Vous recherchez...

Interview : Ancien footballeur professionnel

Ancien footballeur professionnel

Feukon Daniel Grand frére de Jean II Makoun (26 ans)

Société: LOSC

Pourrais-tu nous expliquer ton parcours jusqu'ici ?

J'ai commencé le foot à l'âge de 11/12 ans au Cameroun. Là-bas, les centres de formation organisent des tournois pour repérer les meilleurs joueurs et les engager. J'ai été repéré comme ça. J'ai donc été intégré au programme et suivi la formation de 2 ans. A la fin, j'ai joué en international au Cameroun.Ensuite, j'ai participé à un tournoi en France où j'ai été repéré, j'ai fait des essais à Auxerre et Lille où j'ai joué pendant 2 ans jusqu'à ma blessure aux adducteurs. Depuis j'ai dû arrêter le football mais je reprends tout doucement. Maintenant j'ai réintégré les études avec un DNTS et je suis au niveau Bac +3. Cependant, à l'heure actuelle, j'hésite encore entre le football et la vie professionnelle.

Qu'est-ce qui t'a poussé à faire du foot ?

Déjà, je viens d'une famille très sportive, ça montre le chemin à suivre. Ensuite, parce que devenir footballeur est un métier de passionnés et quand on veut le faire, qu'on peut le faire, on n'hésite pas une seconde. Maintenant, ça n'est pas pareil, j'ai été blessé et il y a des chances pour que je ne retrouve pas mon niveau.

Quelle était ta place sur le terrain ?

Cela dépendait, j'ai joué milieu de terrain et arrière droit.

Quelles qualités faut-il avoir pour devenir un bon joueur ? Aurais-tu des conseils à prodiguer à celui qui voudrait suivre cette voie peu banale ?

Se lancer à fond. En sachant bien sur que ce n'est pas facile, il n'y a pas que des stars et des gens bien attentionnés dans ce métier. Il faut se méfier de certains agents, qui veulent faire de l'argent sur le dos des jeunes joueurs. Ou encore, j'ai vu des joueurs prendre des produits stupéfiants pour être toujours au meilleur niveau. Etre footballeur demande des capacités physiques d'endurance et certaines aptitudes, il faut être en bonnes conditions et la maintenir.Le métier est dur physiquement, mais aussi psychologiquement. La victoire est collective mais l'échec est individuel, et c'est très dur parfois. Je me souviens quand mon frère, Macoun, est arrivé en France pour jouer, il a eu « le mal du pays » comme on dit. Ces genres de choses sont difficiles à gérer quand on est seul. Mais a force de soutiens, de force morale et de volonté, on y arrive.

Alors, quels sont selon toi les avantages et les inconvénients de ce métier ?

L'inconvénient majeur est le risque du laisser aller vers les produits stupéfiants, soit pour la facilité soit pour durer. Néanmoins, cela limite le corps à long terme et le détruit. On nous impose des rythmes de travail durs, il faut pouvoir suivre.Le gros avantage est de faire un métier qui nous passionne et pour lequel on vit complètement. D'autre part, s'il y a carrière professionnelle importante, cela sert d'exemple aux jeunes, et c'est une grande fierté pour nous joueurs.

Selon toi, quelles sont les possibilités de reconversion ? Est-ce facile ou pas ?

La reconversion n'est pas facile car nous évoluons dans un monde où l'on prend sans arrêt soin de nous et de notre santé. C'est dur de se retrouver quasiment du jour au lendemain sans personne pour nous soutenir mais la reconversion est possible soit dans le milieu du sport soit dans une autre activité, cela dépend de l'âge auquel on arrête. Tous les centres de formation imposent de continuer à étudier jusqu'au BAC, ce qui m'a permis de reprendre mes études après mon accident.
JxS25 juin 2006

Voir aussi

Offres d'emploi

Offres de formation