenons des risques avec les commanditaires, nous avons des délais à respecter. Il y a une année où j'ai dû produire 1815 dessins. J'avais beaucoup de projets en même temps et finalement cet égo d'artiste que l'on rassasie en créant peut aller jusqu'à l'écœurement. Quand on produit, ce qui est agréable c'est cet émerveillement quand on voit que notre acharnement au travail est devenu payant.

Les inconvénients ?

C'est une activité chronophage, il faut impérativement garder une distance avec son travail.

Des conseils à ceux qui voudraient devenir illustrateur ?

D'abord réussir ses études et faire une école d'art. Ensuite apprendre une langue étrangère notamment l'espagnol - le Pérou est le pays où on lit le plus - et puis parce qu'il peut nous arriver de travailler avec des commanditaires étrangers. Avoir des connaissances juridiques aussi pour bien gérer ses contrats.
CS18/02/2013

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