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Interview : Restauratrice de meubles

Restauratrice de meubles
Entourés par le bois, nous nous sommes entretenus avec Sylvaine Marseille, restauratrice de meubles en bois, afin qu’elle nous éclaire sur cette profession plutôt originale, chargée de donner une seconde vie à ce matériau.

Quel est votre cursus scolaire jusqu’à présent ?

Je n’ai pas fait d’études spécifiques pour ce métier. Au départ, j’ai fait des études pour passer un diplôme de coiffure en Belgique. J’ai ensuite essayé de passer un diplôme pour être vendeuse-caissière en libre-service en France avant d’entamer quelques petits boulots. Actuellement à côté de mon travail en atelier, je travaille le bois pour la Ressourcerie, centre de collecte à Ferrière-La-Grande. On m’a proposé une formation en décoration, ornement mais basée sur Lyon et étant mère de famille, je ne pouvais pas accepter.

Comment vous est venue l’idée de « Atelier Restaury Meubles », votre atelier qui restaure des meubles en bois ou fait de nouvelles créations ?

Atelier Restaury Meubles est une auto-entreprise. Lorsque j’ai divorcé de mon mari, je me suis retrouvé sans meubles justement. Bénévole à Saint Vincent de Paul, je me suis acheté un meuble pour une cinquantaine d’euros. Voulant le travailler, je l’ai poncé, réparé pour lui donner une tout autre allure. Tous mes visiteurs (amis, familles) voulaient alors me le racheter et parfois même à des prix exorbitants par rapport à celui que j’avais dépensé. C’est de là qu’est venue l’idée de créer un atelier, suite aux nombreuses demandes qui me furent faites par mes proches. J’avais pris en plus beaucoup de plaisir à travailler ce meuble alors si je pouvais en faire un métier, pourquoi pas ?

En quoi consiste votre travail ?

Un client me confie un meuble et une tâche à réaliser : le restaurer, l’embellir ou complètement changer son utilité et je me charge de réaliser son souhait le mieux possible. Pour cela, je travaille le bois avec les bons outils, je bricole avec mes réserves si il faut rajouter des pièces et je procède à toutes les étapes nécessaires pour rendre un travail correct et propre. Le but est de rendre l’objet réussi pour le client.

Est-ce que vous ne prenez que des commandes ou vous faites d’autres activités en rapport avec la restauration de meubles ?

Je commence tout juste à faire des braderies et des brocantes pour faire connaître mon atelier et mon « métier » au grand public. J’ai fait la braderie de Pont-sur-Sambre. Ayant des cadres et un cadeau de naissance à faire, je me suis mis à travailler sur place et cela a amené beaucoup de monde, curieux de savoir comment je faisais pour travailler le bois, le restaurer et faire de nouvelles choses avec des meubles existants. De là est venue aussi mon envie de transmettre mon savoir. J’ai donc choisi d’animer également à Maubeuge des ateliers parents-enfants et travailler dans le social tout en restant dans ma passion. Pour cela, je préparerai prochainement un diplôme d’encadrant dans le Nord.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

C’est un travail de passionné. C’est réellement une passion pour moi de bricoler, de poncer : je pourrais faire ça des heures. Je n’ai pas d’horaires fixes surtout avec mon travail à la Ressourcerie de l’autre côté.

Quelles sont les qualités nécessaires à l’exercice de cette profession ?

Il faut savoir s’adapter et jongler avec sa vie privée. Les qualités nécessaires restent aussi la créativité, l’imagination, l’habileté avec le bois et la patience. C’est vraiment un travail de bricolage donc il faut savoir utiliser les bons outils.

Comment peut-on accéder à vos services et quelles sont les plus grandes demandes ?

On peut me joindre directement via mon groupe Facebook et mon atelier est basé sur Ferrière-La-Grande. Vous trouverez sur cette page mon numéro de téléphone direct ou vous pouvez m’envoyer un message si vous avez une quelconque demande. La plus grosse demande est le changement d’aspect. Bien souvent, les clients veulent garder le meuble mais en faire quelque chose de plus jeune, de plus tendance mais ils sont attachés à la base (souvent un souvenir de famille par exemple). C’est ce que j’aime aussi dans le bois et les meubles, l’histoire qu’il y a derrière.

Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Je souhaite surtout développer l’atelier avec le nombre de demandes que je reçois qui n’arrête pas d’augmenter. Je souhaite donc aussi travailler dans le social, faire plus d’ateliers dans les centres sociaux, encore plus de meubles et plus de communication. Un des buts qui me tient particulièrement à cœur, ayant été dans une situation difficile par le passé, est de pouvoir me développer assez pour employer des personnes. Je sais ce que c’est que de se retrouver au chômage avec toutes les portes qui se ferment. Alors il faut savoir que quand toutes les barrières se ferment, il faut s’en ouvrir une soi-même !
BR29/09/2014

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