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Interview : Antiquaire

Antiquaire

Quelle formation avez-vous suivi ?

J'ai effectué un CAP d'ébéniste en 3 ans puis je me suis installé en tant que restaurateur de meubles et assez rapidement je me suis intéressé au commerce de meubles anciens. L'ébénisterie est un métier assez solitaire où l'on travaille toute la journée dans un atelier. Je voulais être en contact avec des gens c'est pour cela que le métier d'antiquaire me correspond mieux. La vente est devenu mon activité principale tout en gardant une partie restauration de meubles. Je n'ai pas de formation spécifique au métier d'antiquaire, j'ai appris sur el tas en ouvrant ma boutique.

Quelles sont vos expériences professionnelles ?

J'ai travaillé pour un artisan ébéniste et ensuite chez un antiquaire pour qui je restaurais les meubles. Au fur et à mesure, j'ai fait plus de commerce au sein de cette dernière entreprise et j'ai décidé d'ouvrir ma propre affaire.

Pourquoi êtes vous devenu antiquaire ?

Par goût tout simplement. L'ébénisterie et la vente d'antiquité sont des métiers liés donc je me suis intéressé aux meubles à travers le métier d'ébéniste, cela m'a donné envie d'en vendre. Je me suis plus penché sur l'aspect esthétique des meubles plutôt qu'au côté technique. C'est venu progressivement. La partie culturelle est très intéressante, il faut parfois faire des recherches sur les objets que l'on rencontre.

En quoi consiste votre métier ?

Une partie de ma journée est consacrée à la remise en état de meubles anciens que j'achète puis que je revends. La plupart de ma journée est consacrée au commerce, je suis en magasin, j'accueille les clients. Je rencontre des personnes qui veulent me vendre des meubles, je négocie, je les achète ou pas. J'ai deux lieux de vente : ici c'est une boutique atelier et j'ai un second point de vente dans un regroupement d'antiquaires, Nord Antiquités à Bondues. J'ai ouvert ce commerce en 1985 pour être plus libre, pouvoir décider de ce que je fais, de ce que j'achète ou pas. Je vends toute sorte d'objets, je suis assez classique dans mes choix. Ayant une formation d'ébéniste, je suis plus attiré vers les meubles du XXVIIème et XXVIIIéme siècles. Chacun antiquaire a plus ou moins une spécialité selon ses goûts personnels. Je travaille du lundi matin au samedi soir, comme tout indépendant je ne compte pas les heures. Mais si j'ai besoin d'une matinée pour faire quelque chose je la prends et je travaille à un autre moment, c'est l'avantage d'être indépendant je gère mon temps comme je le souhaite.

Quels sont les côtés positifs et négatifs de votre métier ?

Comme je vous le disais c'est très agréable d'être indépendant, libre de faire ce que je veux. C'est aussi le plaisir de chiner, de découvrir des antiquités et des objets anciens. C'est aussi un métier où l'on fait beaucoup de rencontres, on discute avec des personnes très variées, on va chez eux ou ils viennent à la boutique. Le côté négatif actuellement est que c'est une profession en difficulté pour des raisons économiques et culturelles je pense. Les jeunes sont moins intéressés par ce genre de métier, la culture et de l'art séduisent peu les jeunes.

Quelles sont les compétences professionnelles et les qualités personnelles nécessaires pour le métier d'antiquaire ?

Je pense qu'il faut être curieux, c'est un métier où l'on approfondit ses connaissances constamment. On doit faire des recherches sur un objet que l'on doit restaurer ou vendre. Il faut être un peu fouineur, aimer fouiller, chercher et chiner les antiquités. Il faut avoir des qualités relationnelles et réussir à se faire accepter car c'est un métier qui reste mystérieux pour beaucoup de personnes. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le goût artistique n'est pas une condition sine qua non. On peut vendre des antiquités sans pour autant aimer l'art, l'histoire et les objets anciens. Certains sont plus marchands d'antiquités que réellement antiquaires. Etant donné que le métier est de plus en plus difficile au niveau financier, je pense tout de même qu'il faut vraiment aimer l'art et les objets anciens pour rester dans ce secteur. Il faut avoir une vraie passion, un intérêt réel pour la culture et le patrimoine.

Un dernier mot pour les personnes intéressées par la profession d'antiquaire.

De plus en plus, ceux qui réussissent à bien s'en sortir dans le secteur de l'antiquité sont ceux qui ont de grosses structures et qui font de l'exportation c'est-à-dire qui reçoivent des clients étrangers, qui parlent anglais couramment et qui ont des sites internet. C'est un métier qui est entrain de changer complètement avec l'arrivée des nouvelles technologies qui permettent de développer des contacts internationaux. Je pense que l'avenir de la profession se tourne vers cette mondialisation, cette ouverture vers l'étranger. Si l'on veut ouvrir une petite boutique, il vaut mieux être très spécialisé dans un objet précis et une époque précise. Il faut être très pointu dans un domaine pour sortir son épingle du jeu.
CD04/08/05

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