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Interview : Plombier chauffagiste

Plombier chauffagiste

Jean-Claude Beatse (57 ans)

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je voulais être technicien automobile mais il n'y avait à l'époque pas d'école qui permettait de se former dans les environs. Je me suis donc tourné vers la plomberie. J'ai commencé à travailler à l'âge de 15 ans dans le cadre d'un contrat d'apprentissage. C'est là que je me suis formé et je suis resté dans cette entreprise durant treize ans. J'ai ensuite passé les concours d'agent de maîtrise puis de contrôleur de travaux et je suis entré dans une collectivité territoriale. Mais je suis ensuite reparti dans la plomberie chauffagerie et je travaille désormais dans une entreprise privée.

Pourquoi avez-vous décidé de retourner dans le privé ?

Le travail n'était pas du tout le même. On n'a pas souvent l'opportunité de réaliser des installations nouvelles qui sont, justement, prises en charge par des entreprises privées. En collectivité territoriale, on doit surtout s'occuper de l'entretien ce qui devient vraiment lassant à la longue. Il n'y a presque pas de création. J'avais l'impression de ne plus évoluer et je n'apprenais plus rien de nouveau ce qui est très frustrant.

En quoi consiste précisément votre travail ?

Je commence par travailler sur un projet avant de demander plusieurs devis auprès de nos fournisseurs. Une fois que l'élaboration du projet est achevée, on passe à l'installation chez le client. On réalise tout de A à Z : de la mise en œuvre de la tuyauterie jusqu'aux derniers essais en présence du client.

Travaillez-vous seul ?

Par la force des choses, oui car mon collègue est en arrêt maladie depuis quelques mois maintenant. Mais en règle générale, on travaille toujours en équipe car seul ce n'est pas toujours évident. On est notamment amené à transporter de l'outillage ou du matériel (des baignoires ou des radiateurs par exemple). Je fais donc appel à d'autres employés de mon entreprise puisque nous sommes 45 ouvriers, toutes professions confondues (carreleurs, électriciens, maçons, couvreurs ou encore plaquistes).

Pouvez-vous nous décrire une journée type ?

La journée de travail commence par un petit briefing des équipes. On charge ensuite le matériel dont on a besoin dans les véhicules et on se rend sur les chantiers qui nous ont été attribués. On passe ensuite la journée chez un ou plusieurs clients selon l'importance du chantier. On est parfois amené à faire trois ou quatre interventions dans la même journée quand il s'agit de petites réparations mais nous avons des chantiers qui peuvent durer plusieurs semaines voire des mois pour certains.

Est-ce que vous vous sentez parfois lassé ?

C'est un métier où il faut sans cesse se remettre en question. J'ai d'ailleurs passé l'agrégation au gaz de France l'année dernière. C'était un véritable challenge personnel. Même si à mon âge je n'ai plus grand-chose à prouver, je voulais montrer que j'en étais capable. En revanche, quand je pars travailler le matin, je ne traîne jamais les pieds. C'est vrai qu'on ne peut pas être en très grande forme tous les jours, mais être motivé c'est déjà beaucoup ! Pour la petite histoire, j'aime tellement mon métier que je suis déjà allé travailler un jour de fête ! Bien évidemment ce n'est qu'une fois sur place que je m'en suis aperçu !

Quelles sont les qualités nécessaires à l'exercice de cette profession ?

Il faut faire preuve d'un grand sérieux et avoir le sens des responsabilités. On ne pas quitter un chantier en laissant une fuite de gaz derrière soi ! Il faut donc être vigilant et faire attention aux finitions. C'est un métier de création : quand on quitte une maison, on y laisse quelque chose de nous. L'installation est bien concrète et on voit le travail qui a été effectué.

Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Je suis toujours content de laisser quelque chose de mon passage. C'est une forme de pérennité. Mais la pénibilité fait malheureusement partie de ce travail. Les conditions ne sont pas toujours optimales : port de charges lourdes, manque de visibilité, humidité ou encore confinement font partie de mon quotidien. De la même manière, il n'est pas toujours évident de composer avec plusieurs chantiers en cours. Il faut honorer les demandes mais tenir les délais.

Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

La retraite ! Ca arrive à grands pas maintenant puisque je suis censé la prendre dans 3 ans. Mais pour l'instant je préfère ne pas y penser. Je suis quelqu'un de très actif et je considère que la retraite c'est une forme de petite mort. C'est une grande page de ma vie qui va se tourner donc je ne sais pas encore si je vais poursuivre ou non, tout dépendra de ma santé et de ma condition physique.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui aimerait se lancer ?

Il faut encourager les jeunes qui ont envie de se lancer dans cette voie-là, ou dans toute autre profession du bâtiment d'ailleurs. Ces métiers ne sont pas suffisamment mis en valeur. Pourtant, il faudra toujours de la main d'œuvre physique ! Les jeunes pensent qu'ils gagneront plus à se lancer dans l'informatique par exemple. Il faut absolument faire découvrir les métiers manuels aux jeunes d'aujourd'hui !
PR20/08/2012

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