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Dossier : Les métiers du crime

Les métiers du crime

Les séries policières, coupables de mensonges ?

De celui qui recueille les indices sur la scène de crime à celui qui les analyse au laboratoire, un large éventail de possibles s'ouvre à vous si vous souhaitez vous orienter vers les métiers du crime. Il faut dire, en effet, que de plus en plus de professions sont amenées à intervenir dans le suivi et la résolution d'affaires criminelles : médecin légiste, technicien de la police scientifique, expert en balistique ou encore scénariste de série policière.Popularisés par la diffusion massive de séries télévisées, ces métiers connaissent actuellement un véritable engouement. Le crime n'a peut-être jamais été autant banalisé et esthétisé qu'aujourd'hui, pour le rendre montrable mais surtout supportable aux yeux de spectateurs qui en redemandent sans cesse. Pourtant, la réalité est bien différente de ce que nous en montre le petit écran.

Loin de l'image véhiculée par une série américaine telle que Monk, les détectives privés français ne sont absolument pas concernés par les affaires criminelles. En effet, ils travaillent essentiellement pour le compte de clients qui les engagent afin d'obtenir des renseignements d'ordre privé, commercial ou industriel. D'ailleurs, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire appel à ces agents privés, notamment pour repérer les fraudes ou lutter contre l'espionnage industriel.

Vous rêviez d'être le futur Patrick Jane (Le Mentaliste) ou la future Samantha Waters (Profiler)? Vous vouliez donc être profiler ? Certes, mais ce métier n'existe pas en France… Rassurez-vous, une formation équivalente est proposée depuis 2009 par la Direction des Sciences Comportementales (DSC) de la Gendarmerie Nationale. Néanmoins, les places sont extrêmement rares puisque la Gendarmerie Nationale ne compte que 4 binômes d'analystes comportementaux dans ses effectifs.

De même, les Experts vous induisent constamment en erreur. Contrairement à ce que vous voyez plusieurs soirs par semaine à la télévision, l'expert n'est pas un officier de police judiciaire. Dès lors, il ne participe pas à l'enquête, ne mène aucun interrogatoire et n'a pas d'arme de service. En revanche, la grande quantité de travail administratif qu'il est amené à effectuer n'est jamais mentionnée…

La France est le seul pays où la médecine légale n'est pas intégrée aux forces de police. Contrairement à ce que l'on peut voir dans Bones, le médecin légiste est donc un expert indépendant. De la même manière, les confusions autour de ce métier sont nombreuses et la majorité des spectateurs ne se doutent pas qu'une large partie du travail concerne les vivants. En effet, le légiste est aussi sollicité pour examiner les victimes d'agression pour rassembler des preuves.

Vous pensiez être incollables sur le quotidien d'un technicien de la police scientifique après avoir regardé R.I.S. Police Scientifique ? Pour commencer, sachez que les techniciens ne peuvent pas participer à l'enquête : ils se contentent de recueillir des preuves scientifiques et objectives. D'ailleurs, ils sont en permanence couverts des pieds à la tête pour préserver les indices et non pas en tenue civile. Enfin, les résultats sont très longs à obtenir, même pour une simple empreinte digitale, dans la mesure où il n'y a, en tout et pour tout, que cinq laboratoires de police scientifique en France.

Procédure, hiérarchie, chronologie de l'enquête, les séries piétinent les principes les plus basiques du quotidien de la police. Même si elles ont force de loi aux yeux des spectateurs, il faut malheureusement admettre que toutes les affaires de la vie réelle ne peuvent pas être résolues au terme de l'épisode.