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Interview : Infirmière psychiatrique

Parlez-nous de votre parcours…

Après un Bac D (Sciences et Vie de la Terre), j'ai fait une année de médecine que je n'ai pas validée. Comme je souhaitais travailler dans le secteur médical, mais que cette filière était trop fastidieuse, j'ai préféré me réorienter vers une école d'infirmière en psychiatrie. Aujourd'hui, cette formation n'existe plus, elle a été remplacée par un diplôme d'infirmier et une spécialisation en psychiatrie. Le cursus d'infirmière en psychiatrie était particulier, car nous étions payés par un établissement hospitalier dans lequel on travaillait le matin. L'après-midi était consacré aux cours théoriques.
Après cette école, j'ai fait un DEA de sociologie avec une spécialisation en sociologie et ethnologie du Maghreb et de l'Afrique Noire. Ensuite, j'ai suivi une formation de thérapeute familial. Enfin, j'ai passé un DESU (Diplôme d'Etudes Supérieures Universitaires) en pratique clinique auprès des familles migrantes (ethnologie et psychiatrie), au cours duquel j'ai préparé une thèse d'ethnologie psychiatrie en psychologie clinique.

Avez-vous dû effectuer des stages durant cette scolarité ?

Oui, en plus du fait que nous travaillions tous les matins, nous devions faire les mêmes stages que les autres élèves infirmiers. Ils avaient lieu dans les différents services hospitaliers et également dans les établissements scolaires (écoles maternelles et primaires, collèges…)

Maintenant, pouvez-vous nous décrire votre parcours professionnel ?

C'est assez simple, car une fois mes études achevées, j'ai continué à travailler pour l'hôpital psychiatrique qui me payait pendant ma formation. J'ai fais un an au sein de cet établissement, puis j'ai été détachée à un centre médico-psychologique pour enfants et adolescents, dépendant de cet hôpital. J'y ai travaillé durant 20 ans… jusqu'à ma retraite, cette année.

Pourquoi avez-vous fait ce choix de carrière ?

Pour la seule et unique raison que je suis passionnée par la folie. Au départ, je voulais devenir psychiatre, mais il faut passer par la filière médecine pour y parvenir… et comme je vous le disais, c'était trop long et trop fastidieux. C'est pour cette raison qu'après un an de médecine, j'ai changé d'orientation pour parvenir plus rapidement à travailler dans le secteur d'activité qui m'intéressait.

En quoi consiste le travail d'une infirmière psychiatrique ?

Pour résumer, à faire des psychothérapies de soutien individuelles, familiales ou de groupes. Ma spécialité étant les familles migrantes. Le public que je touchais pouvait être assimilé au tout venant de la souffrance psychologique. C'est un travail d'équipe et de réseau, dans lequel on va mener des actions de prévention. Par exemple, on fait des interventions dans les centres sociaux, dans les établissements scolaires, mais aussi dans les maternités.

Si vous deviez lister les qualités d'une infirmière psychiatrique, quelles seraient-elles ?

Avoir un solide équilibre mental, beaucoup d'empathie et de curiosité. Ensuite, être tolérant et ouvert d'esprit, car on est confronté à un très large public, avec des problèmes très variés et parfois très graves. Enfin, je dirais qu'il faut être capable de se remettre perpétuellement en question et se demander si les conseils qu'on donne aux gens sont réellement les plus judicieux.

Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

En fait, je suis à la retraite, mais je suis toujours active… En effet, je continue à faire de la formation, de la transmission comme j'aime à le dire. J'interviens beaucoup dans les écoles et auprès de professionnels.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants intéressés par ce secteur d'activité ?

Avant de se lancer, il faut qu'ils soient sûrs que c'est une passion chez eux. Exercer une telle profession est très difficile physiquement et psychologiquement. On voit beaucoup de personnes craquer au bout de quelques années. Ensuite, de beaucoup travailler la psychologie et, une chose que je n'ai pas faite et que j'ai regrettée par la suite, lire beaucoup d'ouvrages au sujet du clinique.
Enfin, je dois dire que j'ai eu la chance, pendant ma formation, d'être parrainée par des professionnels extrêmement compétents. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas. Alors, si vous le pouvez, je vous conseillerais donc d'aller vers les gens qui ont l'expérience et de vous référer à eux. C'est de cette façon qu'on apprend le plus.
P.E.M.

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