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Interview : Doctorante

Comment as-tu décidé de t'orienter vers la psychologie ?

Je viens d'un bac scientifique. Je ne voulais travailler ni dans le commerce, ni dans l'économie. Concrètement, j'avais eux choix en sortant du lycée : médecine ou psycho. J'étais un peu réticente à l'idée de faire des études de psychologie, mais lors de la pré-rentrée, les professeurs nous ont expliqué que la démarche scientifique avait une grande importance dans ce cursus, alors je me suis lancée. Ensuite, c'est en troisième année de licence, quand j'ai dû rédiger mon premier mémoire, que j'ai eu un déclic pour la recherche.

Comment se passe le quotidien d'un doctorant ?

Quand on est doctorant, on appartient à un laboratoire de recherche. Pour moi, c'est Ureca (Unité de recherche sur l'évolution du comportement et l'apprentissage). Dans ce laboratoire, les doctorants doivent venir travailler à l'université. Bien sûr, je n'ai aucune obligation de présence, mais je m'oblige à une certaine discipline et j'y suis du lundi au vendredi.
Le travail de recherche procède par étapes. D'abord on prépare et on mène les expériences, puis on analyse les résultats. Parallèlement, on prépare les colloques et on rédige des articles. Mais c'est aussi beaucoup de tâches administratives.
Pour ce qui est des colloques, qu'ils soient nationaux ou internationaux, on soumet son projet de recherche et s'il correspond au thème étudié, on s'y rend. Sinon, il y a aussi des réunions d'équipes, des séminaires de laboratoire…

Certains doctorants ont une charge de cours, c'est ton cas ?

Oui, j'assure des cours de psychologie de l'enfant à des étudiants en langue qui suivent le parcours EPL (enseignement précoce des langues). Je donne également des cours de statistiques aux étudiants de psychologie. L'enseignement me plaît, j'ai envie de transmettre quelque chose de bien aux étudiants.

Comment vis-tu ton doctorat ?

Mon point de vue est subjectif, bien sûr. En fait, je le vis comme une épreuve supplémentaire dans ma vie. Faire une thèse, ça apporte à la fois une rigueur méthodologique et un esprit de synthèse. Je n'ai pas d'objectifs précis pour l' « après-thèse ». Je cherche avant tout à m'enrichir d'un point de vue personnel, à acquérir une certaine crédibilité dans ce domaine.
Les doctorants d'aujourd'hui doivent bien comprendre que ce ne sera pas simple. Quand tu sors de trois ans de thèse, il faut encore passer des « qualifs », des « post-docs » et enchaîner sur des petits contrats et des postes d'ATER. Notre génération n'est pas dans la bonne mouvance. Heureusement que je ne mise pas tout sur la recherche, parce que je serais malheureuse. Il ne faut pas avoir de faux espoir… Pour être un thésard heureux, il faut prendre du recul.

Justement, quelles sont les qualités essentielles pour se lancer dans une thèse ?

Une bonne capacité à pouvoir travailler seul, être dynamique et avoir un esprit ouvert. Il est également important d'être très consciencieux parce qu'on est véritablement livré à soi-même. Et puis je dirais aussi qu'il faut être spontané dans ses rapports aux autres, ne pas faire trop de calculs.

Que dirais-tu à quelqu'un qui voudrait, comme toi, se lancer dans une thèse ?

D'être sûr d'avoir les reins assez solides. La thèse, c'est quelque chose que tu as tout le temps à l'esprit. Tu ne peux jamais couper réellement. C'est comme être un chevalier qui part dans une quête de trois ans. Le doctorat, c'est notre Graal.
A côté de ça, il ne faut pas hésiter à s'informer sur les possibilités de bourses publiques ou privées. Il y a des entreprises qui financent certains sujets. Quand je dis qu'il faut prendre du recul pour bien vivre sa thèse, c'est aussi parce que je bénéficie d'une allocation. C'est beaucoup plus compliqué de prendre de la distance quand on se finance seul.
Et, pour finir : l'anglais, l'anglais, l'anglais ! Même pour quelqu'un qui a toujours été bon en cours, ce n'est pas assez. N'hésitez pas à faire un stage ou passer une année à l'étranger !
M.I.01.09.08

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