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Dossier : La vente directe

La vente directe

La vente directe

Loin de l'image de la femme désirant sortir de chez elle ou de la dame vendant en porte à porte de boîtes en plastique, la vente directe est de plus en plus prisée. Nécessitant rigueur et sens du commerce, elle est devenue un métier à part entière. L4M fait tomber quelques idées reçues et vous éclaire sur cette profession encore trop méprisée.

Depuis 4 ans, Vincianne se promène de réunion en réunion, catalogue sous le bras et bagages de lingerie estampillée Charlott' Lingerie. Comme elle, ils sont 300 000 en France à vendre leurs produits en porte à porte ou dans les réunions. De la lingerie aux abonnements en passant par l'électroménager et les vêtements, le vendeur à domicile indépendant, de son appellation, doit être capable de séduire sa clientèle fans un temps très court. Objectif : vendre le plus possible et empocher une commission entre 20 % et 35 % selon l'entreprise, le chiffre d'affaires et sa position hiérarchique.

Encore méprisée par une partie de la population, la vente directe est souvent associée à l'image de Tupperware et des boîtes en plastique de nos grands-mères. Pour autant, dans une société où la publicité est omniprésente, elle séduit une autre forme de clientèle. Conviviale et proche du public, la vente directe est devenue le troisième canal de distribution derrière la VPC (Vente par Correspondance) et les magasins. Plus que du marketing direct ou de la vente directement sur le lieu de production, elle permet une grande souplesse et une certaine indépendance.

Vendeurs salariés ou indépendants, ils sont libres d'organiser leur temps de travail. Loin de l'âge, de la situation familiale et des diplômes, la compétence s'acquiert et se voit sur le terrain. Nombreux sont alors les mères de famille inactives depuis très longtemps, les chômeurs de longue durée et les salariés en recherche d'une reconversion ou d'un deuxième emploi à tenter leur chance. Mandataire ou acheteur-revendeur, si son activité reste occasionnelle, il ne signera pas de contrat de travail mais un agrément. A lui de fixer ses objectifs pour pouvoir en vivre. En contrat VRP pour une entreprise, il bénéficiera d'une sécurité salariale et sociale avec un contrat de travail.

Enfin reconnue…

Face à l'engouement pour ce secteur, 100 000 emplois devraient être créées et un partenariat avec l'éducation nationale vient d'être mise en place pour faire connaître les métiers de la vente directe.

Vous vous dites quel beau métier sans patron, sans obligation de résultats et où liberté et convivialité dominent. D'autant qu'à partir d'un certain revenu et chiffre d'affaires, vous deviendrez animateurs d'équipe et vous pourrez recruter et coacher des vendeurs. Vous percevrez alors 5 % de commissions sur les ventes de vos collaborateurs. Certains touchent même le Jackpot et doivent s'inscrire au registre du commerce (si vous percevez plus de 27 000 € par an).

Mais, tous les VDI ne connaissent pas le succès. Seulement deux tiers parviennent à se dégager un salaire 11 mois sur 12. La plupart ne toucheront que 200 à 500 € par mois. Il faut alors s'accrocher pour arriver à obtenir le SMIC. D'autant que passé le cercle des amis et la famille, il vous faut réussir à élargir sa clientèle. Le vendeur doit prendre un maximum de rendez-vous et se constituer un réseau d'hôtesses capables d'accueillir les clients. Comptez plus d'un an avant de démarrer véritablement votre activité. Résultat la moitié d'entre eux laissent tomber au bout de 6 mois.

Quelques petites astuces

Que se soit pour grappiller quelques euros ou gagner le pactole, les VDI doivent rivaliser d'ingéniosité. Ainsi, même avec des cadeaux aux hôtesses, il faut être capable de convaincre et d'adapter son discours à chaque réunion. Capter rapidement son attention et répondre à ses objections s'avèrent primordiales. Du côté du porte à porte, il s'agit de rentrer dans les immeubles. Face aux systèmes de sécurité, la clef passe partout du facteur s'avère indispensable. L'interphone et le gardien peuvent également être utiles. Rares sont les personnes qui n'ouvrent pas à l'annonce d'une livraison de colis ou d'un rendez-vous avec un propriétaire dont le nom aura été préalablement repéré sur la boîte aux lettres. Ces professionnels formés et motivés utiliseront finalement la méthode qui leur convient le mieux. Certes, les cosmétiques, lingeries… se vendront plus facilement lors de réunions car facile à montrer et plaisant que le vin ou l'électroménager plus onéreux et où on préférera le tête-à-tête.

S.L