Vous recherchez...

Dossier : Le congé solidaire

Le congé solidaire

Le congé solidaire

Nombreux sont ceux qui nourrissent l'espoir de s'engager dans une mission humanitaire. Quoi de plus noble en effet que de donner de soi pour aider les autres ? Encore faut-il pouvoir être libre de son temps, ce qui est difficile lorsque l'on travaille… à moins de connaître le congé solidaire.

Le goût de l'engagement

Médecins, architectes, ingénieurs : évidemment, ces professionnels sont d'une aide précieuse lors des missions humanitaires. Ce serait cependant une erreur de croire qu'ils sont les seuls à pouvoir s'engager. Chaque salarié, quel que soit son métier, dispose de compétences propres qui peuvent être utiles à un projet humanitaire.

Alors si vous avez toujours souhaité vous mettre au service d'une cause mais que votre choix de carrière s'est porté vers un autre domaine, rien n'est perdu pour autant. Grâce au congé solidaire (ou congé de solidarité internationale), vous pouvez faire profiter une association, et donc l'ensemble d'un projet humanitaire, de votre savoir-faire.
Ce dispositif permet de partir en mission pour une durée de deux semaines à six mois, avec l'accord de votre entreprise. S'agissant d'un accord avec votre employeur, vous avez la garantie de retrouver votre poste, ou équivalent, sans variation de salaire.

Les missions proposées s'organisent généralement autour de quatre grands axes : la formation d'adultes, l'animation d'ateliers, l'aide à la création de microstructures et le soutien d'associations de migrants. Les volontaires choisissent le domaine qui correspond le mieux à leurs envies et à leurs compétences.
Pour ce qui est de la destination, le dispositif prévoit essentiellement des départs pour l'Afrique ou le Moyen Orient, mais le programme est amené à se développer dans d'autres pays, notamment sur le continent asiatique.

Partir ? Oui, mais comment ?

Pour bénéficier d'un congé solidaire, il vous faut justifier d'une ancienneté d'au moins douze mois, consécutifs ou non, au sein de votre entreprise.
Avant d'entamer les démarches formelles, la première étape est de trouver une mission qui vous intéresse. C'est uniquement lorsque vous aurez clairement défini ce point que vous pourrez solliciter votre entreprise. A vous, donc, de vous renseigner sur les associations et les différentes missions qu'elles proposent. L'arrêté du 16 juillet 1996 a fixé une liste de 141 associations avec lesquelles il est possible de partir.

Dès lors que vous aurez défini les détails de la mission (lieu, durée, objectifs) vous pourrez prendre contact avec votre employeur. Au minimum un mois avant la date du départ, envoyez-lui un courrier par recommandé avec accusé de réception. Libre à lui, ensuite, de vous accorder ou non ce congé. Une absence de réponse dans un délai de quinze jours vaut pour accord. En cas de réponse positive, une convention devra être signée entre les trois parties : le salarié, l'employeur et l'association.

Du point de vue du financement, il faut compter entre 2 500 et 3 000 € pour une mission de deux semaines, voyage compris. Votre projet peut être financé par différents biais, notamment par le comité d'entreprise. Cependant, il reste assez rare de trouver un financement couvrant la totalité des frais. Vous devrez parfois mettre de votre poche pour aller au bout de votre ambition.

Une expérience enrichissante

Le congé de solidarité internationale permet donc d'aider les autres tout en préservant son emploi. Mieux encore, même si la période de mission n'est pas rémunérée par l'entreprise, elle intervient dans le calcul de l'ancienneté. De plus, sauf accord préalable entre le salarié et l'employeur, le congé solidaire n'est pas décompté des congés payés.

Puisqu'il s'agit de permettre à tous, même aux non spécialistes de l'humanitaire, de pouvoir partir, une formation de quelques jours est généralement prévue. Elle consiste en une mise au point sur l'engagement humanitaire de manière générale mais également sur la mission en particulier.

Le dispositif est construit sur la base d'un triple bénéfice. Le salarié vit une expérience enrichissante sur le plan humain tout en faisant profiter l'ensemble d'une mission humanitaire de ses compétences. De son côté, l'entreprise profite également du dispositif, en terme d'image citoyenne.

M.I.