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Interview : Esthéticienne

Esthéticienne

Quel a été votre parcours scolaire ?

Après un Bac F8, équivalent de paramédical, j'ai suivi un doctorat en pharmacie, soit six ans d'études pharmaceutiques. J'ai ensuite travaillé 10 ans en tant qu'assistante pharmacienne à Lille. C'est ma patronne qui m'a alors proposé de suivre une formation pour adulte de six mois à raison de deux jours par semaine, afin que je puisse tenir l'un de ses salons.

Qu'est ce qui vous a plu dans cette profession ?

En pharmacie les clients arrivent malades, ils se plaignent beaucoup plus, c'est un cadre professionnel plus contraignant. Ici les clients arrivent souriants, nous travaillons dans une atmosphère de bien-être et c'est vraiment agréable.

Quelle voie conseilleriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer ?

Personnellement, je ne conseillerais pas la voie par alternance. Il faut se mettre à notre place, nous ne pouvons pas laisser travailler un apprenti seul, sans qu'il ait quelques connaissances de base. Il est également difficile qu'il nous accompagne dans notre activité, car nous rentrons dans l'intimité des clients. Ainsi, les apprentis se retrouvent souvent à ne faire que du nettoyage et de l'entretien.
Ce que je conseillerais, c'est tout d'abord de suivre une formation d'esthéticienne en continu pendant deux ans, et de profiter des vacances pour faire des stages dans tous les domaines d'activités que compte l'esthétique. Une fois cette formation achevée, l'étudiant peut se spécialiser grâce à une seconde formation, en alternance cette fois-ci.
J'aimerais ajouter que je trouve les écoles parfois un peu dépassées. L'esthétisme évolue certes rapidement et il est difficile de se mettre à jour, mais elles ont des années de retard, tant sur le plan des techniques que sur celui du matériel.

Y a-t-il un diplôme minimum obligatoire pour pouvoir s'installer ?

Non, pour l'instant aucune réglementation ne l'oblige. Cependant, on en parle depuis plusieurs années, je pense que d'ici à quatre ou cinq ans, les jeunes qui voudront s'installer devront avoir au minimum le CAP esthéticienne. Le niveau des étudiants à d'ailleurs tendance à s'élever. De plus en plus de candidat se présentent avec un Bac +4, Bac +5, et sont tentés par le milieu de l'esthétisme. D'ailleurs le secteur commence à saturer, il y a trop d'étudiants par rapport au nombre de places disponibles.

Comment voyez-vous l'avenir de la profession ?

Je pense que l'esthétisme est un secteur d'avenir car les femmes sont de plus en plus indépendantes financièrement. Elles ont également plus de temps. Si les hommes préfèrent faire du sport, les femmes préfèrent prendre soin d'elles. De plus l'esthétisme ne se réserve plus à une certaine classe sociale, on voit de plus en plus de personnes moins aisées, notamment des étudiantes qui viennent faire des soins, c'est pourquoi nous proposons d'ailleurs des tarifs spéciaux pour elles.
L'esthétisme est, quelque part, lié aux rêves, aux vacances, c'est pour cela que nous sommes de plus en plus sollicitées. Je pense d'ailleurs qu'à l'avenir, les salons seront de plus en plus spécialisés. Il y aura des salons pour le corps, d'autres pour le soin des mains… Dans ce sens les jeunes doivent certainement se spécialiser.
C.S.

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