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Interview : Chirurgien

Chirurgien

« Le plus beau métier du monde, sauver des vies sans discriminations » Serment d'Hippocrate.

Le Docteur Kaba exerce depuis environ 30 ans au Centre Hospitalier de Dunkerque. Selon lui « la formation se fait théorique, les études sont longues et le compagnonnage possède une place très importante » dans ce métier. En effet après 6 ans d'études de médecine la formation professionnelle continue tout au long de la vie.

En quoi consiste votre métier ?

Il faut tout d'abord s'occuper des malades avant et après une opération, le conseil et le suivi sont très importants. Ensuite tout se passe dans le bloc opératoire, il faut réparer les os cassés, soigner l'arthrose ou les cancers des os par des prothèses, éviter les malformations telles que la scoliose, les pieds bots ou les luxations de hanches ainsi que tous les accidents de la route, les suicides manqués ou les accidents domestiques (brûlures, coupures).

Quel cursus avez-vous suivi pour devenir chirurgien ?

Après avoir obtenu un bac D (S) à Marrakech, je suis venu étudier à Lille. Pour exercer la majorité des métiers de la santé, il faut entamer des études de médecine, six ans plus deux pour la médecine générale et six ans plus des années de spécialisation pour la chirurgie. L'internat est obligatoire pour se spécialiser, on y entre sur concours. J'ai choisi dans un premiers temps de me spécialiser dans la chirurgie viscérale et vasculaire (appendice, estomac, intestin..) en 5 ans, puis en chirurgie traumatologie orthopédie en 8 ans. Les années d'études se divisent entre des stages de 6 mois chacun et des cours.

En tout combien d'années d'études ?

En gros bac+14. Un jeune chirurgien a environ 30 ans. Pour être fonctionnel et compétitif il faut rester au minimum 2 ou 3 ans dans le même service, c'est-à-dire dans la même spécialisation. De plus, la formation continue est plus que nécessaire.

En quoi consiste une formation continue ?

Lire des revues spécialisées, aller aux congrès, car la loi oblige à mettre en œuvre « tous les moyens modernes et récents ». Cependant il n'y a pas d'obligation de résultats (sauf en chirurgie esthétique car on paye pour un objectif) mais le patient peut attaquer pour fautes professionnelles.

Etes-vous assuré en cas de risques ?

Bien sûr, tous les chirurgiens sont assurés. Ils possèdent une assurance responsabilité civile pour l'hôpital et une autre assurance pour l'activité privée.

Vous-même, exercez-vous une activité privée ?

Oui, j'assure des consultations externes deux fois par semaines, d'ailleurs l'assurance pour l'activité privée est très chère, la moins élevée est de 7 000 euros/an.

Pourquoi avoir choisi le public ?

Pour travailler dans le public il faut être admis sur concours national et sur titre. Je l'ai passé à Toulouse en 1985. Nous sommes donc des « praticiens hospitaliers ». J'ai choisi l'hôpital car je suis attiré par la recherche, la publication, c'est-à-dire par les congrès me permettant d'exposer et de connaître de nouvelles méthodes partout dans le monde. De plus, j'ai la possibilité de faire du privé.

Votre travail vous permet de beaucoup voyager ?

C'est un avantage de cette profession, les congrès peuvent avoir lieu à Los Angeles, Singapour ou Cancun. Ce sont en général les laboratoires pharmaceutiques qui nous invitent.

Quels sont les inconvénients de ce métier ?

Il n'y a pas beaucoup de place pour la vie de famille, les horaires ne sont pas définis, cela dépend des accidents. Ce métier est prenant et parfois pénible car les opérations peuvent durer toute une journée ou toute une nuit il faut donc rester debout souvent sans pouvoir manger. Le salaire est peu important à l'hôpital par rapport aux conditions de travail…. J'ai 3 semaines de vacances par an mais le manque d'effectif m'oblige à la continuité des soins. Les astreintes sont dures, environ 10h/mois de 18 h 30 à 8 h du matin, puis on entame une nouvelle journée.

Le manque d'effectif semble beaucoup peser dans l'organisation du travail.

Oui, il y a un gros problème de recrues, les études sont longues et les jeunes veulent moins travailler à cause des 35 heures. Nous sommes 3 chirurgiens dans le service pour 33 lits au Centre Hospitalier de Dunkerque et les départs en retraite posent problème. Actuellement, de plus en plus de femmes font médecine mais il y a une pénurie dans les spécialités traumato orthopédie et une grosse pénurie dans le viscéral.

Quels sont les métiers de la santé avec la plus grande offre ?

Les secteurs en vogue sont l'esthétique, l'ophtalmologie, l'ORL et la stomatologie.

Quelles sont les qualités à avoir pour devenir chirurgien ?

Il faut avoir de la volonté, de la conviction, être passionné, aimer les gens, être à l'écoute, disponible, avoir une bonne hygiène de vie et être solide physiquement et nerveusement.

Quels sont les débouchés du métier ?

Ce qui est intéressant c'est qu'on peut toujours se spécialiser. Après m'être spécialisé en chirurgie viscéral et orthopédique, j'ai continué avec des formations d'environ deux ans dans la micro chirurgie, la chirurgie des mains et membres supérieurs, la chirurgie du sport, la médecine du sport, chirurgie du pied et je donne des cours depuis 1982 à l'école d'infirmière de Dunkerque. Pendant 2 ans j'ai été expert dans les assurances afin de présenter les rentes, les indemnités dues .On peut, également être expert pour les tribunaux ou pour la sécurité sociale. Il est bienvenu d'être un membre associé d'une société française afin d'obtenir un poste final : celui de chef de service dans un hôpital. Il est élu par un vote de la Commission médicale consultative (tous les médecins de l'hôpital) et sur dossier (donc la formation continue doit être permanente) La retraite est envisagée à 65 ans.

Pour finir, quel est le salaire moyen d'un chirurgien ?

Le salaire dépend des échelons, il y en a 13. En 20 ans un chirurgien atteint le onzième échelon, en 30 ans il est au treizième échelon. Le salaire augmente de 150 euros par échelons.
E.K.

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