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Dossier : Le statut de freelance

Le statut de freelance

Plus de 10% de la population active a déjà choisi l'indépendance professionnelle.

Se lancer en freelance

Les freelances sont de plus en plus nombreux. Flexibilité, liberté d'initiatives et indépendance caractérisent ce statut attractif : devenir son propre patron constitue un aboutissement professionnel pour beaucoup de salariés. Toutefois, face aux démarches administratives et à la prise de risque, nombreux sont ceux qui hésitent. Faut-il passer à l'acte ?

Définition du statut d'indépendant

Selon l'URSSAF, est travailleur indépendant celui qui exerce son activité intellectuelle ou commerciale dans le cadre d'un contrat d'entreprise et non dans celui d'un contrat de travail (en d'autres termes, le travailleur indépendant a des clients alors que le salarié est lié à un patron). Concrètement, le travailleur indépendant effectue lui-même une prestation pour un client en mettant ses compétences au service du marché. Il ne touche donc pas de rémunération fixe et n'a pas de patron ni d'associés.Les métiers que peut exercer le freelance sont innombrables et se rattachent à de nombreux secteurs d'activités : agriculteurs, artistes/auteurs, artisans, commerçants et professions libérales (réglementées ou non).

Les tâches du freelance

Ne compter que sur soi est certes appréciable, toutefois une telle indépendance entrepreneuriale impose que vous dépassiez le cœur de votre métier pour devenir polyvalent. De nombreux labeurs vous attendent : vous devez tout d'abord gérer la communication de vos services et réussir à vous vendre auprès des entreprises. Autant vous dire qu'il s'agit là d'un aspect primordial pour votre réussite. Sachez que 78% des freelances s'appuient sur une expérience salariale antérieure afin de posséder une bonne connaissance du secteur dans lequel ils évoluent et d'éviter ainsi au maximum les dégâts. Votre autre casquette sera celle du gestionnaire : secrétariat, comptabilité, paperasses administratives et recouvrement de factures seront votre lot quotidien. Autant vous dire que votre investissement doit être total et que vous ne compterez pas vos heures.

Démarches juridiques

Pour démarrer une activité indépendante, vous avez besoin d'être enregistré comme une entreprise. Il existe deux possibilités :

entreprise individuelle (profession libérale).
entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL).

Nous ne nous attarderons que sur l'entreprise individuelle, qui est la plus simple et la plus rapide à mettre en œuvre. De plus, elle ne nécessite pas d'apport initial ni d'obligation bancaire particulière. Pour créer votre entreprise individuelle, vous devez tout d'abord l'inscrire à l'URSAFF. Cette étape est rapide et votre entreprise devient fonctionnelle le lendemain même. Ensuite, selon votre secteur d'activités, vous devez l'inscrire auprès de :

l'URSAFF pour les professions libérales,
la chambre de commerce pour les commerçants,
la chambre des métiers pour les artisans,
le tribunal de commerce pour les agents commerciaux,
les artistes/auteurs ont un régime spécial.


Si la création est simple à mettre en œuvre, sachez que cette souplesse a un revers : le statut d'indépendant n'est guère protecteur, d'autant plus que vous encourrez une responsabilité totale et illimitée sur vos fonds propres et biens personnels (voire ceux de votre conjoint). De plus, en cas d'échec, vous n'avez pas droit aux ASSEDIC.

Charges sociales et TVA

Même si les cotisations sociales s'avèrent généralement moins élevées que celles d'un salarié, elles restent tout de même conséquentes mais surtout récurrentes et ce quel que soit votre chiffre d'affaires. Cotisation personnelle d'allocation familiale, CSG, CRDS collectées par l'Urssaf, prévoyance et assurance vieillesse… Au total, un coût fixe de près de 1 800 euros la première année, et jusqu'à 4 500 l'année suivante. Ensuite, le montant est calculé selon votre chiffre d'affaires (de l'ordre de 45%).
Selon votre activité, la déclaration de vos revenus se fera selon un régime bien précis : le BNC pour les prestations intellectuelles (Bénéfice Non Commercial) ou le BIC (Bénéfice Industriel et Commercial) pour les professions purement commerciales. Sachez que ces deux catégories ne diffèrent pas en terme de taux d'imposition mais en terme de comptabilité : en BNC votre comptabilité est de type recettes/dépenses alors qu'en BIC elle est de type créances/dettes. Un abattement de 20 % vous sera consenti si vous êtes inscrit auprès d'un centre de gestion agréé (CGA). Par ailleurs, vous serez assujetti à la TVA à 19,6 % et à la taxe professionnelle (environ 2 % de votre chiffre d'affaire plus 20% du loyer déclaré pour votre bureau).

Les avantages du freelance

Sur le long terme, le travailleur indépendant est gagnant, mais il lui faut accepter d'emblée qu'il y aura des périodes plus ou moins fastes voire difficiles. Le principal atout du travailleur indépendant, c'est sa liberté d'action : il choisit ou non d'accepter les missions qu'on lui propose, oriente sa carrière vers le chemin qu'il souhaite, organise son temps de travail comme il lui plaît et n'a de compte à rendre à personne. De plus, la gestion d'une entreprise, même individuelle, s'avère extrêmement enrichissante car elle permet de développer de nouvelles compétences et d'ouvrir la porte à de nouveaux horizons professionnels.
Enfin, terminons sur une note rassurante et encourageante : 87 % des personnes qui se sont lancés en indépendants ne regrettent pas leur nouvelle orientation professionnelle.

En conclusion, si vous vous sentez prêts en terme de compétences (vous maîtrisez parfaitement votre sujet) et que vous êtes organisé, autonome et travailleur, lancez-vous en mesurant clairement les risques et ne vous laissez pas abattre par les questions administratives.