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Interview : Artiste de cirque Camille Barichasse

Artiste de cirque Camille Barichasse

Peux-tu nous expliquer ton parcours ? Quelle formation, quelles rencontres professionnelles ou personnelles t'ont amenée où tu en es ?

J'ai découvert et compris très tard ma vraie vocation. Au départ, j'étais en terminale L option théâtre. J'aime le théâtre mais cela ne me suffisait pas. Le cirque n'était qu'un loisir à l'époque et je me rendais à l'école de cirque Fratellini dans la région parisienne, une à deux fois par semaine, comme on peut se rendre à un club de sport quelconque à cet âge-là. Là-bas j'ai appris la voltige à cheval, à faire du trapèze, à tenir en équilibre sur un fil, la technique du rouleau américain, du jonglage…et bien d'autres chose encore. Puis, j'y suis allé plus souvent et j'ai fini par m'y rendre tous les jours. En parallèle, je me suis mise à donner des cours au cirque des Daltons toujours dans la région parisienne.Puis un jour, quelqu'un m'a dit que je pourrais me lancer dans le cirque si je le voulais et apprendre encore plus en intégrant une école. Aussi, j'ai tenté l'entrée dans une école près de Cannes. L'avantage de cette école est qu'elle accepte des jeunes sans formation s'ils sont motivés et qu'ils montrent de quoi ils sont capables. Comme je l'étais, j'ai été acceptée. Là-bas, j'ai fait une année de formation pluridisciplinaire avant de rentrer dans l'école de cirque de Lomme où j'ai repris ma formation. Il faut savoir qu'il y a trois matières en formation générale : la danse, le théâtre et l'acrobatie. C'est après qu'on choisit sa spécialisation. Moi j'avais choisi spécialité « équilibre sur les mains » puis c'est avec le temps que je me suis vraiment spécialisée dans la contorsion. Malheureusement, j'ai dû arrêter à cause d'une blessure au dos.

Et après ta blessure ?

A force de travail et de bons soins médicaux, j'ai récupéré mes capacités et j'ai pu continuer le spectacle. J'ai commencé à donner des cours pour « le cirque du bout du monde », puis je suis retournée à l'école de cirque de Lomme pour donner des cours d'éveil pour les moins de 6 ans. Cependant, je n'ai jamais arrêté ma propre activité, je continue à créer des numéros et à faire des spectacles.

Tu as donc suivi deux formations. En quoi t'ont-elles été utiles exactement ?

Dans ce genre de métier, il est important d'apprendre les bases pour ne pas faire n'importe quoi avec son corps. Mais elles m'ont surtout permis de choisir ce que je voulais vraiment faire. J'ai longtemps fait du théâtre et beaucoup de danse. Le cirque m'a permis de combiner tout ça. L'avantage d'être dans une école, c'est qu'on a tous les outils à disposition, j'ai pu choisir vraiment. Même si je ne suis qu'une débutante encore, j'ai trouvé ma voie. Maintenant à moi de travailler pour élaborer des projets autour de cette discipline.

En quoi consiste ton travail alors si tu n'as pas de statut fixe ?

Sur une semaine, mon programme peut beaucoup varier. Cependant, il y a des choses fixes comme les cours de cirque pour crèche qui représentent 5 heures, mes cours de danse qui représentent 4 heures. Ensuite, il y a de longues heures de préparations et d'entraînement pour pouvoir créer de nouveaux numéros. Puis, il faut compter avec le temps de « démarchage » pour trouver du travail. Dans le milieu ça n'est pas facile, il faut se vendre et tous les artistes vous le diront.

Quels sont selon toi les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Le gros avantage c'est que je fais ce qu'il me plaît, je n'ai pas vraiment l'impression de travailler. L'inconvénient majeur reste l'intermittence du travail. Un autre inconvénient aussi, est qu'il est dur de se canaliser dans ce milieu. Par exemple, je sais faire plein de choses différentes mais je suis moyenne en tout, alors que si je m'étais limitée à 2 ou 3 spécialités, je pourrais être meilleure. Cependant, cela ne m'empêche pas de trouver du travail.

Quels seraient tes conseils à un étudiant ou un jeune professionnel qui voudrait exercer ce métier ?

Au niveau du travail, le premier conseil est de faire une école, le but étant de se lancer à fond et d'essayer. On a rien à perdre à essayer. Il faut être motivé car cela à l'air facile mais ça ne l'est pas, cela demande des heures de travail. Paresseux s'abstenir.Au niveau professionnel, il ne faut pas hésiter à aller voir des spectacles et rencontrer les artistes après leur numéro. C'est comme ça que l'on fait des rencontres et que l'on peut se produire au fur et à mesure.

Quels sont tes projets d'avenir ?

Pour le moment, je donne des cours d'éveil au cirque pour des colonies de vacances. Dès septembre je compte entamer un travail de recherche plus poussé pour faire des représentations et trouver des contacts et pourquoi pas rentrer dans une compagnie. Je ne compte pas du tout intégrer un cirque, j'aimerais travailler avec une compagnie de spectacles ou d'art de rue, comme par exemple une compagnie de Hip Hop où je pourrais mêler plusieurs disciplines. En ce qui concerne mon actualité, concrètement, le 28 octobre prochain pour Halloween, je participe à un spectacle / exposition à Bois-Blanc. Je ferai un numéro de danse et de souplesse. Il y aura d'autres artistes de cirques mais également une photographe, une costumière, un clown très atypique, une équilibriste… et bien d'autres. Nous sommes beaucoup à avoir ce statut peu envié d'intermittents du « travail ». Mais on ne peut pas aller contre une passion… Dernièrement, j'ai été contacté pour faire une pub où ils avaient besoin d'une contorsionniste, ou encore par l'opéra de Lille qui en recherche également pour faire de la figuration. Un de mes anciens professeurs de théâtre m'a également contactée pour que l'on monte ensemble un projet alliant nos deux disciplines. Beaucoup de projets sont réalisables, ça n'est pas si fermé que l'on pourrait croire, il faut se bouger.
JxS25/07/06

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