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Dossier : Les addictions en milieu professionnel

Les addictions en milieu professionnel

Les addictions en milieu professionnel peuvent avoir de nombreuses conséquences. De l'absentéisme à l'accident du travail, en passant par la baisse de productivité ou le comportement agressif. Tous les secteurs sont concernés et la sanction encourue par le salarié peut aller jusqu'au licenciement pour faute grave. Quelles sont ces addictions ? Comment les reconnaître et comment réagir au sein de l'entreprise ?


Il existe plusieurs types de dépendances. Les premières, sont liées à la consommation de substances dites « psychoactives ». Certaines sont autorisées, comme l'alcool, le tabac, le café, et les médicaments, d'autres sont illégales, comme le cannabis, la cocaïne et drogues diverses. Les autres dépendances, ne sont pas liées à une substance en particulier. On parle alors de comportements addictifs. On trouve parmi ceux-ci, l'addiction au travail et les techno-dépendances. Elles englobent les addictions au téléphone portable, à Internet ou aux jeux-vidéo. Dans le Baromètre Santé 2010 de l'INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé) on relevait déjà que 16% des actifs déclaraient consommer de l'alcool sur leur lieu de travail, en dehors des repas et des pots organisés entre collègues et 7,9% consommaient du cannabis. Toujours selon l'INPES, 20 à 30% des accidents du travail sont liés à des addictions, dont 40 à 45% sont des accidents mortels.

Comment reconnaître une addiction ? On distingue également plusieurs degrés d'implication. L'usage simple caractérise une consommation occasionnelle. Dans une situation d'abus, la santé mais également l'équilibre social de l'individu sont touchés. Enfin, dans l'addiction, c'est l'incapacité de l'individu à se déprendre lui-même de sa dépendance qui est déterminante.

Toutes ces dépendances peuvent trouver leurs racines dans le cercle de la vie privée, mais sont aussi susceptibles d'augmenter avec des problèmes liés à la vie professionnelle : stress, impératifs de performance, conditions de travail... L'univers compétitif de notre société donne lieu à une insécurité difficile à gérer lorsque l'on est actif. Que l'on soit salarié, indépendant ou chef d'entreprise, cet environnement exigeant peut se révéler être un facteur très anxiogène. L'individu peut alors être pris dans un cercle vicieux. Répondant en premier lieu à un sentiment d'isolement, d'incompréhension, d'anxiété, l'addiction va ensuite alimenter ce même sentiment au lieu de le combler. Bien que la prise en charge dans le cercle familial est en général prépondérante, il est également important d'agir au sein de l'entreprise. Cependant, n'importe quel employeur ne peut pas mettre en place de tests de dépistages. Ils concernent avant-tout les addictions aux substances psychoactives et cela n'est possible que dans les postes qui touchent à la sûreté ou à la sécurité des personnes. C'est le cas par exemple dans les entreprises de transport public, comme la SNCF, la RATP ou les compagnies aériennes. Il faut donc recourir à d'autres moyens pour aider les personnes en situation de dépendance à une substance ou à un comportement.

La prévention reste un moyen efficace. Pour la mettre en œuvre, il est recommandé de recourir à des démarches de prévention collective. En effet, en impliquant à la fois les encadrants, les représentants du personnel et les salariés, vous mettez l'accent sur le fait que tout le monde est concerné. Il convient de bien informer vos équipes sur les risques pour la santé et la sécurité que représentent les addictions en milieu professionnel. Informez-les également sur la législation en vigueur, par le code du travail, le code pénal, sans oublier le règlement intérieur de votre entreprise. Le tout, sans adopter de posture répressive ou en mettant en avant le risque de sanctions : garder une démarche avenante en privilégiant le dialogue saura être un atout non négligeable dans la gestion de cette prévention. Rassurez et invitez vos interlocuteurs à faire appel aux services de santé au travail. Médecins et psychologues donneront un avis médical, conseilleront et orienteront le salarié, sous couvert du secret professionnel. L'absence de jugement, l'accompagnement et la volonté sont les premiers pas vers une sortie efficace de la dépendance.