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Interview : Commissaire-priseur

Commissaire-priseur

Xavier Wattebled (39 ans)

Quelle formation avez-vous suivie ?

J'ai effectué une maîtrise de droit et une maîtrise en histoire de l'art. Puis j'ai obtenu l'examen national d'entrée en stage. Par la suite j'ai donc effectué deux ans de stage chez un commissaire-priseur. Ensuite j'ai passé avec succès l'examen d'aptitude à la profession. Enfin, je me suis installé à mon compte en achetant une étude pré-existente, c'est-à-dire un hôtel des ventes.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

J'ai toujours été attiré par ce métier. J'ai su que je voulais faire ce métier à l'âge de 11 ans. Je suis réellement passionné, j'aime énormément ce que je fais. Il s'agit d'un mode ludique et théâtral d'achats. On a une affinité avec les objets, on en découvre constamment de nouveaux et il faut les étudier avec précision, c'est très intéressant

En quoi consiste votre travail ?

Tout d'abord, je dresse un inventaire des biens mobiliers, puis je les estime. Ensuite j'organise la vente aux enchères, exclusivement publique et ouvertes à tous pour vendre les objets. Nous organisons environ huit à dix ventes aux enchères par mois.

Combien y a-t-il de commissaires-priseurs en France ?

Nous sommes 430 en France

Votre profession a-t-elle évolué récemment ?

Oui, auparavant nous étions des commissaires-priseurs uniquement et depuis peu la loi (10/07/2000) a réglementé à nouveau notre fonction. C'est-à-dire qu'aujourd'hui nous sommes des commissaires-priseurs judiciaires. Dans les faits, cela se traduit par le fait que nous effectuons l'inventaire et la vente des objets, et ce dans le cadre de la loi.

N'avez-vous jamais de doutes pour estimer les objets ?

Si mais cela est rare. Dans ce cas, on peut faire appel à un expert afin qu'il fasse sa propre estimation.

Pouvez-vous vendre des objets de très grands gabarits et si oui, comment ?

Pour le matériel trop encombrant, la vente s'effectue sur place, c'est-à-dire là où l'objet est entreposé à l'origine (lors de l'estimation).

D'où proviennent les éléments mis aux enchères ?

Ils proviennent de successions, séparations, départ en maison de retraite, faillite ou encore de dépôts particuliers.

Y a-t-il beaucoup d'objets provenant de saisies ?

Non, ce sont des cas rares, il s'agit seulement parfois de quelques saisies du Trésor Public.

Parvenez-vous toujours à vendre la totalité des objets mis aux enchères ?

Oui, pas toujours dans l'immédiat mais en général on vend tout.

Que préférez-vous dans votre activité ?

Le « plus » du métier résulte de la diversité des tâches accomplies. En effet, dans une même journée je peux vendre une boulangerie et des meubles! Je ne fais pas toujours la même chose.

Quelles sont les qualités nécessaires à l'exercice de cette profession ?

Je dirais qu'il faut être impérativement curieux. Il faut également une bonne mémoire visuelle et de la rigueur puisque je dois aussi effectuer une mise à jour régulière de mes connaissances.

Quels sont les inconvénients de la profession ?

Je trouve que les contraintes sont essentiellement administratives. Il faut bien faire attention, surveiller tous les objets puisque nous sommes dépositaires d'objets qui ne nous appartiennent pas.

Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

Je sais qu'à l'avenir, il va falloir que je pense à trouver une personne jeune pour reprendre l'Etude, et il pourra également apporter du renouvellement à l'hôtel des ventes.

Avez-vous des conseils particuliers à donner aux étudiants qui voudraient faire ce métier ?

Il faut être patient car les études pour y accéder sont longues, mais aussi très curieux, avoir un intérêt pour toutes sortes d'objets : sculpture, toiles, meubles…Mais surtout il faut posséder un grand amour de l'art.
A.C et J.P

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