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Interview : Comportementaliste canine

Comportementaliste canine

Pour commencer, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J'ai d'abord travaillé dans le secrétariat, comme beaucoup de filles. Au bout d'un certain temps, je trouvais ce travail vraiment rébarbatif alors j'ai demandé un congé individuel de formation à mon employeur. Il n'a pas été surpris parce qu'il connaissait ma passion pour les animaux : je prenais même mon chien sur mon lieu de travail.
Ensuite, j'ai commencé à travailler le week-end dans un centre canin à Marseille. Je donnais des cours d'éducation canine pour tout le monde, mais aussi, plus spécifiquement, pour les personnes handicapées. Au bout de deux ans, il fallait que je passe mon diplôme. Je suis donc revenue dans le Nord, parce qu'il y a une école ici. Mais il n'est pas possible de vivre que de l'éducation et du comportementalisme, ce n'est pas encore ancré dans les mœurs. J'ai donc fait une formation de toiletteuse et, une fois les fonds réunis, j'ai ouvert mon salon.

Concrètement, en quoi consiste votre activité ?

Je suis au salon une grande partie de mon temps et, le week-end, je fais de l'éducation sur Lens, Douai et Arras. Il faut bien différencier l'éducation du comportementalisme.
Quand je fais de l'éducation, en premier lieu, je fais marcher le chien avec son maître. Cela me permet d'observer la manière dont il gère l'animal. Ensuite, on fait des exercices de changements de direction, de rappel… On fonctionne par paliers, progressivement. Il ne faut pas donner au chien l'impression qu'on le soumet à un exercice.
Pour ce qui est du comportementalisme, je prends d'abord connaissance de tous les paramètres. Il faut comprendre la place du chien, savoir comment il mange, ce qu'il mange, comment il vit… On écoute beaucoup le maître. Il faut connaître toute l'éthologie du chien, chaque race est différente, chaque chien est unique. La différence majeure c'est que l'éducation va être un travail sur le chien, sa façon d'être et de se conduire. Le comportementalisme va chercher à analyser le chien en amont. Le plus dur, c'est de trouver d'où vient le problème… et l'expliquer au maître sans le vexer.

Quelles sont les qualités indispensables à l'exercice de cette profession ?

Il faut vraiment avoir la passion du chien. Après, le plus difficile, c'est de gérer les maîtres. Quand on parle de comportementalisme, c'est à 70 % de la psychologie humaine. Il faut savoir parler aux gens, amener les choses en douceur. Il faut aussi être patient, et savoir s'adapter. On rencontre différents chiens, différents maîtres. On doit être capable d'analyser les choses.

Même s'il s'agit d'un métier passion, il doit bien y avoir certains inconvénients ?

C'est vrai que le monde du chien est assez difficile… Les gens se rendent compte que c'est un marché porteur, alors forcément, certains n'y voient que l'appât du gain. C'est vrai qu'il y a un créneau mais il faut savoir respecter ses confrères. Quand je suis arrivée sur le secteur, il y avait déjà une autre professionnelle, alors je l'ai appelée. C'est une question de respect. Si quelqu'un arrive sans prévenir sur un secteur où l'on travaille déjà, on doit montrer les crocs. Le monde du chien, c'est un monde de chiens : il faut du caractère si l'on ne veut pas se faire marcher dessus.
Malgré tout, l'avantage majeur, c'est que l'on travaille avec et pour ce qu'on aime. Et puis, on est amené à bouger régulièrement, à rencontrer des gens. On leur apporte un service, mais ça nous enrichit nous aussi.

Pour finir, que diriez-vous à ceux qui souhaiteraient s'aventurer dans la même voie que vous ?

Il faut savoir écouter les gens et les respecter. Quelqu'un qui arrive en étant trop sûr de lui, c'est évident qu'il ne réussira rien. Le plus important dans ce métier, c'est la relation client.
On doit être ouvert sur le monde extérieur et pas juste sur son nombril. Il y a tellement de cas différents que si on se dit comportementaliste, il faut pouvoir assurer pour chacun d'entre eux.
M.I.21.04.08

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