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Interview : Animateur socio culturel

Animateur socio culturel

Julien Verschilde (26 ans)

Société: Association Les Rencontres Audiovisuelles

Quel a été votre parcours jusqu'à aujourd'hui ?

Il n'est vraiment pas classique ! Après un bac S, j'ai tenté la médiation culturelle à Lille 3 mais j'ai vite arrêté. J'ai ensuite fait des petits boulots, et je suis entré dans une école de communication. Durant mes études, j'ai fait plusieurs stages dans l'événementiel, notamment pour le festival FIGRA au Touquet et, lors de ma dernière année, je suis entré aux Rencontres Audiovisuelles comme stagiaire. A la fin de ce stage, j'ai continué à travailler dans l'association en tant que bénévole, puis j'ai été embauché en CAE de juin 2006 à décembre 2007. Depuis, le début de cette année, je suis passé au statut de volontaire associatif.

Concrètement, en quoi consiste votre travail ?

En pratique, je m'occupe des ateliers. Ce sont des ateliers d'initiation à l'image destinés aux novices. Ma mission, c'est de leur montrer ce qu'est le cinéma, notamment celui d'animation. Pour cela, je vais dans différentes structures : bibliothèques, centres sociaux ou encore maisons de retraites. Les ateliers, en général, durent une douzaine d'heures. Il y a une partie théorique et une partie pratique. Je propose ce que je sais faire : du cinéma d'animation, des romans photos, des JT. Je choisis ce que je fais de l'atelier. C'est aussi à moi de les mettre en place d'un point de vue administratif ou budgétaire.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Il faut aimer et connaître ce que l'on transmet. Ca ne veut pas forcément dire qu'il faut tout connaître sur le bout des doigts. Pour ma part, mes connaissances ne sont pas exhaustives. Mais, je pense que c'est justement ce qui fait que mes interventions restent abordables pour un large public. Ca ne sert à rien d'arriver en se disant « Je vais tout leur apprendre », l'important c'est d'avoir envie de transmettre sa passion.Plus généralement, pour travailler dans une association, je pense qu'il faut être conscient dès le départ que c'est un travail qui va prendre beaucoup de notre temps. Pendant les événements, on peut facilement arriver à des semaines de soixante heures. Mais il y a aussi des moments plus creux, où on ne travaillera qu'une dizaine d'heures. Ce n'est pas un travail réglé au millimètre, c'est très fluctuant.

Travailler dans une association, c'était un vrai choix ?

Absolument ! Je suis sorti de ma formation en me disant que le milieu de l'entreprise n'était pas fait pour moi, notamment au niveau du relationnel. Il fallait que je trouve autre chose. Dans une association, le côté collectif est beaucoup plus fort. Même si chacun a ses tâches propres, tout le monde travaille ensemble. On s'aide les uns les autres. D'ailleurs, là, comme je m'occupe principalement des ateliers, je travaille moins sur les événements et ce travail de groupe, cette effervescence, me manque un peu.

Le milieu associatif doit bien comporter quelques inconvénients…

Le côté collectif, justement, peut aussi être un piège. L'implication est tellement forte que si quelque chose ne va pas dans le travail, ça influe forcément sur nos vies personnelles. C'est parfois difficile de faire la part des choses. De la même manière, si on veut chercher un autre travail, on a souvent des scrupules parce qu'on sait que l'on va laisser des gens avec qui on a des liens fort. On ne peut pas dissocier le facteur humain du travail associatif.En plus de cela, l'implication est de loin supérieure à ce que le statut reconnaît, notamment au niveau du salaire. D'autant plus que l'association pour laquelle je travaille a pour volonté de se développer. Pour le faire correctement, ça passe par ce genre de sacrifices. Mais j'en étais pleinement conscient dès le départ… et quand on y reste, c'est que la passion est supérieure aux problèmes financiers.

Pour finir, que diriez-vous à quelqu'un qui voudrait travailler dans le milieu associatif ?

Je dirais qu'il faut savoir s'investir, donner de son temps personnel. Il faut aussi avoir une véritable envie de partager, tout en acceptant certains sacrifices. L'important quand on s'investit dans une association, c'est de pouvoir faire passer sa passion avant le côté matériel.
M.I.10.03.2008

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