Interview : Oculariste

Oculariste

C’est un métier rare. Seulement une trentaine d’ocularistes exercent en France. Nous avons rencontré l’un d’eux, à Lille. Thierry GRANDVAUX nous en dit plus sur cette profession méconnue, mais passionnante.

 

En quoi consiste votre métier ?

En quelques mots, le métier d’oculariste consiste à fabriquer et poser des prothèses oculaires pour des patients ayant un œil disgracieux ou ayant perdu leur œil suite à un accident ou une maladie. La prothèse remplace aujourd’hui, ce que l’on appelait « œil de verre », dont les résultats esthétiques étaient médiocres.

 

Concrètement, comment sont fabriquées les prothèses ?

À partir d’un gabarit, on crée la forme de la prothèse, qui sera ensuite à adapter au patient. Il s’agit d’une sorte de grosse lentille rigide. Pour la couleur de l’iris, il s’agit d’un travail de coloriste. Là aussi, on choisit le modèle correspondant, le plus proche du patient. Pour le peindre, on utilise de la peinture acrylique, et petit à petit, couche par couche (entre 20 et 30), on construit ce qu’on appelle la « couleur ». Elle est personnalisée pour correspondre à chaque patient. Ensuite, il y a le maquillage de la prothèse : les petits vaisseaux veineux, sont réalisés avec du fil de laine rouge, le blanc de l’œil est également retouché pour assurer une harmonie avec l’œil valide. Enfin, on termine par une couche de résine pour l’aspect brillant.

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Dans cette profession, en dehors des entreprises familiales, la découverte du métier se fait plutôt par hasard. Pour ma part, ce fut par le biais d’une petite annonce. À l’époque, je travaillais dans un laboratoire d’analyses médicales. Mais pour être franc, je m’ennuyais un peu. La personne qui passait l’annonce recherchait une personne minutieuse, avec une certaine affinité artistique. Ce n’était pas du tout mon cas, mais j’ai quand même décidé d’y répondre.

 

Une personne vous a donc formé à ce métier ?

Oui. Il y a deux grandes composantes dans ce métier. La première est technique, c’est apprendre à faire les mesures, les empreintes mais aussi les couleurs. Au départ c’est un peu difficile mais ensuite, c’est devenu un réel plaisir. La deuxième composante est la dimension « humaine », le contact avec les patients. Ce n’est pas toujours évident, car nous sommes en contact avec des personnes qui ont d’importants problèmes de santé…

 

Aujourd’hui, comment se former ?

Il existe un diplôme universitaire (DU). Deux jours par mois pendant 10 mois on apprend la couleur et la fabrication. Puis, il faut justifier de 3 années de pratique en laboratoire de prothèse oculaire pour valider la formation. Il est possible en plus, d’avoir un agrément pour la prise en charge des prothèses par la sécurité sociale.

 

Selon vous, quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Il faut sans aucun doute être patient et méticuleux. Avoir un bon sens du contact est aussi important. Nous devons appareiller les patients, mais pas uniquement. Il faut aussi les informer et surtout, les rassurer.

 

C’est un métier qui a une dimension très artisanale. Pensez-vous qu’il a toujours de l’avenir ?

Oui ! Cette activité va perdurer, mais combien de temps… ? Ces vingt, trente dernières années, la médecine a vite évolué, aujourd’hui, les résultats des opérations chirurgicales sont meilleurs, mais pour l’instant, l’oculariste est un métier qui ne peut pas être remplacé. Nous sommes toujours présents.

 

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