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Interview : Graphologue

Graphologue

Régis Degraeve (57 ans)

Graphologue (depuis 1986)

Quel a été votre parcours scolaire et professionnel ?

Après avoir passé un bac littéraire, j'ai entamé une formation de graphiste-typographe et j'ai ensuite été embauché dans le secteur de l'édition et de l'imprimerie. A l'époque, on se servait encore de caractères de plomb. Mais avec l'arrivée de la photocomposition, et plus tard de l'informatique, le plomb a quasiment disparu de la grande imprimerie. Alors j'ai décidé de reprendre mais études. J'ai donc suivi une formation en psychologie et graphologie, parallèlement à mon travail. Pendant 3 ans, j'ai ainsi pu suivre les enseignements à l'université catholique de Lille et au Centre National de psycho-graphologie à Paris. J'ai également été diplômé de graphothérapie par une école belge qui enseignait les techniques de rééducation de l'écriture.

Qu'ont ensuite été vos expériences en tant que graphologue ?

A la fin de ma formation, j'ai commencé par pratiquer la graphologie dans des cabinets de recrutement comme P.A. Consulting ou le Centre de perfectionnement des cadres. J'ai travaillé ainsi pendant 10 ans et, parallèlement, j'ai démarché les entreprises afin de me créer une clientèle. J'ai eu la chance de pouvoir proposer mes services à de grandes enseignes telles que Swisslife, Norauto ou encore la grande distribution. J'ai également pu apporter mon aide à la fondation Face Lille Métropole, qui lutte contre l'exclusion, et la fondation Nord entreprendre, qui aide les futurs créateurs d'entreprise.

Comment se passe votre activité à l'heure actuelle ?

Certains de mes clients me suivent depuis 20 ans. Je reçois donc des demandes d'analyse tous les jours. J'ai mon bureau à mon domicile mais je me rends également dans les entreprises qui m'emploient. Certaines me demandent même parfois de rencontrer les personnes que j'ai analysées. Sinon je participe à beaucoup de forums étudiants et de salons de l'emploi.

Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients du métier ?

Je trouve mon métier passionnant car on est en découverte permanente. Il y a une telle variété de gens avec leurs propres talents et difficultés que c'est une expérience humaine très forte et enrichissante. En revanche, le statut indépendant nous met à la merci des aléas de la vie. On ne sait jamais de quoi demain sera fait et on ne peut donc pas programmer quelque chose trop longtemps à l'avance.

Quelles sont les qualités pour exercer ?

Il faut avoir le sens et le goût de l'écriture, une sensibilité au graphisme. C'est un peu comme en musique où l'on parle d'oreille musicale. Je pense que pour être un bon graphologue il faut avoir un « œil musical ». L'aspect artistique est donc très important mais cela reste néanmoins une activité technique et il est également impératif d'être observateur, intuitif et d'avoir un esprit analytique poussé.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaiteraient suivre vos traces ?

S'ils en ont l'occasion, je leur conseille vivement de se former avec un graphologue qui a de l'expérience. Il est important de pouvoir échanger avec une autre personne, surtout si cette dernière connaît les bons réflexes à avoir. C'est un travail qui demande une longue mise à l'épreuve pour acquérir la rapidité et la sûreté de l'analyse. Il faut beaucoup de pratique, et pouvoir confronter son travail avec celui d'un autre permet de prendre du recul.
R. J.

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