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Dossier : Les métiers du cinéma

Les métiers du cinéma

Moteur ! Action !

Quand on va se faire une toile, que la lumière s'éteint et que le projecteur se met en marche, on est loin d'imaginer le déploiement de moyens qu'implique un tournage. Véritable travail d'équipe d'un bout à l'autre de la chaîne, le cinéma est un art, mais c'est aussi une industrie.

Avant la pellicule

La genèse d'un film, qu'il soit long ou court, est un travail de longue haleine. Plusieurs années de préparation sont nécessaires avant d'espérer voir le moindre extrait de bande-annonce. Chaque nouveau film est un projet sur lequel une multitude de professionnels va s'investir.

Au commencement, était le verbe. L'œuvre cinématographique passe donc d'abord par le stade de l'écriture. Le scénariste est à l'origine de tout nouveau projet, qu'il s'agisse d'une commande ou d'une envie personnelle. Il écrit ce qui servira de base au futur tournage. Son rôle est très important puisque c'est souvent sur la base du scénario que les financements seront trouvés.
Si le cinéma est un travail d'équipe, le scénariste, lui, fait figure d'exception. Il travaille seul, et n'intervient que rarement lors du tournage. Cependant, les rôles de scénariste et de réalisateur tendent aujourd'hui à n'appartenir qu'à une seule et même personne. Rares sont les réalisateurs qui veulent tourner l'idée d'un autre. Ce qui rend d'autant plus précaire la situation des scénaristes.

Le réalisateur est le chef d'orchestre du film. C'est lui qui va superviser l'ensemble du travail technique, budgétaire et – bien sûr – artistique. Pour une poignée de réalisateurs renommés, une grande partie ne peut vivre de son art. Pourtant, certains parviennent à décrocher des contrats de la part de chaînes de télévision, ce qui leur permet de profiter de leur savoir-faire pour subvenir à leurs besoins.

Silence, on tourne !

Lorsque l'on regarde un film, on imagine difficilement le nombre de techniciens nécessaires au bon déroulement d'un tournage. La lumière, le son, la continuité, les prises de vue… chacun de ces aspects est du ressort d'un corps de métiers bien précis.Ainsi le chef opérateur est, d'une certaine manière, le technicien en chef. Il accorde une attention toute particulière à la lumière et aux prises de vue ; en accord avec le réalisateur, il met en place l'atmosphère générale du film.
Il faut également compter avec les preneurs de son, les cadreurs ou les éclairagistes qui sont autant de spécialistes indispensables.

La scripte, elle (car il s'agit le plus souvent d'une femme), est la garante de la cohérence. Elle doit s'assurer de tout voir et de tout consigner : préciser les prises de vue choisies, noter le moindre détail, être sensible aux raccords. Il en va du bon déroulement des étapes qui suivent, en particulier le montage.

Tous ces métiers techniques s'apprennent le plus souvent dans des écoles spécialisées (Louis Lumière, ENSMIS…). Cependant, l'expérience reste primordiale et, pour acquérir de la pratique, les techniciens doivent miser sur des participations – souvent non rémunérées – à des projets de courts métrages.

Enfin, il faut également penser à ceux qui sont dans la lumière. A l'écran, les comédiens deviennent la partie visible de l'iceberg. Leur rôle est donc capital et l'on a trop souvent tendance à oublier qu'il s'agit d'un métier qui, comme tous les métiers, relève d'une technique, s'apprend et se perfectionne. Souvent, les acteurs passent par des écoles d'art dramatique ou des cours du soir. Pour les autodidactes, il faudra s'armer d'une bonne dose de volonté et savoir saisir sa chance pour décrocher les rôles qui leur permettront de faire leurs armes.

Phases finales

« C'est dans la boîte ! ». Tout n'est pourtant pas terminé au moment du clap final. Vient ensuite le moment de la postproduction. C'est durant cette phase que le film prend sa forme finale. Monteurs, doubleurs, étalonneurs et techniciens d'effets spéciaux vont finaliser l'œuvre. Le réalisateur, pour s'assurer du respect de ses choix d'auteur, assiste souvent à chacune de ces phases.

Enfin, il s'agira de commercialiser et de diffuser le film. Le distributeur doit établir une stratégie afin de faire connaître le film, cela passe par les affiches, les bandes-annonces et le plan de communication global. C'est également lui qui va, comme son nom l'indique, distribuer les copies aux salles de cinéma et organiser des projections de presse. Il s'agit d'un métier méconnu et pourtant crucial car la carrière du film dépend en partie du travail du distributeur.

Enfin, en bout de chaîne, on retrouve les exploitants. Dans les salles d'arts et d'essai ou indépendantes, ils peuvent, en plus de la gestion et de la direction du lieu, participer à la programmation. Avec la concurrence des multiplexes, mais à cause de l'esprit « libre service »qui s'est développé avec les DVD, les home-cinémas et la VOD, cette profession a de plus en plus de mal à faire face à la crise.


M.I.