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Dossier : Les énergies renouvelables : créatrices d'emplois ?

Les énergies renouvelables : créatrices d'emplois ?
L'époque est au vert. Le secteur de l'énergie renouvelable est en plein essor : éoliennes et barrages hydrauliques fleurissent un peu partout. Peu nuisibles pour l'environnement certainement mais qu'en est-il en terme d'emplois ? Les créations d'activité seront-elles suffisantes pour combler celles qui n'auront plus lieu d'être ?

L'Union Européenne a imposé à la France que 23 % d'énergies renouvelables fassent partie de sa consommation énergétique totale. Le SER (syndicat des énergies renouvelables) à même reporté ce chiffre à 25 %. Conséquence, des grands géants de l'énergie nucléaire comme Areva indiquent une destruction de 250 000 emplois directs et indirects liés à la diminution de la part du nucléaire à 50 % en 2025.

La bonne nouvelle, c'est que selon les prévisions du SER 125 000 emplois pourraient être créés grâce aux énergies renouvelables d'ici à 2020. Ils passeront de 8 100 à 57 000 emplois pour l'éoliens, de 18 800 à 56 200 pour le solaire photovoltaïque et de 13 500 à 22 800 emplois pour la biomasse.

Quoi qu'il en soit, nous serons obligés de passer par cette transition énergétique et chacune de ses filières estime pouvoir y trouver sa place. Car passer à un nouveau modèle énergétique signifie aussi le démantèlement des anciennes structures, le traitement des déchets dangereux ensevelis mais également création de nouveaux réacteurs destinés à remplacer l'EPR.

Des emplois très diversifiés

Dans le secteur éolien : En amont chaudronniers, soudeurs, assembleurs-monteurs, cartographes, ingénieurs en aérodynamique, mécanique et électricité seront très recherchés afin de concevoir et fabriquer ces nouvelles machines qui seront déployées sur l'ensemble du territoire. Ces emplois laissent de plus la possibilité de travailler en plein air.

De la main d'œuvre sera également requise pour la maintenance de ces appareils. Electromécaniciens ou électrotechniciens, de niveau bac +2 essentiellement, trouveront leur place au sein de ce secteur. L'entretien d'un parc de trois à quatre éoliennes nécessite deux salariés à temps plein et 3 695 éoliennes sont déjà installées en France.

Le secteur solaire est en pleine expansion en France. Ici encore plusieurs branches de métiers : de la fabrication à l'installation. Il nécessite des profils « terrains ». Ainsi, le chauffagiste-installateur en panneaux solaires photovoltaïques ou thermique va être très convoité : il évalue le projet en fonction de la demande, calcule la dimension des panneaux en fonction de la structure de l'habitation, des besoins en eaux ou en électricité du foyer, le nombre d'appareils et d'équipements, procède l'installation et effectue un entretien périodique. Le solaire fait aussi la part belle aux ingénieurs chargés de développer l'énergie solaire aussi bien dans l'habitat privé que dans les équipements destinés à l'usage collectif. Ils ont pour mission principale de planifier un projet, diriger des réunions, effectuer des descentes sur le terrain, rédiger le cahier des charges, et chercher des subventions et des financements. Ils assurent la maintenance, l'optimisation, et le suivi de chaque installation.

La biomasse constitue la première source d'énergie renouvelable en France selon le Ministère du développement durable. Ce terme désigne l'énergie produite à partir de matières animales et végétales. Ainsi l'utilisation de la biomasse est bénéfique à l'emploi. Par exemple le chauffage au bois qui devrait équiper 9 millions de logements en 2020 contre 6 millions en 2006. Pour récolter, transformer, transporter le bois, il faudra donc de la main d'œuvre supplémentaire ; Actuellement l'exploitation de la biomasse représente déjà l'équivalent de 60 000 emplois en France. Quant aux secteurs de la géothermie et de l'hydraulique, les profils scientifiques sont extrêmement recherchés. Les techniciens foreurs font partie de cette demande récente. Les entreprises recherchent également des profils expérimentés provenant d'autres secteurs comme le chauffage, la mécanique ou la géologie.

Les formations

Tous les niveaux de qualifications peuvent y trouver leur place : du CAP au master, en passant par le bac pro et les formations « professionnalisantes ». Des candidats avec des bases scientifiques solides ou des connaissances en énergétique et thermique du bâtiment sont habituellement recherchés. Mais les entreprises ont aussi besoin de personnes compétentes en vente et marketing.

Les formations menant purement aux métiers des énergies renouvelables sont cependant restreintes. Quelques licences professionnelles existent telles que la « maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables » à l'Université Paris Est, le programme « Valorisation des énergies renouvelables et techniques énergétiques » à l'IUP de Poitiers, récemment une antenne de Sciences politiques spécialisées dans les énergies renouvelables s'est ouverte à Caen.

Pour les formations de 3e cycle il existe des masters « Génie des systèmes industriels – spécialité énergies solaires » et « Système énergétique et énergies renouvelables » à Perpignan et à l'Université de Corse. Enfin l'Ensam de Bastia propose un mastère spécialisé dans les systèmes de production des énergies renouvelables.