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Interview : Médiateur culturel

Médiateur culturel

Georges Vandalle (58 ans)

Quelle formation avez-vous suivie ?

Je suis tout d'abord titulaire d'une maîtrise d'histoire, puis d'un master tourisme et environnement que j'ai obtenu après avoir été médiateur culturel. J'ai également travaillé en tant que bénévole dans la culture, j'ai cette volonté de vouloir faire passer un message. Je suis devenu professeur initialement, par la suite je suis devenu médiateur culturel pendant un temps et je suis revenu au métier d'enseignant.

Dans quel contexte avez-vous été embauché en tant que médiateur culturel ?

J'ai postulé de manière tout à fait classique au centre des archives de Douai. J'ai été médiateur culturel entre 1981 et 1987.

En quoi consistait votre travail ?

Nous étions deux au centre des archives et nous avions deux missions.La première était une mission d'initiation aux archives pour les enfants et les étudiants type IUFM, par exemple il s'agissait d'apprendre à des enfants à toucher des parchemins, à les regarder, à les lire, et cela sur plusieurs supports : papiers, parchemins, séries des documents par thèmes…La deuxième mission consistait à organiser une exposition tous les deux ans sur l'histoire de la ville de Douai. Au total, sur mes années en médiation culturelle nous avons accueilli 10 000 personnes, ce qui fut un succès.Une autre opération de médiation a été la création de la première classe patrimoniale pluridisciplinaire. On prenait en charge des enfants d'environ 12 ans pendant une semaine et on les sensibilisait au patrimoine. On a organisé des fouilles archéologiques sur un faux site mais avec de vrais objets, on associait le travail scientifique et la fouille aux archives, on montrait des bâtiments sur une carte, on leur faisait dessiner des façades…C'était une opération exceptionnelle en 1987 car ce fut la première en France.

Pourquoi avoir choisi de devenir médiateur à ce moment de votre carrière ?

Je ressentais une certaine lassitude par rapport au métier de professeur, j'avais besoin de m'aérer, de changer de missions qui sont souvent les mêmes en tant qu'enseignant. Le statut est différent et lorsqu'on a affaire à des enfants c'est un plaisir tout autre, on est dans le cadre d'une sortie donc les enfants n'ont pas le temps de vous tester. Puis c'est le côté recherche qui m'a plu. On étudie les archives et on fait aimer aux gens le territoire sur lequel on vit. La notion de partage est mise en avant, et on doit adapter son discours en fonction des gens à qui on s'adresse. Il s'agit de penser la science en fonction de l'interlocuteur. Sur les trois expositions qu'on a montées, c'est-à-dire une sur le Moyen-âge, une sur le XVIIIe siècle et une autre sur la première partie du XIXe siècle à Douai, on a reçu principalement des seniors. Le type de public à qui on a affaire est donc très différent.

Quelles sont les qualités nécessaires à l'exercice de la profession ?

Les qualités dont on a besoin sont de grandes capacités d'adaptation, comme je disais précédemment, on a affaire à des publics parfois très différents. Mais aussi il faut avoir des capacités d'adaptabilité avec nos partenaires, car on peut travailler avec des gens très différents pour rendre un concept plus simple aux yeux du public. Il faut posséder la modestie d'aller chercher quelqu'un pour d'autres compétences sans fausse honte. Les connaissances doivent sans cesse être mises à jour, il faut aussi très bien maîtriser le sujet dont on parle sinon le message risque de ne pas bien passer. Il faudrait aussi savoir gérer des groupes, ce n'est pas vraiment un inconvénient mais ça peut l'être dans certains cas.

Quels sont les inconvénients de la profession ?

Les métiers de la culture sont des métiers peu reconnus mais dont on a besoin. Les compétences et les statuts sont mal définis. Les salaires sont très variables et les horaires aussi. Il ne faut pas redouter de travailler le dimanche.

Avez-vous des conseils particuliers à donner aux étudiants qui voudraient faire ce métier ?

L'avantage que j'ai eu, c'est d'avoir été professeur avant de devenir médiateur car j'avais la capacité de m'exprimer en public, de parler librement sans aucune forme de stress. Il faut posséder un sens de la mise en scène si l'on veut être un bon médiateur culturel. C'est un métier passionnant qui s'apprend sur le terrain, et si on aime ça, il ne faut pas hésiter.

Que faites-vous à présent ?

Je suis revenu dans l'éducation nationale et je suis devenu enseignant à l'université en 1994. Je suis actuellement directeur des études pour le Master Métiers de la Culture à Lille 3. Je m'occupe des stages et des accompagnements de projets de mes étudiants. Je donne des cours qui s'intitulent par exemple : « Organisation du territoire », « Gestion de projet », « Politiques culturelles », « Environnement administratif de la culture »…J'ai également appris à réaliser des maquettes pour le cursus.

Que pensez-vous des débouchés qu'offrent les métiers de la culture ?

Je pense qu'il faut chercher dans les intercommunalités : la commune, la région…Il y a des métiers en émergence qui sont accessibles par concours. On y fait de la communication, des relations publiques, de l'administratif, de la gestion et aussi un peu de droit. Il faut peut-être penser à ce qui se fait de plus en plus en ce moment, c'est-à-dire les poly-employeurs, le temps partiel est très fréquent dans la culture.Mais des postes vont bientôt se libérer dans la culture et l'éducation nationale, la pyramide des âges indique le départ en retraite de beaucoup de personnes d'içi à quelques années.
A.C

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