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Interview : Barbier

Barbier

Au 33 rue de la Barre à Lille, se trouve l'Atelier du Barbier. Quand on pousse la porte, l'atmosphère est calme. Le bruit de la tondeuse se mêle à la musique d’ambiance et berce le client. Le client, d'ailleurs, est confortablement allongé dans un fauteuil, les yeux fermés. Pendant ce moment de détente, Mélanie Descamps opère un travail minutieux de taille de barbe à l'aide d'un peigne et de ciseaux. Après avoir été de nombreuses années son apprentie, elle est devenue son associée il y a deux ans, quand l'Atelier a ouvert. Lui ? C'est Valéry Rémy, coiffeur homme et barbier de profession.

 

En 36 ans de métier, il a été manager pour le groupe Michel Dervyn et formateur à Lille et Paris. Monsieur Rémy porte la barbe, longue. Derrière ses épaisses lunettes noires, se cache un homme avenant et passionné par son métier. Nous lui avons posé 3 questions.

 

Comment devient-on barbier ?

A mon époque, on choisissait si l'on voulait être coiffeur dame ou coiffeur homme/barbier. Malheureusement aujourd'hui, toutes les formations sont mixtes et aux examens, 80 % sont consacrés à la coiffure dame. N'importe quel coiffeur peut ouvrir sa boutique de barbier, avec un diplôme qui ne correspond pas à l'exercice du métier. Il existe des formations en deux ou trois jours, mais elles ne sont pas suffisantes. On a dû former à devenir barbier, apprendre à raser et à tailler des barbes. Cela prend plusieurs mois. Par exemple, notre apprenti Mohammed a mis trois bons mois avant qu'on lui laisse s'occuper d'une barbe à 100 %. Et il poursuit encore son perfectionnement dans le rasage complet !

 

Quels publics touchez-vous avec votre Atelier ?

On touche des publics différents. Tout d'abord, avec Mélanie, nous avons développé notre propre clientèle au cours de nos carrières. Ce sont des clients fidèles, et ils nous ont suivis. Il m'arrive d'avoir à m'occuper de barbes dans des familles, parfois sur plusieurs générations ! Du grand-père au petit-fils par exemple. C'est très gratifiant. Ensuite, il y a bien sûr le bouche à oreille et un effet de mode depuis environ 3 ans, qui nous a amené beaucoup de barbus (rires). Il y a le phénomène des barbes longues, mais quand la mode sera passée, je ne pense pas que cela changera beaucoup notre clientèle. Une fois que quelqu'un a pris l'habitude de porter une barbe, il va avoir du mal à la raser complètement. Elle fait partie de l'individu. On travaillera sans doute plutôt des formes de barbes courtes, mais c'est un élément qui fait partie d'eux maintenant. Les hommes prennent soin d'eux, et notre Atelier répond à ce besoin spécifique.

 

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

C'est avant tout le relationnel client. Les univers dame et homme sont très différents à ce niveau. Aller chez le barbier, c'est une histoire de mec. Ça n'empêche pas les femmes d'exercer le métier, la preuve avec Mélanie et ma fille qui est également avec nous dans l'atelier, mais l'ambiance, l'approche sont différentes. Ici, le client est cash. Soit on le garde et il reviendra longtemps, soit on le perd complètement. On n'a pas de clientèle volatile comme pour les salons dame. On a un rapport, un échange, un suivi, une histoire. C'est ça qui fait la différence.

 

Classé par le magazine GQ dans les 10 meilleurs barbiers de France, l'Atelier du Barbier a encore de beaux jours devant lui.

 

Le site de l'atelier : http://www.atelierdubarbier.fr/

Sa page Facebook : https://fr-fr.facebook.com/LatelierDuBarbier

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