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Interview : Graphiste jeune diplômé

Graphiste jeune diplômé

Quel a été ton parcours scolaire ?

Après un Bac Scientifique, je me suis inscrit en DEUG de Biologie, où j'ai fait deux premières années. J'étais fort en bio, mais les maths m'ont planté et c'est pour cette raison que je ne suis pas parvenu à aller en deuxième année. J'ai alors décidé de changer d'orientation et je suis parti à Roubaix, au CEPRECO, pour faire des études de graphisme. Cette formation en alternance dure deux ans et j'en suis sorti avec mon Diplôme Consulaire de Graphiste-Maquettiste. C'est un diplôme qui n'était alors pas encore reconnu par l'Etat.
Lorsque j'étais là-bas, j'ai dû effectuer des stages, obligatoires dans le cursus. Le premier, en imprimerie, le second dans un atelier de retouches de photos numériques et le dernier, en tant que graphiste-créatif, dans une boîte qui faisait de l'imprimerie, de la conception et de la mise en page.
Ensuite, j'ai voulu continuer mes études et je suis donc parti en DEUG d'histoire de l'art à Lille 3. Je n'y ai fait que trois mois. Le reste de l'année, j'ai travaillé pour la société où j'avais fait mon dernier stage. L'année suivante, je voulais acquérir une spécialisation en illustration, et pour cela, je me suis inscrit à Saint-Luc, en Belgique. J'étais fâché avec le système Fac, et je voulais autre chose… Je pensais qu'étant déjà diplômé, je pourrais intégrer directement la deuxième, voire la troisième année. Seulement, en Belgique, on ne commence la philo que lors des études supérieures et comme j'avais étudié en France avant et que je n'en avais fait qu'au lycée, on m'a dit que je n'avais pas le niveau requis et on m'a inscrit en première année. Je me suis retrouvé dans une classe où les élèves avaient tous cinq ans de moins que moi et où les programmes ne correspondaient pas du tout à ce que j'attendais (trop scolaire). Aussi, après trois mois de ce régime, j'ai décidé de m'arrêter là.

Pourquoi des études de graphisme après ta tentative en DEUG de Bio… ? Ce sont des domaines totalement différents…

A l'origine, quand j'avais choisi la Bio, c'était plus pour la sécurité de l'emploi. Je faisais quelque chose de général qui aboutissait à un diplôme solide… Mais bon, ça c'est ce que tu crois avant de chercher du travail et que tu n'es encore qu'étudiant. La Bio était une matière qui me plaisait et dans laquelle j'étais plutôt bon. Mais je me suis ramassé en Fac. Comme je dessine depuis que je suis tout petit et que, sans me vanter, j'ai plutôt un bon coup de crayon, on m'a toujours conseillé de me lancer dans cette voie. Ca correspondait plus à ma personnalité, ça fait travailler l'imagination et ça permet de laisser sa créativité s'exprimer. Ca a été une de mes motivations. J'aimais le fait de ne pas avoir de bride et de disposer d'une totale liberté dans mon travail.

Qu'as-tu fais une fois tes études terminées ?

Après Saint-Luc, j'ai commencé à chercher du boulot. J'ai fais quelques trucs bénévolement, afin d'acquérir une expérience et d'avoir des travaux à présenter aux recruteurs lors de mes recherches. J'ai fait des plaquettes, des affiches, des jaquettes de CD et des jaquettes de DVD pour la Société LAHM que des potes avaient lancée.
Mais, le problème auquel j'ai été confronté quand j'ai commencé à chercher du travail, c'est que l'industrie du graphisme est tombée en crise. Une des raisons de cette crise a été l'attentat du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers. En fait, au même moment devait sortir le film Spider man, dans lequel on voyait le super-héros tisser sa toile entre les deux tours. C'est une scène qui avait coûté des millions de dollars à réaliser et que les producteurs ont dû retirer de la version définitive… Autrement dit, une grosse perte d'argent. Après cet événement, beaucoup ont renoncé à faire appel à des graphistes de peur de perdre de l'argent si une telle chose se reproduisait… Du coup, de nombreux graphistes se sont retrouvés sans travail, dont certains qui avaient plus de 10 ans d'expérience. Ca devient donc extrêmement compliqué de décrocher un contrat lorsque tu es jeune, sans expérience et que tu te retrouves en concurrence avec des personnes comme ça. Les employeurs préfèrent embaucher quelqu'un qui a de la bouteille comme on dit.

Dans quel secteur recherches-tu ?

Au départ, je voulais trouver un poste de créa ou de graphiste en agence de pub ou pour une boîte qui fait de l'illustration. Mais maintenant, vu la conjoncture, je prendrai ce que je trouve et qui correspond à ma formation.

Quelles sont tes perspectives d'avenir ?

Pour le moment, toutes les expériences seront bonnes à prendre. Par la suite, si je ne trouve pas, j'envisage de me mettre en free-lance pour pouvoir démarrer. Je verrais, le tout, c'est de réussir à trouver la motivation pour se lancer dans une telle aventure.

Selon toi, un graphiste doit-il disposer de certaines qualités ?

Oui, mais malheureusement, ce ne sont pas celles que l'on pourrait attendre. En général, on se dit qu'un graphiste doit avoir le sens de l'esthétique, de l'imagination, un côté « artiste »… C'est ce qu'il faudrait dans l'absolu… Dans la réalité, c'est différent. La seule chose qui soit vraiment nécessaire à un graphiste aujourd'hui, c'est de savoir se vendre. J'ai vu des gars qui n'étaient pas du tout créatifs et qui pompaient leurs idées à droite et à gauche. Le truc, c'est qu'ils étaient excellents pour se vendre. Aujourd'hui, ce sont eux qui ont du boulot. Quand tu commences à chercher du travail, c'est là que tu te rends compte de certaines réalités.

Aurais-tu des conseils pour les étudiants qui envisagent une carrière de graphiste ?

Je leur conseillerais de disposer de cette capacité à se vendre et à vendre leur travail… Bien sûr, l'idéal serait qu'ils parviennent à trouver un compromis et ne négligent pas le côté artistique du travail… Si les gens, notamment les employeurs, privilégiaient ça, j'aurais peut-être moins de rancœur aujourd'hui.
Sinon, je leur conseillerais également de faire tous les petits boulots qui leur permettront d'acquérir une expérience. En tant que graphiste, tu dois te constituer un Book qui va être, en quelques sortes, la vitrine de tes compétences. Pour ça, il ne faut pas hésiter à faire des trucs qui sortent de ta formation, même si ce n'est pas rémunéré.

Et au niveau des formations… ?

Je pense que la meilleure des formations, c'est quand on se forme par soi-même. Quand tu vas en cours, on te montre comment faire les choses, mais pour te démarquer, il te faut créer ton propre univers.
Personnellement, j'ai plus appris tout seul qu'en formation. C'est vrai que la formation te donne une base, mais tu ne peux pas te limiter à ça. Le diplôme, dans ce milieu, ce n'est pas ce qu'il y a de plus important. Si tu as le coup d'œil et des idées, ça peut jouer beaucoup.
P.E.M.

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