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Interview : Psychologue psychothérapeute

Pour commencer, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

A vrai dire, il est assez inhabituel. J'ai mis du temps à trouver ma voie. J'ai d'abord fait deux essais d'orientation professionnelle : un an dans le domaine du dessin et un an dans la communication d'entreprise, mais j'avais besoin d'autre chose. J'ai donc fait une année de formation humaine pour apprendre à me connaître et me permettre d'approfondir mon projet professionnel.
Après cela, j'ai commencé mes études de psychologie à l'université de Louvain, en Belgique. Aujourd'hui, je suis psychologue psychothérapeute et j'exerce en libéral depuis décembre 2006. J'ai dû suivre une formation complémentaire puisqu'à l'université, on n'apprend pas vraiment à faire de la thérapie.

En quoi consiste concrètement le métier de psychologue ?

Le terme « psychologue » englobe en fait plusieurs métiers dans des domaines très différents. Il y a les psychologues chercheurs, les psychologues d'entreprises et les métiers de l'accompagnement, dont les psychologues cliniciens font partie.
Psychologue clinicien, c'est avant tout un métier d'écoute : on analyse la problématique de la personne qui vient nous voir, on cherche à comprendre sa pathologie pour trouver la meilleure manière de l'aider. Le protocole est différent pour chaque personne, il n'est pas transposable d'un cas à l'autre.
Généralement, les psychologues appartiennent à des « écoles ». Pendant longtemps, je n'ai pas voulu en choisir une parce que j'estime que chacune d'entre elles a sa part de vérité. Au fil du temps, je me suis formée sur le tas à plusieurs écoles : psychanalyse, analyse systémique, gestalt… Malgré tout, j'ai trouvé une école qui me correspond, notamment parce qu'elle est respectueuse des autres courants. Il s'agit de l'EMDR1, une méthode qui vise à débloquer les mécanismes de traitements de l'information en stimulant les hémisphères cérébraux grâce aux mouvements des yeux. En pratique, elle permet d'accompagner le retraitement émotionnel des souvenirs. C'est, en fait, une thérapie en accéléré.

Quelles sont les exigences du métier ?

D'un point de vue déontologique, on doit être supervisé par un autre praticien. La supervision permet à la fois de contrôler la pratique et d'aider à réfléchir sur notre manière de travailler, à nous donner de nouvelles pistes de réflexion. Cette démarche permet d'assurer un certain sérieux professionnel pour nos patients.
C'est également un métier qui nécessite une formation permanente, à la fois intellectuelle et pratique. Il faut également avoir fait une thérapie personnellement, pour que nos propres problèmes n'interfèrent pas dans notre pratique.

Pourquoi vous êtes-vous orientée vers cette profession ?

Je me suis rendu compte que ce qui m'intéressait avant tout, quand je travaillais dans la communication d'entreprise, c'était les rapports entre les gens. Au fil du temps, je me suis également aperçue du pouvoir de l'écoute. Même sans parler, on peut aider énormément rien qu'en écoutant et en acceptant l'autre tel qu'il est. Ça a été une découverte très importante pour moi.

Et pourquoi avoir choisi d'exercer en libéral ?

Pour plusieurs raisons. D'abord parce que le métier de psychologue étant très en vogue, il y a beaucoup de diplômés, et personnellement, malgré mon expérience, il était difficile de trouver un poste en CDI.
De plus, j'avais un vrai désir d'indépendance et de liberté par rapport à ma façon de travailler. Et enfin, D'un point de vue pratique, travailler de chez soi offre aussi un certain confort...

Selon vous, quelles sont les qualités nécessaires pour être psychologue ?

Pour les psychologues psychothérapeutes en tout cas, il faut de la sensibilité et une grande capacité d'écoute et de patience. Evidemment, un réel désir d'aider les autres est primordial.
De plus, le statut de libéral requiert des qualités spécifiques. Le sens du relationnel est un élément majeur. Il faut être capable de parler de son métier à tout moment, afin de se faire connaître grâce au bouche à oreille. Comme pour n'importe quel métier, il est nécessaire de se créer un réseau. Idéalement, avoir des capacités en gestion financière, mais, pour cela, on peut toujours se faire aider. Il faut aussi avoir une grande confiance dans la vie, parce qu'en tant que libéral, on n'est pas sûr d'avoir un salaire à la fin du mois !

Pour finir, auriez-vous des conseils à donner aux aspirants psychologues ?

Etre prêt à faire un travail sur soi et à se former continuellement. Et surtout, si l'on est sûr de son ambition, faire preuve de persévérance et savoir être patient car il y a peu de postes.
M.I11.02.2008

1 - L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une thérapie reconnue par l'INSERM, notamment pour le traitement du stress post traumatique.

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