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Interview : Soigneur animalier zoo

Soigneur animalier zoo

Société: Parc zoologique de Lille

Quel a été votre parcours jusqu'à aujourd'hui ?

J'ai fait l'ensemble de mon cursus scolaire dans l'agricole, dans tout ce qui concernait l'élevage des animaux et la culture fourragère. En gros, j'ai la qualification requise pour être agriculteur, mais ça ne m'intéresse pas parce qu'à l'heure actuelle, tout se fait en intensif. Donc en 1997, j'ai arrêté les études et, pendant ma période de chômage, j'ai été bénévole pour le zoo pendant un an. Ensuite, je suis devenu vendeur dans une animalerie et, en 1998, j'ai travaillé au Jardin Vauban, parce qu'ils ne créaient toujours pas de poste au zoo. Ce n'est qu'en 2000 que j'ai commencé à y travailler en tant qu'animateur, et depuis 2006, je suis soigneur animalier.

A quoi ressemble le travail des soigneurs animaliers ?

On s'occupe des espaces dédiés aux animaux, on les nourrit et on veille à leur bonne santé. L'équipe de soigneurs est en lien direct avec la vétérinaire. On lui signale toute anomalie : maladie, blessure, détachement du groupe… On surveille aussi les reproductions.
Au-delà de ça, on travaille également à l'enrichissement de leurs espaces. On conçoit des jeux pour qu'ils trouvent leur nourriture, pour éviter l'ennui de l'animal qui tourne en rond dans son enclos, comme on pouvait le voir il y a trente ans de ça. On cherche vraiment à améliorer leur environnement direct, à recréer l'habitat le plus proche de celui d'où ils viennent, par exemple une fausse brousse pour les suricates ou un milieu très végétalisé pour les animaux de la forêt. Ce n'est pas toujours évident à mettre en place dans des espaces miniatures.
Généralement, on est assigné à un secteur, avec certains animaux mais il faut connaître toutes les espèces présentes dans le zoo parce qu'on est amené à bouger pour aider les autres soigneurs.

Quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour exercer ce type de profession ?

Il faut aimer le contact avec les animaux et avec les gens. Il faut aussi être capable de travailler par tous types de temps et, souvent faire une croix sur les jours fériés et les dimanches. Les animaux vivent et mangent tous les jours, 365 jours par an. Il faut en prendre conscience. Après, c'est une question de choix. Personnellement, je sais que je serais incapable de travailler entre quatre murs.
On doit également connaître les animaux, s'y intéresser et avoir envie d'étoffer ses connaissances. Il faut savoir s'adapter à tous types de situations et pouvoir réagir rapidement, il n'y a pas de réelle routine.

Et votre contact avec le public ?

Il est très important. Il faut être capable de travailler derrière la vitrine, au milieu de tous ces gens, accepter leurs questions et encaisser les mots pas toujours très tendres. Celui qui fait une blague pense toujours qu'il est le premier, alors qu'on l'a déjà entendu cinquante fois la même journée.
Mais souvent, le contact est sympa. On a des visiteurs réguliers qui ont des questions intéressantes. On discute de différents sujets, on fait un peu de pédagogie et de prévention. On explique les dangers de la déforestation, du braconnage, les dérives liées à la mode des nouveaux animaux de compagnie.

Que pourriez-vous donner comme conseil à un aspirant soigneur ?

On sort d'une période où il y a eu beaucoup de renouvellements, donc il y a de moins en moins de débouchés. L'important, c'est d'avoir su démontrer sa motivation lors de stages et de se faire repérer. Il ne faut pas hésiter à faire des stages, même de découverte. Souvent les parcs prennent des gens pour une ou deux semaines. C'est important de voir aussi la partie « ingrate »… ça permet de ne pas perdre une année de formation pour rien.
A ce sujet, je dirais également qu'il est nécessaire, aujourd'hui, de sortir de l'une des trois écoles spécialisées : Carquefou, Vendôme et Gramat. Ou alors avoir suivi la formation par correspondance de l'IFSA. Parallèlement, il faut travailler son anglais parce que tout ce qui est édité est en anglais. Et puis, les postes deviennent tellement rares qu'on est amené à accepter des stages ou des emplois partout en Europe.
M.I.21.04.08

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