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Interview : Auxiliaire de vie en maison de retraite

Auxiliaire de vie en maison de retraite

Jean Lefebvre est auxiliaire de vie en maison de retraite depuis 2009 et en CDI au sein de Temps de vie depuis un an et demi.

Comment en es-tu arrivé là ?

Ce n’est pas mon premier métier. À l’origine, j’étais comptable et secouriste bénévole à la Croix-Rouge Française. C’est là que je me suis rendu compte à quel point j’aimais apporter mon aide à d’autres personnes. Après réflexion, j’ai décidé à la fin de mon contrat de suivre cette voie.
Avec l’aide de Pôle Emploi et de la mission locale, j’ai entamé une formation d’étudiant infirmier après une remise à niveau qui m’a également permis de reprendre le rythme des études que l’on perd assez vite une fois que l'on a commencé à travailler. J’ai obtenu le concours, mais je n’ai pas pu aller jusqu’à l'obtention du diplôme d’infirmier.
J’ai effectué diverses missions d’intérim durant cinq ans avant d’être recruté en CDI au sein de l'association Temps de vie.

Grâce à mes nombreuses expériences en intérim, j’ai eu l’occasion de forger mes compétences et cibler mes envies concernant le domaine dans lequel je voulais travailler.

Pourquoi les personnes âgées ?

J’ai préféré la gériatrie plutôt que d’autres domaines parce que j’estime qu’il est important de prendre soin de nos aînés. Il est possible d’apprendre énormément à leur contact et cette dimension humaine est ce qui me manquait le plus dans ma précédente profession. Nous sommes là pour les accompagner et tout faire pour qu’ils puissent passer leurs dernières années de la meilleure manière possible étant donné leur état de santé.
Pour une personne âgée, la transition entre son environnement quotidien et un milieu collectif et inconnu peut être très difficile à vivre. Cette mission de leur venir en aide est vraiment importante pour moi. Mes collègues et moi-même essayons de leur apporter un soutien psychologique ainsi qu’une oreille attentive, car certaines n’ont plus de famille présente et sont très seules. Nous essayons de pallier ce genre de manques.

Depuis un an et demi, je travaille de nuit. C’est un tout autre rythme, car je peux consacrer beaucoup plus de temps aux personnes âgées. Je leur tiens compagnie, je discute avec eux et j’essaie de les rassurer lorsqu’ils se sentent inquiets ou perdus. Ce travail de nuit est réellement un autre univers où je peux prendre plus de temps pour les résidents.

Y a-t-il une journée-type ?

Je dirais plutôt qu’il existe des routines. Je commence ma nuit par une sécurisation de la maison en faisant attention à ce que toutes les portes et les fenêtres soient bien fermées. Puis j’effectue ce que j’appelle un « tour logistique » durant lequel je m’assure que tout soit bien en place et que les poubelles aient bien été vidées par exemple.
Puis je pars saluer les résidents qui ne dorment pas encore et passe plus ou moins de temps avec eux en fonction de leurs envies et de leurs besoins.
Ensuite, j’entame ma première ronde de vérification et je réponds aux appels des pensionnaires. Le reste du temps dépend bien entendu de nos pensionnaires. Je m’adapte entièrement à eux.
Enfin, l’équipe se réunit régulièrement pour échanger autour du quotidien de la maison de retraite. Ces rencontres sont sources d’enrichissement mutuel et indispensables pour être toujours au courant de ce qu’il se passe lorsque nous ne sommes pas au travail.

Quelles sont tes missions ?

J’assure l’entretien des locaux, notamment celui des lieux communs qui s’effectue la nuit. Les chambres des résidents sont quant à elles nettoyées la journée. Lorsque mes collègues n’ont pas eu l’occasion de réaliser l’ensemble de leurs missions administratives, je peux être amené à prendre leur suite.
Bien entendu, je suis en charge des soins apportés aux résidents. Cela peut concerner les soins psychologiques, leur écoute. Mais je suis aussi amené à effectuer des actes plus techniques, qu’il s’agisse du lever, de la toilette ou d'une prise en charge complète d’une personne entièrement dépendante.
Quotidiennement, je rédige un fichier de transmissions à l'aide d'un logiciel spécifique. Il s’agit d’un journal de bord dans lequel je consigne mes remarques et mes observations à propos de tout ce qui peut se passer durant la nuit concernant les résidents.
Enfin, nous suivons ponctuellement des formations afin de nous tenir sans cesse au courant des nouvelles techniques de soin, des avancées médicales et d’autres informations qui nous sont utiles dans notre vie professionnelle quotidienne.

Ce que tu aimes le plus dans ton métier ?

Je crois qu’il s’agit de sa dimension humaine. Nous venons en aide, nous accompagnons et nous soignons des personnes parfois très dépendantes. C’est cet aspect qui, sans conteste, me pousse à continuer.

Quelles qualités faut-il posséder selon toi ?

Posséder beaucoup de patience et de cœur, car les personnes âgées peuvent se trouver dans un état d’esprit plus ou moins délicat selon les jours. En aucun cas il ne faut brusquer les choses.
Aimer le contact humain est évidemment très important dans un métier où le soin à la personne est central.
Être ouvert d’esprit et faire preuve d’une grande flexibilité dans sa manière de travailler – tout en respectant en priorité les règles d'hygiène et de sécurité, bien entendu – est également appréciable, car cela permet de s’adapter totalement à la personne à qui on vient en aide.

Le plus difficile dans le métier ?

Sans doute de garder une distance avec la personne que l’on accompagne. Pour cela, la blouse blanche aide à établir la séparation. Parfois, il faut faire des choix difficiles pour le bien du résident. Garder une distance évite par exemple de trop s’attacher à une personne, ce qui crée un choc émotionnel important lorsque celle-ci vient à décéder.

Des conseils pour ceux qui voudraient se lancer ?

Ne pas avoir trop de préjugés à propos des résidents, en particulier pour évaluer, souvent à tort, les besoins de l’un d’eux. De la même manière, il me semble important de prendre en compte le ressenti de la personne. Pas uniquement lui prêter une oreille attentive, mais observer également sa gestuelle et son comportement non verbal de manière générale.
Enfin, je pense que l'on n'entre pas par hasard dans cette profession, mais qu’il s’agit presque d’une vocation. Cependant, il faut veiller à ne pas pousser celle-ci trop loin.

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