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Dossier : Le statut de freelance

22 avril

Plus de 10% de la population active a déjà choisi l'indépendance professionnelle.

Le statut de freelance

Se lancer en freelance

Les freelances sont de plus en plus nombreux. Flexibilité, liberté d'initiatives et indépendance caractérisent ce statut attractif : devenir son propre patron constitue un aboutissement professionnel pour beaucoup de salariés, même en début de carrière. Toutefois, face aux démarches administratives et à la prise de risque, nombreux sont ceux qui hésitent. Faut-il passer à l'acte ?

DÉFINITION DU STATUT D'INDÉPENDANT

Selon l'URSSAF, est travailleur indépendant celui qui exerce son activité intellectuelle ou commerciale dans le cadre d'un contrat d'entreprise et non dans celui d'un contrat de travail (en d'autres termes, le travailleur indépendant a des clients alors que le salarié est lié à un patron). Concrètement, le travailleur indépendant effectue lui-même une prestation pour un client en mettant ses compétences au service du marché. Il ne touche donc pas de rémunération fixe et n'a pas de patron ni d'associés. Les métiers que peut exercer le freelance sont innombrables et se rattachent à de nombreux secteurs d'activités : agriculteurs, artistes/auteurs, artisans, commerçants, experts informatiques et professions libérales (réglementées ou non).

LES TÂCHES DU FREELANCE

Ne compter que sur soi est certes appréciable, toutefois une telle indépendance entrepreneuriale impose que vous dépassiez le cœur de votre métier pour devenir polyvalent. De nombreux labeurs vous attendent : vous devez tout d'abord gérer la communication de vos services et réussir à vous vendre auprès des entreprises. Autant vous dire qu'il s'agit là d'un aspect primordial pour votre réussite. Sachez que 78% des freelances s'appuient sur une expérience salariale antérieure afin de posséder une bonne connaissance du secteur dans lequel ils évoluent et d'éviter ainsi au maximum les dégâts.

Votre autre casquette sera celle du gestionnaire : secrétariat, comptabilité, paperasses administratives et recouvrement de factures seront votre lot quotidien. Autant vous dire que votre investissement doit être total et que vous ne compterez pas vos heures.

DÉMARCHES JURIDIQUES

Pour démarrer une activité indépendante, vous avez besoin d'être enregistré comme une entreprise. Il existe trois grandes possibilités :

-  micro-entreprise (micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur)

- entreprise individuelle (EI ou EIRL (à responsabilité limitée)

- entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) ou société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU).

Nous ne nous attarderons que sur la micro-entreprise, plébiscitée depuis sa création car simple et  rapide à mettre en œuvre. De plus, elle ne nécessite pas d'apport initial ni d'obligation bancaire particulière. Pour créer votre entreprise individuelle, vous devez tout d'abord l'inscrire à l'URSAFF. Cette étape est rapide et votre entreprise devient fonctionnelle le lendemain même. Ensuite, selon votre secteur d'activités, vous devez l'inscrire auprès de :

- l'URSAFF pour les professions libérales,

- La chambre de commerce pour les commerçants,

- La chambre des métiers pour les artisans,

- Le tribunal de commerce pour les agents commerciaux,

- les artistes/auteurs ont un régime spécial.

Si la création est simple à mettre en œuvre, sachez que cette souplesse a un revers : le statut d'indépendant n'est guère protecteur. Attention donc à la formule choisie, pour ne pas encourir une responsabilité totale et illimitée sur vos fonds propres et biens personnels (voire ceux de votre conjoint). 

CHARGES SOCIALES ET TVA

Même si les cotisations sociales s'avèrent généralement moins élevées que celles d'un salarié, elles restent tout de même conséquentes mais surtout récurrentes et ce quel que soit votre chiffre d'affaires. Les cotisations personnelles d'allocation familiale, CSG, CRDS sont collectées par l'Urssaf, de même que la prévoyance et l'assurance vieillesse. Au total, cela peut représenter un coût fixe de près de 1 800 euros la première année, et jusqu'à 4 500 l'année suivante.

Ensuite, le montant des taxes est calculé selon votre chiffre d'affaires (de l'ordre de 45%). À noter qu'avec un statut d'auto-entrepreneur, si vous ne réalisez pas de chiffres d’affaires, vous ne payerez pas d’impôts ni de cotisations sociales. Selon votre activité, la déclaration de vos revenus se fera selon un régime bien précis : le BNC pour les prestations intellectuelles (Bénéfice Non Commercial) ou le BIC (Bénéfice Industriel et Commercial) pour les professions purement commerciales. Sachez que ces deux catégories ne diffèrent pas en terme de taux d'imposition mais en terme de comptabilité : en BNC votre comptabilité est de type recettes/dépenses alors qu'en BIC, elle est de type créances/dettes. 

LES AVANTAGES DU FREELANCE

Sur le long terme, le travailleur indépendant qui pérennise son activité est gagnant, mais il lui faut accepter d'emblée qu'il y aura des périodes plus ou moins fastes voire difficiles. Le principal atout du travailleur indépendant, c'est sa liberté d'action : il choisit ou non d'accepter les missions qu'on lui propose, oriente sa carrière vers le chemin qu'il souhaite, organise son temps de travail comme il lui plaît et n'a de compte à rendre à personne. De plus, la gestion d'une entreprise, même individuelle, s'avère extrêmement enrichissante car elle permet de développer de nouvelles compétences, de se créer un réseau large et d'ouvrir la porte à de nouveaux horizons professionnels.

En conclusion, si vous vous sentez prêts en terme de compétences (vous maîtrisez parfaitement votre sujet) et que vous êtes organisé, autonome et travailleur, lancez-vous en mesurant clairement les risques et ne vous laissez pas abattre par les questions administratives.

Le statut de freelance