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Interview : Chanteur

Franck alias Mouloud (43 ans)

Rencontre avec quelqu'un qui « alimente sa musique au plaisir », Franck alias Mouloud, auteur, compositeur et interprète du groupe nordiste Marcel et son Orchestre.

Franck, comment devient-on chanteur de Marcel et son orchestre ?

C'est le public qui fait l'histoire du groupe et c'est lui qui a décidé que j'allais être chanteur. On n'avait pas véritablement d'objectif quand on a créé le groupe, ça évite les déceptions. On a fait ça à la « va comme ça vient », l'idée maîtresse c'était de prendre du bon temps. Le chant ce n'est pas comme un sport, la performance ne suffit pas. On peut avoir une belle voix et ne jamais avoir de succès !
La personnalité est aussi très importante, on se déplace davantage pour voir quelqu'un qui a un univers qui lui est propre. Il faut aussi compter sur les bonnes rencontres, elles permettent de donner un coup de pouce à une carrière.

Parlez moi de la naissance du groupe ?

Avant ça on faisait des manifestations du type « lutte contre la suppression des moquettes murales ». Véritables fans des Monty Python, des Marx brothers, on avait envie de faire les cons, de s'amuser, de créer un désordre heureux, et on s'en est donné les moyens. On a commencé à structurer nos délires en chanson, à se produire sur scène et on a vu que ça faisait marrer les gens.

Avant Marcel et son Orchestre vous chantiez déjà ?

J'ai toujours chanté, j'étais animateur, et je chantais dans les camps de vacances, on faisait des soirées reprises durant les veillées. Plus jeune, j'ai également été membre d'un groupe punk « Décadence respectable »… mais on a dû faire trois répétitions.

Y a-t-il des avantages quand on est chanteur ?

Je pense que c'est en fonction du degré de notoriété, mais quand on appelle un groupe Marcel et son orchestre, nom le plus handicapant qui soit, que l'on prend le contre-pied de tout, que l'on se moque des clichés, on ne se fait pas que des amis.
Il y a des a priori sur notre groupe, que beaucoup cantonnent au groupe rigolo, mais les gens qui aiment notre musique sont particulièrement attentionnés.

Et des inconvénients ?

On avance masqué, on a donc l'avantage de ne pas être dérangé dans la rue. Mais les horaires ne sont pas évident, être constamment sur la route c'est fatiguant, on se couche tard, on se lève tôt.
L'autre inconvénient c'est qu'on est dans un secteur d'activité en pleine mutation, il est de plus en plus difficile de vivre de la musique, la musique est de plus en plus disponible, et les gens qui la font touchent de moins en moins.

Avez-vous éprouvé des difficultés particulières durant votre carrière ?

Non, car au début j'ai gardé mon boulot en parallèle. Quand j'ai arrêté pour me consacrer uniquement au groupe c'est que je gagnais suffisamment pour en vivre, après cela dépend aussi du niveau de gourmandise. Si la personne a besoin de 15 000 euros pour vivre, il ne faut pas qu'elle fasse chanteur ! Il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'un milieu très précaire.

Auriez-vous un conseil à donner à un apprenti chanteur ?

Il est essentiel de voir qui on est et ce que l'on veut faire, ne laissez pas les autres vous façonner au risque de vous perdre. Faites-vous également évaluer par un public inconnu.

Votre dernier album, Bon Chic Bon Genre, est sorti en avril 2009, pouvez-vous nous en dire plus sur votre actualité ?

On a terminé, en décembre, une tournée de plus de 80 dates à travers la France, là on redémarre les festivals et on commence à réfléchir, à écrire pour un prochain album ou un spectacle, les choses ne sont pas encore fixées.

Pour plus d'informations sur le groupe: My space Marcel et son orchestre etSite officiel

A.T

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