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Interview : Perruquière Posticheuse

Perruquière Posticheuse

 

Sandrine va bientôt fêter 24 années au service de son employeur. Et pourtant, c’est un peu par hasard qu’elle est arrivée là. En poussant la porte d’un institut spécialisé dans la perruquerie, elle décroche un poste. Après une formation adéquate pour compléter son savoir-faire en coiffure, la voilà opérationnelle.

En tant que responsable de l’institut, quelles sont vos missions quotidiennes ?

Il y a déjà tout ce qui touche au fonctionnement propre de l’institut : l’installation des vitrines, les tâches administratives, mais également le ménage. Puis il y a la partie propre à la perruquerie : l’accueil des clients, les écouter, leur proposer plusieurs choix de perruques, puis adapter au besoin. Je les conseille également pour la suite, l’entretien, le positionnement, etc. Il nous arrive également d’intervenir pour réparer une perruque endommagée, ou de proposer turbans ou bonnets pour les personnes ne souhaitant pas porter de perruque.

Auprès de quelle clientèle travaillez-vous ?

Majoritairement, des personnes qui sont atteintes de maladies ayant des répercussions sur les cheveux. Mais nous accueillons également des personnes dont la perte des cheveux est naturelle, les personnes transgenre ou encore des acteurs de théâtre.

C’est un métier qui bouge ?

Oui. Ne serait-ce qu’au niveau des innovations produits. Les perruques se sont adaptées à une demande (malheureusement) grandissante : nouvelles couleurs, coupes etc. Mais pas seulement. Les bonnets qui permettent de mettre la perruque ont également évolué, laissant place à un meilleur confort et une meilleure tenue. En plus de cela, il est également fréquent de se déplacer dans des hôpitaux : pour déposer des brochures, mais aussi informer les malades. Beaucoup d’entre eux sont un peu perdus, ils ne savent pas vraiment quelles solutions s’ouvrent à eux. Et l’on comprend facilement que la priorité de l’hôpital soit la prise en charge de la maladie. Mais un peu d’informations supplémentaires auprès des patients est une bonne chose. Pour accompagner, et rassurer les personnes.

Quels sont les savoir-faire centraux de cette profession ?

Les techniques de perruquerie sont très précises : Il y a de la couture, pour adapter le bonnet au crâne de la personne, il faut savoir resserrer les bords si besoin, et bien entendu, la maîtrise des techniques de fixation : en colle, en clips ou en tresse. Ensuite, il y a les techniques de coiffure, pour effiler les bords de la perruque si besoin, mais également pour l’adapter au mieux au visage du client. Plusieurs essais sont souvent nécessaires, pour laisser à la personne, le temps de s’observer, s’habituer. Il ne faut surtout pas brusquer les choses !

Et les savoir-être ?

Avant tout : l’empathie ! Il faut également être très à l’écoute et garder le sourire. Le tout, sans oublier d’éviter les questions trop superficielles ou du type « comment ça va ? ». On sait que le contexte est très délicat. Il est aussi essentiel de savoir prendre du recul et de la distance par rapport aux clients que l’on rencontre et à leur souffrance, ne serait-ce que pour se protéger soi-même. Cela requiert une certaine maturité, qui se lit dans le choix personnel et convaincu d’exercer ce métier.

Interview réalisée à NJ – L’image en tête – 102, rue Jeanne Maillotte – 59110 LA MADELEINE