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Interview : Tatoueur

Tatoueur

Patrick Riou 38 ans Tatoueur

Quel est votre parcours ?

J'ai arrêté l'école en quatrième, je n'ai donc pas fais de troisième générale au collège. Je me suis spécialisé dans le dessin en perspective et histoire de l'art. Ensuite j'ai travaillé dans une agence de publicité notamment en packaging. Je suis parti en Inde où je me suis initié à la sculpture sur pierre. J'ai par la suite travaillé dans la décoration intérieure et dans le milieu de la bande dessinée. Ensuite j'ai travaillé au club Med et j'ai aussi fais de la sérigraphie sur des tee shirts.

Quelle est votre formation ?

Je suis allé en Espagne suivre une formation théorique de 15 jours puis j'y suis resté pendant six mois. J'ai appris à tatouer sur des peaux de porcs et effectué un stage de trois jours dans un hôpital afin d'acquérir des connaissances en dermatologie. Ensuite j'ai fait quatre tatouages gratuits sur des volontaires défavorisés puis j'ai exercé le métier de tatoueur dans le sud de la France. Ensuite je suis arrivé à Lille dans cette boutique.

Quelles sont les qualités nécessaires à l'exercice de la profession ?

Il faut être calme, habile manuellement, rigoureux et donc ne jamais banalisé le travail. Le tatoueur doit évidemment être hygiénique et savoir rassurer les clients. Je dois aussi prendre du recul par rapport à la douleur (toute relative) des clients afin de me concentrer sur le tatouage.

Quels sont les inconvénients de la profession ?

Plus qu'un inconvénient il s'agit d'un risque majeur : la contagion sanguine. Un inconvénient considérable résulte de l'attrait des jeunes mineurs pour les tatouages. Effectivement, ces derniers ont une peau trop jeune pour être tatoués : le tatouage va mal vieillir puisque leur peau va continuer à se modifier avec leur croissance. Un autre inconvénient consiste à être tributaire de l'hygiène des clients. Si le client ne respecte pas les règles d'hygiène essentielles il gâche notre travail.

Avez-vous un point positif novateur à mettre en évidence ?

Oui, le fait que les clients sont de plus en plus divers. Aujourd'hui, des individus très différents viennent se faire tatouer. Un autre point positif résulte du dialogue qui existe depuis peu entre tatoueurs et professionnels de la santé.

Quels sont les avantages la profession ?

Je suis mon propre patron en quelque sorte même si la boutique n'est pas à moi, je suis libre de travailler comme je l'entends. C'est un métier libéral.

En quoi consiste le travail ?

J'injecte de l'encre dans la deuxième couche de peau, à savoir dans le derme. A l'aide des aiguilles je fais partir l'épiderme (première couche de peau) en marquant le derme avec des pigments. Et ce sans toucher à l'hypoderme. Tout l'art du tatouage consiste donc à appuyer suffisamment mais pas trop. En définitive, on tatoue sous la peau.

Avez-vous des conseils pour les jeunes qui souhaitent devenir tatoueurs ?

Il est nécessaire de dessiner depuis longtemps avant de tatouer. Puisque en définitive, tatouer c'est dessiné sur un élastique. Evidemment il ne faut jamais se décourager et persévérer afin de devenir professionnel et d'exercer sa passion.
J.P

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