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Interview : Producteur maraîcher

Producteur maraîcher

Depuis combien de temps travaillez-vous à la Ferme du Sart ?

Depuis 2004, lorsque le projet, initié par Matthieu Lerclerc, de créer cette ferme et le magasin de vente directe, s'est mis en place..

Quelles ont été vos études ?

J'ai fait un BTS culture légumière à Genêt et un autre BTS plus technique spécialisé en culture sous abri à Perpignan.

Quel a été votre parcours professionnel avant d'arriver à la ferme ?

En 1984, j'ai rejoint ma femme qui avait ouvert un commerce de fleurs. J'y ai travaillé pendant 8 ans, jusqu'en 91, mais la fleuristerie est quelque chose de très prenant et nos enfants étaient encore petits. Je suis donc rentré au lycée horticole de Lomme en tant qu'enseignant en production légumière et responsable de la production légumière du lycée. J'ai fait cela pendant 13 ans. Cette activité m'a permis de faire ce dont je me sens proche, à savoir la culture de légumes. Je devais m'occuper de la vente des légumes produits. On travaillait pour deux grossistes : l'hôpital St Philibert et Notre serre de vente, qui vend aux particuliers. On faisait pousser beaucoup d'espèces afin que les jeunes apprennent et s'entraînent. On pratiquait la culture en sol et hors sol. Dans ce dernier cas, la plante est nourrie un peu comme un patient malade. On évite les pesticides et on économise de l'eau. Au final rien ne va à la nappe ce qui est moins polluant.

Comment en êtes-vous venu à travailler ici à la ferme du Sart ?

En 2004 j'ai voulu faire autre chose et Matthieu Leclercq directeur du projet de la ferme du Sart avait entendu parler de moi par des producteurs de la région. Il m'a donc contacté car il avait besoin de quelqu'un pour du consulting, savoir ce qu'il faudrait comme matériel sur l'exploitation. Ensuite, il m'a proposé un CDD d'un an et demi pour mettre les exploitations en route, une fois mes missions accomplies, j'ai repris le terrain en comoda (le terrain est fourni gratuitement pendant 4 ans au producteur qui vend ses productions à la ferme).

Combien de personnes travaillent ici ?

Nous sommes deux. Mon collègue travaille sur des cultures mécanisées, il fait pousser des choux, des courgettes. Moi je suis spécialisé dans les carottes, ails, cottes de bette, pommes de terre primeurs.

Comment le modèle économique de la ferme du Sart fonctionne-t-il ?

La ferme vend des produits qu'elle achète aux producteurs locaux, dans la banlieue de Lille. Sinon elle travaille avec des grossistes pour des produits qui ne peuvent pas être produits dans le Nord. Mais les grossistes travaillent aussi avec des producteurs régionaux. En tous cas, on signale en magasin la provenance des produits et le nom de l'exploitant.

Pas de produits bio ici ?

Nous ne produisons pas de bio mais nous n'utilisons presque aucun traitement. Nous sommes dans la culture raisonnée. J'essaie de trouver un maximum de solutions naturelles pour faire face aux pucerons, mauvaises herbes, etc. On utilise de l'engrais bio mais c'est l'utilisation de nitrate qui nous différencie des producteurs bio. Même s'il est homologué, il reste chimique. Pour faire du bio, il faut aussi que les sols n'aient pas été traités pendant au moins 5 ans.

Que pensez-vous de la vente directe ?

Ce que j'aime dans ce système, c'est qu'il me permet de rencontrer directement ma clientèle, de connaître ce qu'ils pensent de mes produits, ce qui plaît ou n'a pas plu. Ici, il y a également un système qui permet au client de donner une note au produit lorsqu'il utilise sa carte bancaire ce qui est vraiment différent des autres boutiques.

Combien gagnez-vous ?

Le producteur qui travaille sur la ferme du Sarts travaille comme vitrine. Il est donc mieux payé pour ses produits que les producteurs locaux qui amènent leur marchandise. Mais c'est aussi plus contraignant car on ne vit pas sur place. Ce que je gagne dépend des frais de production. Il y a eu la phase de montage l'année dernière. La construction des abris, et l'irrigation a nécessité un investissement de 60 000 euros.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre profession ?

Mon cas n'est pas typique de par le fait que je ne vis pas sur place. Sinon, l'un des inconvénients du comoda c'est qu'il dure 4 ans. Il y a donc une pression plus grande pour réussir. Mais si j'avais décidé de monter mon exploitation tout seul en achetant des terrains, il m'aurait fallu bien plus de temps pour commencer à faire du profit. Pour ce qui est des avantages, il y a le fait que je décide de la gestion des cultures, de ce que je vais faire pousser.
VB08/05/09

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