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Dossier : Les métiers des canaux

Les métiers des canaux

La France est sillonnée de 8 501 kilomètres de canaux et de rivières sur lesquels circulent péniches et bateaux de plaisance. Bien loin d'être laissées à l'état sauvage, ces voies d'eau sont au contraire très entretenues, surveillées et parfois même redessinées pour des raisons pratiques ou de sécurité. Ces dernières années, les préoccupations écologiques ont complètement influencé la manière de gérer et d'utiliser les voies d'eau. Et il y en a, des personnes dont l'occupation principale – et professionnelle, est de surveiller ou d'exploiter ces canaux. Peut-être vous demandez-vous lesquelles.

Ça tombe bien, c'est le sujet du présent dossier !

 

Voies Navigables de France ou la gestion des canaux

 

VNF pour les intimes. Établissement public créé en 1991 qui remplace l'Office National de la Navigation fondé lui en 1912. Il s'agit de l'organisation qui prend en charge la gestion de la majeure partie des canaux (les voies navigables) de France. Comme quoi son nom est vraiment bien choisi. Et majeure partie, c'est peu dire : sur les 8 500 kilomètres de voies d'eau, VNF en prend en charge 6 700 kilomètres. Mais de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités et plusieurs d'entre elles incombent à l'établissement :

  • La gestion, l'exploitation, l'entretien et le développement des voies d'eau,
  • La mise en valeur, la protection de l'écosystème et la valorisation des canaux,
  • L'établissement de mesures juridiques et de réglementation relatives à ce domaine.

Sur l'ensemble du territoire, les agents de Voies Navigables de France ont pour mission de valoriser, pérenniser et réglementer le trafic fluvial. Cela contribue également au développement de l'économie, sans compter les emplois que cela génère.

 

Et les métiers alors ?

 

Sur le canal, et autour, gravitent de nombreux métiers complémentaires. Les éclusiers, bien entendu, qui ont pour mission d'assurer le passage des péniches et autres navires tout au long de leur trajet fluvial.

Dans les sièges et les directions territoriales, des agents veillent à la gestion des canaux et à l'application des règlements. Et d'autres encore ont pour mission d'assurer la sauvegarde de l'environnement et de limiter l'impact de l'Homme et des bateaux sur la nature.

Et les derniers mais non des moindres, les bateliers. De plaisance ou de commerce, souvent des péniches, de nombreux navires empruntent quotidiennement les voies d'eau.

 

Du côté des bateaux

 

D'un point de vue commercial et écologique, le transport de marchandises par bateau est l'une des meilleures solutions. Possibilité de transporter plusieurs dizaines (voire plus) de tonnes de marchandises sur un seul navire, pas de pollution sonore et empreinte carbone moindre.

Le tourisme fluvial est également très développé et ne compte pas pour rien dans l'économie touristique française. Un rapport de VNF du 3 juin 2014 affirme en effet que « La navigation touristique fluviale, collective ou individuelle, représente aujourd’hui 10 millions de passagers transportés par an pour un chiffre d’affaires annuel de 350 M€ ».

Pour que ce secteur reste toujours plus dynamique et aide au développement économique des régions, des bureaux d'étude et de recherche et développement travaillent sans cesse pour améliorer la propreté des bateaux d'un point de vue écologique.

 

Évolution des métiers et des préoccupations

 

Comme dans de nombreux autres domaines professionnels, le milieu de la navigation fluviale a connu de nombreuses évolutions. La démocratisation des outils technologiques a grandement modifié la manière d'envisager les métiers en contact direct avec les canaux. Les bateaux sont maintenant équipés de radios performantes permettant de naviguer entre eux et avec les postes des écluses, ce qui facilite les processus d'identification et la navigation.

Les écluses quant à elles sont équipées de sas automatisés, d'un équipement d'urgence en cas d'accident et de nombreux outils de surveillance.

 

Un projet mis en place par VNF devrait voir le jour dans quelques années : l'automatisation des écluses sur certains canaux. Les personnes assurant le fonctionnement, l'entretien et parfois la maintenance de ces ouvrages ne seraient plus sur place mais travailleraient désormais à distance dans un centre de commande équipé de caméras leur permettant de surveiller plusieurs écluses à la fois. Ce changement bouleverserait la manière d'exercer cette profession et inquiète de nombreux éclusiers attachés à leur métier et au contact avec les bateliers dont ils ont peur d'être coupés.

 

Univers riche et secteur économique important, la navigation fluviale est aussi un milieu professionnel attentif au développement durable dont les métiers au contact de l'eau le sont tout autant.