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Interview : Galeriste

Galeriste

En sortant par la porte de la salamandre du centre commercial V2 à Villeneuve d'Ascq, on n'imagine pas tomber sur cet endroit. Au milieu des HLM, se trouve une petite galerie d'art de 80 m². Un nom : La Belle Époque. Cette association évolue dans le milieu de l'art, et ce, à bien des niveaux. Rencontre avec David Ritzinger, son représentant. 

Quelles sont vos différentes activités ?

Il y a bien sûr la galerie, les expositions, mais ça serait réducteur de se définir uniquement par cette activité. Nous animons des ateliers dans des centres sociaux, auprès de jeunes adolescents. Nous faisons aussi de la scénographie. Cela consiste, à partir d'un corpus de différentes œuvres, à créer l'exposition en elle-même. C'est-à-dire le parcours, les murs, les couleurs, l'éclairage, le mobilier, agencer les œuvres et savoir les mettre en valeur. Nous répondons à des appels d'offre, au même titre que des grandes entreprises. La Belle Époque, c'est aussi des éditions. Nous transformons la galerie en atelier au besoin et nous imprimons livres, sérigraphies et estampes. Ces dernières sont tirées en nombre limité, numérotées et signées par les artistes.

Comment choisissez-vous vos artistes ?

On donne leur place à des artistes qui n'exposent pas dans des lieux publics, institutionnels. Créer une communauté dans la radicalité. Ce n'est pas juste de la provocation. Les peintres, photographes, sculpteurs et autres artistes que nous exposons proposent un regard nouveau, ils revisitent quelque chose que l'on pensait avoir déjà vu. Ils ont une façon d'appréhender le monde, et c'est cette intention artistique qui retient notre attention.

À quel niveau vous différenciez-vous des autres galeries ?

Déjà par le lieu. Ce « non-lieu » justement. C'est un local atypique. Au moins, nous attirons un public qui montre un réel intérêt pour l'art. La galerie est petite, mais on a parfois des personnes qui peuvent rester 2 heures à regarder, discuter, échanger, alors que certains grands espaces sont visités en 15 minutes... Ensuite, parce que nous mettons l'œuvre d'art au premier plan. Certains artistes peuvent avoir des relations très ambiguës avec leur galeriste. Ce dernier doit vendre les œuvres, et parfois le côté commercial passe avant tout. Ici, nous n'avons pas le problème. Nous avons la chance de bénéficier de la reconnaissance des artistes pour notre travail. Bien sûr, quand nous vendons, c'est bien. Mais ce n'est pas le but premier. Nous ne voulons pas être élitistes : le lieu est ouvert à tout public majeur (les mineurs doivent être accompagnés de leurs parents). Tout le monde est le bienvenu et il y a des objets à tous les prix. Même un étudiant modeste peut trouver une pièce originale et l'acheter. 

Quelle sera votre prochaine exposition ?

Son nom est intimenta. Le concept part d'une volonté de rapprocher deux événements : la documenta qui se tient à Kassel en Allemagne et la monumenta qui a lieu à Paris. On va exposer des œuvres de petit format, qui parlent de la place de l'intimité dans la création artistique. Au total, 37 artistes y participent. Leur point commun, c'est le premier artiste avec qui nous voulions travailler sur ce projet Paul Armand Gette. Il a mobilisé son réseau et nous voilà finalement avec de nombreuses contributions ! Beaucoup sont d'ailleurs influencés par les œuvres de Paul. Le concept lui ressemble tellement, qu'au final, ça sera comme un hommage.


L'exposition intimenta sera visible jusqu'au 4 juillet 2015.
Toute l'actu de l'association : http://www.galerie-labelleepoque.fr/