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Interview : Infirmière au centre de réadaptation fonctionnelle

Pourriez-vous me rappeler votre parcours depuis l'obtention de votre bac ?

Après un bac littéraire, j'ai intégré l'école d'infirmière de l'école Catholique de Lille. L'entrée fait suite à un concours, basé sur deux épreuves. L'écrit se constitue de tests psychotechniques et d'épreuves basées sur la culture générale. Si on obtient la moyenne à ces épreuves, on passe un oral classique où l'on nous interroge sur notre motivation. La formation dure exactement 3 ans et ? : la première rentrée s'effectue en octobre tandis que l'on finit la troisième et dernière année au mois de décembre.

Avez-vous effectué des stages durant votre formation, et quel ont été leurs apports?

Les stages sont prépondérants pour ma formation, si bien que j'en ai effectué 14 au cours de mes études : 4 en première année, 5 en deuxième et 6 en troisième. La plupart dure 1 mois sauf le stage pré-professionnel (qui aboutit souvent sur une embauche) et qui s'étale sur 9 semaines. Le métier d'infirmière étant très diversifié, les stages s'avèrent indispensables pour posséder un panel complet des tâches que l'on peut prendre en charge. Il est indispensable de savoir dans quel environnement et pour quel travail nous sommes le mieux adaptées. De plus, les stages permettent d'acquérir des compétences techniques que l'on peut difficilement (ou faussement) mettre en pratique durant les cours. Enfin, on peut y apprendre à gérer le relationnel, extrêmement important, ainsi que les responsabilités, puisqu'il faut parfois savoir déléguer.

Comment jugez-vous l'utilité de la formation par rapport à la réalité du terrain ?

J'ai envie de souligner une chose : heureusement que nous effectuons des stages ! La théorie nous apportent seulement les bases, tout le reste, notamment le savoir-faire et la relation avec le patient, s'apprend sur le terrain. Le métier d'infirmière suppose une adaptation constante : aux patients, à la situation, à l'urgence, aux nouvelles techniques médicales, aux nouveaux traitements… On en apprend toujours plus, même après le diplôme. A ce titre, j'ai fait le choix de recevoir tous les ans une formation (payante) dont le but est de me remettre à niveau avec les avancées du milieu médical.

Comment avez-vous décroché votre poste ?

Je n'ai envoyé aucune lettre de motivation. J'ai plutôt harcelé ma surveillante pour obtenir un CDD, et, quand un CDI s'est libéré, je l'ai eu par « ancienneté ».

En quoi consiste votre travail quotidien ?

Les infirmières sont en charge de tout ce qui se situe autour de la rééducation. Je fais des prises de sang (afin de connaître, entre beaucoup d'autres paramètres, sa teneur en plaquettes) ainsi que la surveillance des constantes pour vérifier l'état général des patients. De plus, on garde un œil attentif sur les diabétiques qui constituent la plupart des amputés mais qui, en règle général, gèrent mal leur maladie. Je passe également beaucoup de temps à faire des pansements et à soigner des plaies infectieuses. Une autre partie importante de mon travail consiste à renseigner et à rassurer les patients : le relationnel et le sens du contact sont des qualités indispensables pour être une bonne infirmière. Enfin, j'applique les changements de médication ou de posologie ordonnés par les médecins. J'assiste aux synthèses avec les médecins, les kinés et les ergothérapeutes afin d'évaluer l'évolution de la rééducation.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Je crois qu'il s'agit d'une vocation. Depuis toute petite, j'ai toujours voulu faire ce métier, sans doute parce que je connais beaucoup de personnes dans mon entourage qui sont infirmières, peut-être que cela m'a influencé. De plus, c'est une profession qui m'attirait particulièrement puisqu'elle mêle simultanément technique et relationnel.

Quelles sont les qualités indispensables à l'exercice de la profession ?

Je dirais le sens des responsabilités, le travail en équipe, le sens du contact, de l'initiative, la patience et la polyvalence.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la profession ?

La paie et les horaires constituent deux avantages certains. Avoir des demies journées de libre est plutôt agréable, même si cela signifie travailler la nuit. De plus, je ne passe pas mon temps assise derrière un bureau et j'effectue des tâches concrètes et pragmatiques. Par ailleurs, je m'entends particulièrement bien avec mon équipe de travail, si bien que le matin, lorsque je me rends au boulot, j'ai le pied léger ! En ce qui concerne les inconvénients, malgré ce que je viens de dire, les horaires peuvent s'avérer contraignants, en particulier lorsque je souhaiterais mener une vie de famille.

Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

Même dans plusieurs années, je me vois toujours infirmière. Gérer une équipe signifie plus de responsabilités et engendre beaucoup trop de contraintes. A l'heure actuelle, je ne suis pas prête à assumer de telles obligations.

Est-ce que le travail en hôpital vous tenterait ?

Pas du tout ! La relation avec le patient, en milieu hospitalier, n'a rien à voir avec ce que je peux connaître dans le centre de rééducation où je travaille. Le milieu hospitalier est souvent synonyme de travail à la chaîne ce qui irait contre mes convictions personnelles concernant le métier d'infirmière. De plus, les patients restent beaucoup plus longtemps dans un centre de rééducation, ce qui permet de mieux les connaître, et de suivre à long terme leur évolution.

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