Interview : Responsable d'atelier de production

Emmanuel Lemarchand (28 ans)

Société: Armor Protéines

Pourquoi avoir choisi cette voie ?

Après un bac scientifique, je ne savais pas vraiment vers quoi me diriger. J'ai d'abord tenté une classe préparatoire commerciale pendant un an, puis j'ai suivi une première année de DEUG d'anglais. Ce n'est qu'ensuite que je me suis tourné vers l'agro-alimentaire. En fait, depuis longtemps j'étais assez curieux de tout ce qu'on pouvait lire sur les emballages des produits. Je me demandais à quoi correspondaient les noms scientifiques que l'on trouve dans la liste des ingrédients. Une fois lancé dans l'univers de l'agro-alimentaire, je me suis tourné vers la production car je suis plutôt un homme de terrain.

Quel a été votre parcours scolaire ?

Après mes essais en classe préparatoire et à l'université, j'ai intégré un IUT agro-alimentaire pendant 2 ans. L'enseignement alternait pratique et théorie et j'ai pu y acquérir de très bonnes bases techniques, applicables à un vaste ensemble de métiers. L'expérience engrangée durant ces 2 ans m'a permis d'être admis par la suite à l'ENSIA, l'école nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires, où je suis resté 3 ans. La troisième année, je me suis spécialisé dans le management de la qualité totale, c'est à dire l'optimisation des performances au sein de l'usine.

Et vos expériences professionnelles ?

J'ai fait un premier stage de 6 mois dans le groupe Danone pour la marque Blédina où je m'occupais de la mise en place des équipes autonomes. En résumé, je gérais l'organisation industrielle dans une optique d'optimisation des performances des lignes de production. J'étais en lien direct avec le service des ressources humaines. Ensuite, Blédina m'a embauché en CDD pendant un an et demi en tant qu'ingénieur méthodes. Trois semaines par mois, je m'occupais de deux ateliers de production avec pour objectif l'amélioration du rendement. Le reste du temps, j'étais manager d'usine la nuit où je gérais tout ce qui était dysfonctionnements. J'ai ensuite eu une période creuse de 6 mois pendant laquelle je cherchais du travail, puis j'ai été embauché à Armor Protéines, près de Rennes.

En quoi consiste votre activité aujourd'hui ?

Nous sommes spécialisés dans le fractionnement du lait. Le matin quand j'arrive à l'usine je regarde la productivité de la veille, c'est-à-dire la quantité de lait passé dans les machines. Si les objectifs que nous nous étions fixés ne sont pas atteints, j'essaie de comprendre pourquoi et cherche à éviter que les problèmes ne se répètent. Mon travail est d'assurer la productivité en veillant à la qualité du produit. Je m'occupe également de tout ce qui concerne l'ergonomie sur les postes de travail : je veille au confort et à la sécurité des opérateurs. Parallèlement, je gère la planification des tâches en cherchant à anticiper les commandes des clients.

Quelles sont selon vous les qualités à avoir pour exercer ce métier ?

La rigueur est la première qualité à avoir. La disponibilité est aussi très importante, surtout en terme d'écoute, car il faut avoir le sens de la communication. Et bien sûr il faut être organisé car les activités sont variées.

Et quels en sont les avantages et les inconvénients ?

Je ne m'ennuie jamais car j'ai toujours de quoi m'occuper. La production est au centre de l'usine et différents services support gravitent autour. Je suis en lien direct avec ces services, tels que les ressources humaines ou la maintenance, et ces contacts humains sont très enrichissants. J'aime mon métier car il me permet de varier les activités et d'avoir de vraies responsabilités, autant au niveau performances qu'au niveau social. C'est valorisant de réussir à améliorer les choses. En revanche, je ne cache pas que c'est un travail très prenant et que l'on a peu de temps pour se reposer. Je suis d'astreinte certains week-ends et d'une manière générale je dois rester disponible au cas où un opérateur m'appellerait pour un conseil.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaiteraient suivre vos traces ?

Je pense qu'il est nécessaire de réellement s'investir dans son travail. Si vous n'aimez pas être sur le terrain il ne faut pas vous lancer car ça ne marchera pas. Il faut aimer toucher à tout et mettre la main à la pâte.
R. J.24/02/07

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