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Interview : Héliciculteur

Héliciculteur

Depuis novembre 1995, Fabien Lesaffre est héliciculteur. Et un héliciculteur heureux ! Lors de mon arrivée dans l’exploitation, surprise : pas un seul escargot. Mauvais timing, les gastéropodes, eux aussi, hibernent. Le saviez-vous ? Découvrez le parcours de Fabien Lesaffre dans cette petite interview.

 

Quelles ont été vos motivations pour établir votre propre élevage ?

À l’époque, j’étais salarié chef de culture pour un maraîcher. Mais je savais déjà que je ne serai pas salarié toute ma vie. Ce que je voulais, c’est avoir quelque chose à moi et vivre à la campagne. J’ai travaillé deux ans dans le sud de la France, avant de rentrer m’établir dans le Nord, d’où je suis originaire. Je savais que ce que je voulais faire prendrait du temps, mais je ne savais pas encore exactement dans quoi j’allais me lancer !

 

Pourquoi avoir choisi l’héliciculture alors ?

Il y avait ici un terrain qui appartenait à mes grands-parents. Après avoir étudié la possibilité d’un maraîchage, je me suis rendu compte que l’agrandissement prévisionnel de l’exploitation serait vite important et que j’allais manquer de terrain. Il me fallait alors quelque chose qui occupe moins de surface.

C’est un peu par hasard, que je me suis retrouvé à discuter avec un formateur en élevage d’escargots. Entre les années 80 et 90, c’était vraiment les débuts de l’héliciculture. J’y ai pris quelques renseignements, les grandes lignes, et je me suis lancé. Le reste, j’ai appris sur le terrain.

 

Pari réussi ?

Oui ! Il a fallu 4 ans pour réussir à en vivre. Mais aujourd’hui, ça tourne bien. Nous produisons 15 tonnes d’escargots par an. Et notre produit est différent : des escargots consommés, seuls 2% sont issus de l’élevage. Le reste est sauvage. Mais toute la différence est là ! Nous cuisinons tout sur place, et fournissons également des traiteurs et des restaurants.

 

Selon vous, quelles sont les qualités indispensables pour exercer ce métier ?

Il faut être bricoleur, pour pouvoir pallier aux imprévus de l’exploitation (installation électrique, conditions météo…). Et surtout, il faut savoir marcher sur un fil sans filet de secours. Ne pas avoir peur de tomber : Être salarié, avoir un CDI, c’est rassurant pour beaucoup de monde. Mais j’ai grandi dans un milieu d’indépendants et au final, on a la flexibilité dans les horaires et une certaine liberté, même si bien entendu, le statut implique aussi des obligations. Mais c’est une autre vie !

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