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Interview : Consultant en Systèmes d'Information

Consultant en Systèmes d'Information

Michel LECLERC (53 ans)

Société: Cabinet de consultant Projipe

Dans quelle société travaillez-vous ?

Depuis février 2001, je travaille pour la société Projipe qui est située à Boulogne, dans la région parisienne.
Je dis « pour » car je suis consultant en informatique et mon métier exige que je sois chez des clients et peu dans les bureaux de ma société.

Quel bac avez-vous obtenu et quelle formation avez-vous suivie par la suite ?

J'ai obtenu un bac C (équivalent du bac S aujourd'hui) en 1970. Ensuite, j'ai suivi les classes préparatoires Mathématiques supérieures et Mathématiques spéciales au lycée Châtelet à Douai. Au bout de 3 ans de classes prépa, j'ai intégré l'IDN (Institut industriel Du Nord), qui s'appelle aujourd'hui École Centrale de Lille. J'en suis sorti avec un diplôme d'ingénieur généraliste.

Au cours de vos études, avez eu des stages à effectuer ? Que vous ont-ils apporté ?

En première année d'école d'ingénieur, j'ai fait un stage ouvrier de 2 mois dans la société BASF, à Ludwigshafen, en Allemagne. J'étais intégré dans un groupe de jeunes Allemands qui faisaient leur apprentissage. Le domaine étudié était la métallurgie.
Ce stage m'a appris à sortir de mon cocon familial : à l'époque, en 1974, cela n'était pas courant de faire un stage à l'étranger. Et puis, surtout, il fallait parler allemand.
Ce stage m'a appris également à avoir de la rigueur et le goût du travail bien fait. Les Allemands sont éduqués pour développer ces qualités.
En 2ème année, j'ai fait un stage de technicien dans une centrale thermique aux Pays-Bas, près d'Amsterdam. Je fabriquais des cartes électroniques pour mettre dans des automates. Cela m'a appris à utiliser mon imagination pour résoudre des problèmes électroniques.
En 3ème année, j'ai réalisé mon stage d'ingénieur dans l'usine chimique de la Grande paroisse près de Douai. J'étais chargé de mettre au point les paramètres pour augmenter le rendement de fabrication du nitrométhane (un produit qui devait remplacer l'essence, car celle-ci était chère en 1975). Ce stage m'a appris l'autonomie dans mon travail et la capacité d'analyse.

Quel a été votre premier emploi en sortant de Centrale Lille?

J'ai débuté en tant qu'ingénieur de fabrication dans une usine d'engrais située dans le sud de la France, près de Montpellier. J'avais pour mission de mettre au point le procédé de fabrication des engrais, pour éviter la pollution atmosphérique et la pollution de l'eau.
Je dirigeais également une équipe d'ouvriers.

Qu'est-ce qui vous a amené à devenir ingénieur en informatique?

Cela ne s'est pas fait tout de suite. Au bout d'un an, j'ai quitté la société d'engrais car je me suis rendu compte que j'étais plus attiré par les nouvelles technologies que par le management d'hommes.
Je suis entré chez IBM, à l'usine de Corbeil-Essonnes, dans la région parisienne. Cette usine fabrique des semi-conducteurs qui sont les composants des ordinateurs. J'étais en charge des études de salles blanches (salles sans aucune poussière et aux conditions de température et taux d'humidité maîtrisés).
J'ai fait ce travail pendant 8 ans, jusqu'en 1987.
A la fin des années 80, la première crise de l'informatique est arrivée. La priorité était de vendre et non de produire.
Chez IBM, au lieu de licencier des producteurs et d'embaucher des vendeurs, il y a eu un vaste programme de redéploiement du personnel. On prit le pari de former des producteurs d'usine aux métiers d'ingénieur commercial et technico-commercial dans l'informatique.
Ce changement de métier était basé sur le volontariat. Je fus de ceux-là.
Je suis retourné à l'école IBM pendant 9 mois. Là bas, j'ai appris le métier d'ingénieur technico-commercial qui se caractérise par une bonne connaissance technique des systèmes d'information et une capacité à aider les commerciaux dans la vente de gros ordinateurs.
J'ai pratiqué ce métier durant 5 ans.
Ensuite, IBM, plutôt que de continuer de vendre simplement des ordinateurs et des logiciels, s'est tourné vers les services relatifs aux ordinateurs.
De nouveaux métiers sont apparus et en particulier celui de chef de projet en informatique que j'ai exercé pendant 5 ans.
Après un bref passage dans deux sociétés de services informatiques (SSII) comme responsable qualité, je suis entré chez Projipe comme consultant.

Concrètement, en quoi consiste votre travail ?

Mon travail est structuré en mission.
Ma société m'envoie chez un client pour l'aider à résoudre un problème particulier, concernant son système d'information. N'ayant pas les compétences et ne comptant pas embaucher quelqu'un, l'entreprise fait appel à un cabinet de consultants.
Ma spécialité est la qualité et les méthodes dans le domaine informatique.
Par exemple, j'interviens chez le client pour l'aider à mettre en place une méthode visant à tester les programmes informatiques qu'il a développés. Le test est une opération qui demande beaucoup de soin, de rigueur et de méthode. C'est un métier à part entière.
Lorsque cette mission est terminée (elle peut durer 6 mois), je vais chez un autre client. Par exemple, pour aider un chef de projet informatique à s'organiser.
C'est un travail où on apprend continuellement. On voit des gens différents qui ne travaillent pas tous de la même manière. Une forte capacité d'adaptation est donc nécessaire.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent faire ce métier ? Quellesqualités / compétences doivent-ils avoir ?

Pour faire ce métier de consultant, il est bon d'avoir pratiqué l'informatique.
Vous pouvez pratiquer l'informatique en développant vous-même des programmes. Vous pouvez aussi diriger une équipe d'informaticiens en tant que chef de projet.
Il faut savoir écouter, avoir une bonne capacité d'adaptation, accepter de se remettre en cause et d'apprendre en permanence.
Le sens du contact est aussi important. Le client vous écoutera d'autant plus que vous avez un bon relationnel.
En ce qui me concerne, je suis salarié. Je me soucie peu de l'aspect commercial du métier.Mais il existe des consultants indépendants. Ceux là doivent ajouter comme qualité la fibre commerciale pour décrocher les affaires. Ils peuvent se faire aider par des commerciaux indépendants et se consacrer à leurs missions.
Il est bon d'avoir quelques années d'expérience en informatique pour exercer ce métier. Le diplôme minimum est un bac + 2. Mais, à 28 ou 30 ans, et après 3 ou 4 ans de pratique, vous pouvez très bien devenir consultant junior.
A.O. et S.M.

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