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Interview : Sophrologue

Sophrologue27/04/09

Karine Potelle-Vandenbossche (41 ans)

C'est après une longue pérégrination dans la rue Jean Baptiste Dumas de Lomme que je parviens à trouver l'espace de la Myrte. Pas de numéro pour ce lieu coincé entre deux immeubles qui autrefois faisait office de boulangerie. Cet espace dédié aux ressources thérapeutiques ressemble à un petit havre de paix et me fait oublier le stress de mon retard, l'essouflement de ma course. Une petite cour intérieure donne un esprit très zen à l'endroit qui compte à l'heure actuelle sept thérapeutes.

Depuis combien de temps exercez vous la sophrologie?

Çà fait maintenant 8 ans que j'exerce la sophrologie. Mon travail s'est fait auparavant bénévolement pour des associations mais depuis un an j'exerce ici en libéral à l'espace Myrte.

Avez vous toujours exercé cette profession?

Non avant d'être sophrologue j'étais directrice artistique dans la communication d'entreprise. Du coup le stress lié au travail je le connais puisque je l'ai vécu moi-même. Mais c'est suite à une grossesse durant laquelle je me suis intéressée à la sophrologie que je me suis tournée vers cette pratique.

Peut on être diplômé en sophrologie? Quelle a été pour vous votre formation?

Actuellement sophrologue n'est pas une profession reconnue par un diplôme d'état que ce soit en France ou à l'international. Cependant des formations diplômantes existent mais il faut savoir que la sophrologie connaît diverses écoles qui sous le terme sophrologie mélangent,associent, adaptent différentes méthodes. Moi je me suis formée à l'école de sophrologie caycédienne de Lille mais ce n'est pas la seule qui existe. La méthode caycédienne vient du professeur Caycedo, un neuropsychiatre qui dans les années 60 a fondé la sophrologie qui s'inspire des méthodes de relaxation orientales et de la psychothérapie occidentale. Ma formation de base aura duré deux ans, à l'issue de laquelle j'ai suivi 4 séminaires qui se sont déroulés sur deux ans. Mais il est important de rester au courant des notions post-formation.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier?

Les avantages sont nombreux: avoir un travail qui n'est pas répétitif, des horaires qui sont facilement modulables…

Quelle est la clientèle que vous recevez à votre cabinet ?

C'est une clientèle plutôt variée. Je travaille avec des personnes de tout âge mais pour la majorité d'entre eux ils ont entre 25 et 70 ans. Les adolescents et les enfants sont en minorité mais il m'arrive de travailler ponctuellement avec eux. Dans ce cas les séances qui normalement durent une heure vont être raccourcies à une demi heure afin d'être mieux adaptées sur un temps plus court et une méthode ludique et on va travailler de manière plus imagée qu'avec des adultes. La sophrologie peut être un bon moyen pour prévenir des problèmes qui peuvent survenir plus tard dans la vie et savoir les gérer. Pour ce qui est de la taille des groupes elle varie de 3 à 15 personnes. Sinon j'aimerai travailler au sein des entreprises à l'avenir car il y une réelle demande des salariés par exemple pour renforcer la cohésion des équipes et traiter le stress du milieu professionnel. Mais ces séances ont un coût et il est rare que la direction des entreprises accepte de tels frais.

Que conseilleriez vous à un jeune qui souhaiterait dans le futur devenir art thérapeute ?

Je lui conseillerais avant toute chose d'avoir une expérience professionnelle avant de se lancer dans la sophrologie. La formation est importante mais avoir de l'expérience dans le milieu médical ou social « traditionnel » et avoir un peu de vécu permet d'avoir une meilleure réputation et de fidéliser sa clientèle.

Arrivez vous à vivre de votre métier ? Combien gagnez vous grâce par séance ?

Pour l'instant je ne perçois pas assez d'argent de mon travail pour pouvoir en vivre mais j'espère que d'ici peu j'aurai une clientèle suffisante. Les séances individuelles sont facturées environ 40 euros mais les tarifs varient selon les effectifs des séances.

Pensez vous que votre métier est mieux perçu qu'auparavant ?

Oui, bien sûr. Les gens sont plus ouverts à la sophrologie. Je le perçois notamment par la clientèle masculine que je reçois. C'est une clientèle qui faisait très peu appel à ma profession mais qui s'est ouverte aux thérapies douces. L'image un peu sectaire qui était attachée disparaît aussi complètement avec la démocratisation de la sophrologie et par son utilisation dans le milieu médical traditionnel. Le stress est un facteur qui est de plus en plus commun au travail, du coup les gens se tournent de plus en plus vers nos professions.
VB

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