Vous recherchez...

Interview : Acousticien

Acousticien

Jane Méry de Montigny (51 ans)

Avant d'être coach, Jane Mery de Montigny a d'abord travaillé dans des cabinets de ressources humaines et dans l'action sociale. Aujourd'hui encore, elle multiplie les casquettes : intervenante à l'ESC et à l'IEP de Lille, coach pour particuliers et en entreprises, elle a également créé sa propre école de coaching systémique. Malgré un emploi du temps chargé, elle a réussi à nous faire une place dans son agenda pour nous parler de son activité.

Comment définiriez-vous le métier de coach ?

Tout d'abord, le coaching n'est pas un métier en lui-même. Il fait partie d'un métier. Généralement, un coach exerce d'autres activités autour de l'accompagnement : formateur, consultant, enseignant… Seuls les plus réputés peuvent prétendre exercer à 100 % mais ils sont peu nombreux. Quoi qu'il en soit, pratiquer le coaching, c'est accompagner des personnes par rapport à une problématique qu'ils rencontrent au niveau de leur vie personnelle, professionnelle ou en fonction d'un projet précis.

Existe-t-il des formations pour devenir coach ?

Les écoles de coaching se développent beaucoup. Ce qui est sûr, c'est que l'on ne devient pas coach à trente ans. Il faut avoir une certaine maturité, une expérience de vie. Généralement, on a derrière soi une longue expérience de l'entreprise. Les formations permettent d'intégrer la posture de coach et de maîtriser les différents outils. Même quand on exerce déjà, il faut continuer à se former. Cependant, dans les écoles, il n'y a pas que des coachs ou des futurs coachs. Nombreux sont ceux qui cherchent à compléter leur panel de compétences. Les techniques de coaching peuvent être un plus dans le management, l'enseignement ou même le social.

Concrètement, comment travaillez-vous ?

Lorsque j'interviens en entreprise, celles-ci m'appellent, mais le choix final ne leur appartient pas. Pas plus qu'à moi d'ailleurs. Après avoir rencontré plusieurs coachs, ce sont les futurs coachés qui choisissent la personne qui va les accompagner. On explore ensuite la demande et on définit les objectifs, c'est l'une des étapes les plus délicates. Ensuite seulement commencent les séances de coaching. Ce n'est pas une prestation de conseil, on aide la personne à trouver elle-même les ressources par rapport à la situation. Quand quelqu'un me demande « Que feriez-vous à ma place ? » je lui réponds « et vous ? ». Nous ne sommes pas là pour donner notre avis ou juger, mais pour mettre la personne en contact avec ses propres ressources et solutions. Le coaching n'est pas non plus une thérapie. La thérapie intervient sur un mal-être, quelque chose de beaucoup plus profond.

Et au niveau de la durée ?

Cela dépend vraiment de la demande. Plus elle est précise, plus le coaching est court. En général, je propose des suivis sur un à six mois maximum. Mais tous les coachs ne fonctionnent pas sur ce modèle.

Quelles sont les exigences de la profession ?

Avoir fait un travail sur soi est un pré-requis. Même si le coaching n'est pas une thérapie, il est souvent nécessaire que le coach en ait suivi une. Ce n'est pas une exigence mais cela fait partie de notre éthique. Il est également important d'avoir un regard extérieur sur notre pratique. Se faire superviser est donc indispensable. On choisit d'être supervisé par différents praticiens de l'accompagnement. Cela permet d'avoir un œil neuf. Cette démarche de supervision est d'autant plus importante que nous travaillons sur l'humain, pas sur un produit. Être accrédité par une association de coaching, comme la SF coach, nous permet aussi d'offrir des garanties de professionnalisme à nos clients.Dans la pratique, la posture est essentielle. On peut apprendre toutes les techniques possibles, si l'on n'intègre pas la posture adaptée, on ne peut pas être dans une démarche de coaching. Le respect, le non-jugement et ne pas vouloir faire le chemin à la place du client sont les fondamentaux.

Enfin, en tant que professionnelle, quels conseils pourriez-vous donner aux personnes en recherche d'emploi ?

Avant tout, de bien se connaître. Une bonne connaissance de soi en terme d'atouts et de limites, ce que l'on appelle estime de soi, est primordiale. Nous sommes dans une société de consommation presque exclusivement tournée vers l'extérieur. On se retrouve alors en face de jeunes qui ne se sont pas explorés, pas testés. Connaître son fonctionnement et son potentiel est important à la fois pour avoir un discours percutant face aux recruteurs, mais être en adéquation avec son projet professionnel. Avoir un projet de métier, c'est important, mais il faut l'intégrer dans un projet de vie plus global. Partir de soi est un ancrage fondamental, sans pour autant verser dans le narcissisme.
M.I28.01.08

Voir aussi