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Dossier : Demander une augmentation

Demander une augmentation

Demander une augmentation

Négocier son augmentation peut paraître délicat. La démarche est redoutée, parfois même abandonnée par peur du refus ou du conflit. Mais, si elle est justifiée, pourquoi ne pas tenter le coup ? Le seul risque que vous encourrez est qu'elle ne vous soit pas accordée…

Avant toute chose

Même si certains salariés estiment pouvoir demander une augmentation au bout de 6 mois passés dans leur entreprise, il est préférable d'attendre au moins un an d'ancienneté. Cela vous donne le temps de faire vos armes, de bien vous intégrer dans la société et de prouver votre compétence par des réalisations concrètes.

La plupart des augmentations sont demandées en fin d'année scolaire ou civile. Mais ce n'est pas parce que vos collègues agissent de cette manière qu'il faut que vous les imitiez aveuglément. Au contraire, ces périodes de fin d'année, situées juste avant les vacances, sont plutôt défavorables à la négociation. De plus, votre requête risque d'être noyée dans la masse de demandes reçues par votre supérieur. Contrairement aux idées reçues, le mois de septembre est un mois idéal pour tenter sa chance. Sachez également que de nombreuses entreprises organisent chaque année des entretiens individuels entre les salariés et leurs supérieurs. C'est souvent une bonne occasion pour négocier.

Avant d'entamer toute démarche, vous devez vous assurer que vous méritez bien l'augmentation en question. Posez-vous la question de savoir si oui ou non le travail que vous fournissez devrait impliquer une réévaluation de votre salaire à la hausse. Il s'agit de faire le bilan de vos compétences, de votre investissement personnel dans l'entreprise et de vos contributions. Les points à analyser concernent l'apport de votre travail au niveau de l'augmentation des gains de l'entreprise et de la diminution des coûts et des erreurs. N'hésitez pas à noter les chiffres exacts, si vous y avez accès, afin de pouvoir les présenter comme preuves du bien-fondé de votre requête.

Bien se préparer

Une fois cette opération effectuée, il faut vous préparer psychologiquement. Pour convaincre votre interlocuteur, il est impératif que vous soyez convaincu vous-même de la légitimité de votre démarche. Vous pouvez, pour vous aider, solliciter l'avis de l'un de vos collègues ou supérieurs en qui vous avez confiance. Demandez-lui, par exemple, de vous énumérer la liste de vos points forts. Cette étape peut jouer un rôle rassurant et contribuer à développer davantage votre confiance en vous.

Enfin, demandez-vous ce que vous attendez concrètement de cet entretien. Vous ne pouvez pas arriver devant votre supérieur en lui disant « j'exige d'être augmenté de tel montant mensuel », mais vous devez tout de même pouvoir donner une fourchette. Sachez qu'en règle générale, un salarié peut espérer entre 5% et 15% d'augmentation de son salaire fixe, si sa demande est justifiée bien évidemment. Malgré tout, vous devez garder en tête qu'il existe d'autres avantages qui peuvent s'avérer une bonne alternative en cas de refus.

« Affronter » son supérieur

Contrairement à la manière dont vous pourriez l'envisager, il ne s'agit pas d'un affrontement mais d'une négociation. Vous allez vous entretenir avec votre supérieur pour essayer de le convaincre d'accéder à votre demande, mais tout cela ne doit pas se faire dans un rapport de force. C'est par le biais d'un échange, d'une discussion que vous allez pouvoir argumenter en votre faveur. Donnez-vous pour mot d'ordre « calme et diplomatie ».

Le sourire est également de rigueur. Il révèle votre motivation et votre envie de travailler et permet dès le début de l'entretien d'instaurer un climat de confiance, pacifique et cordial. N'oubliez pas que vous venez vous vendre et qu'une mine renfrognée ne sera pas du plus bel effet.

Mais une attitude calme et avenante n'est pas forcément synonyme de passivité et de soumission. Vous devez vous faire entendre. Restez ferme dans vos propos, dans la mesure du raisonnable, en évitant d'afficher une assurance qui pourrait paraître trop effrontée, voire agressive.

Une fois la conversation engagée, vous devez présenter vos réalisations de façon à ce qu'elles justifient votre demande. L'idéal est de s'adapter à la personne qui est en face de vous en cherchant à articuler vos arguments en fonction de ses critères d'évaluation et de sa conception du travail. Mettez en avant les bénéfices que vous avez apportés à l'entreprise, ainsi que les sacrifices que vous avez faits pour mener à bien votre travail. Attention, toutefois, à ne pas tomber dans le pathos en utilisant un discours plaintif ou en criant à l'injustice.

En cas de refus

Un refus n'est pas obligatoirement une remise en cause de vos compétences. Certaines entreprises utilisent le principe d'une somme générale pré-établie, qu'elles répartissent entre les augmentations accordées aux employés. Il suffit que le budget ait déjà été distribué et votre supérieur sera contraint de vous refuser l'augmentation. De plus, n'oubliez pas qu'il est tout à fait possible que votre entreprise n'ait tout simplement pas les moyens financiers nécessaires pour accéder à votre requête.

Dans ces conditions, vous pouvez tout à fait demander d'autres compensations. Tickets restaurant, avantages sociaux, congés supplémentaires ou encore aides au logement, les alternatives sont nombreuses. Vous avez également la possibilité de demander davantage de responsabilités afin d'améliorer vos compétences. Cela vous permettra d'augmenter votre valeur sur le marché du travail et donc de prétendre plus facilement à une future augmentation.

Enfin, en cas de refus catégorique à toutes vos propositions, ne faites pas l'erreur de tomber dans le chantage ou la comparaison avec d'autres employés de votre entreprise. Vous perdriez en crédibilité et risqueriez de dégrader la relation que vous entretenez avec votre supérieur.

R. J.