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Interview : Prothésiste Ongulaire

Prothésiste Ongulaire

Cécile Ranson est prothésiste ongulaire depuis maintenant 5 ans. En 2003, elle quitte son poste de salariée dans la communication pour suivre un BTS esthétique-cosmétique, sa passion première. Elle travaille ensuite en tant que conseillère en formation-alternance chez Maestris Beauté puis suit une formation en prothésie ongulaire. C'est en 2010 que naît Cé Nails, son auto-entreprise.

Comment se porte votre auto-entreprise ?

Bien, je travaille à temps plein. L'avantage de l'auto-entreprise, ce sont les horaires. Après avoir été sous traitante pour des instituts, je me rends compte que les horaires où je travaille le plus sont les horaires où les instituts sont fermés. Notamment le midi, le soir, et le samedi. J'ai mon noyau de clientes régulières (rendez-vous toutes les 3 semaines). En général, une fois qu'on a commencé on ne peut plus s'arrêter, c'est une véritable addiction !

Que préférez-vous dans votre métier ?

Le côté artistique. Je sais que le métier a la réputation d'être superficiel. Mais il y a un véritable travail de façonnage, de personnalisation, de conseil sur les formes et les couleurs. Il faut s'adapter à la morphologie de la main de la cliente. On ne fera pas du rond ou du carré sur tout le monde. Mon objectif est toujours d'offrir une prestation raffinée : pas de choses vulgaires ou mal faites. On peut vite tout dire avec ses ongles !

D'ailleurs, le printemps arrive, quelles sont les tendances du moment ?

Sans hésiter : la couleur. Simple, et laquée. La French est en péril ces derniers temps ! Pour le printemps, voilà quelques années que l'on voit les mêmes choses. Les corails orangés, les pastels, un peu de rose. Mais c'est une bonne chose d'oser la couleur. C'est une nouvelle tendance, quelque chose qui ne se faisait pas avant.

Pensez-vous que prothésiste ongulaire est un métier d'avenir ?

Plusieurs éléments peuvent répondre à cette question. Tout d'abord, la réglementation de la profession qui a eu lieu cette année. C'est une très bonne chose. Une reconnaissance, tout d'abord, et aussi un encadrement de la pratique. La concurrence à moindre prix qui fait souvent suite à des formations de deux à trois jours donne lieu à de véritables catastrophes. J'en ai rattrapé beaucoup, mais pour certaines clientes, je n'ai pu que les orienter vers un dermatologue...
D'autre part, il ne faut pas oublier que c'est toujours la crise. Et l'entretien des ongles, c'est un budget ! Comptez entre 40 et 50 euros pour un remplissage, toutes les trois semaines. J'ai la chance d'avoir ma clientèle déjà fidélisée. Si j'avais dû la constituer à un moment comme celui-ci, je ne sais pas si j'aurais réussi.

Quels conseils donneriez-vous à un futur prothésiste ongulaire ?

D'être patient, minutieux, et de faire ça par passion car c'est un travail répétitif. Personnellement, jour après jour, je continue d'être épatée à chaque pose. Je sais que le jour où je ne le serai plus, j'arrêterai. Il faut également avoir le sens du contact et de l'écoute. On développe des relations de proximité avec la clientèle, on a un petit côté psy. Et enfin, il faut savoir faire plusieurs choses en même temps : écouter, répondre, travailler les ongles...