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Dossier : Travailler avec un handicap invisible

Travailler avec un handicap invisible

Les préjugés autour du handicap sont nombreux. Notamment celui disant qu’ « un handicap ça se voit » : personnes en fauteuil, amputées, atteintes de cécité ou encore de troubles auditifs et de diction graves. Pourtant, une grande majorité des handicaps sont invisibles. Maladie de Crohn, sclérose en plaques, bipolarisme, dyslexie, séquelles de traumatismes crâniens… Et la liste est longue. Mais attention, handicap invisible ne signifie pas pour autant une inaptitude au travail. Alors comment concilier travail et handicap invisible ?

Qu’est-ce qu’un handicap invisible ?

Un handicap invisible, par définition, est un handicap qui ne se voit pas. Ou du moins, au premier abord. En effet, ce concept regroupe des situations très diverses, dont les handicaps liés à des affections physiques, sensorielles, mentales ou psychiques. Le quotidien de la personne touchée s’en retrouve bien souvent très affecté, rendant certaines tâches particulièrement difficiles et parfois même mettant en question leur autonomie. Mais ce n’est pas le cas pour tous ! La plupart des personnes affectées d'un handicap invisible ont tout à fait les capacités nécessaires à l'exercice d'un emploi et peuvent mener à bien leurs missions.

Comment trouver un emploi lorsqu’on souffre d’un handicap invisible ?

La recherche d’emploi pour les personnes atteintes d’un handicap est une étape délicate. Elle peut entraîner une perte de confiance en soi, et un sentiment d’incapacité à « entrer dans le moule ». Avec un taux de chômage autour des 20 % chez les personnes handicapées, la tâche peut sembler d’autant plus difficile. Heureusement, des solutions existent pour les aider.

Pour commencer, il est possible de faire une démarche de Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé (la fameuse RQTH) auprès de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Cela permettra à la personne de bénéficier d’une reconnaissance officielle ainsi que d’aménagements de poste liés à son handicap (si cela est nécessaire). Cela donne également accès à des mesures favorisant l’insertion des travailleurs handicapés dans le monde professionnel.

D’autre part, certaines structures se sont spécialisées dans l’insertion et le maintien en emploi des personnes en situation de handicap. Prendre contact avec ces structures permettra d’assurer un suivi précieux et un accompagnement personnalisé, notamment dans la démarche de recherche d’emploi. C’est la mission particulière des CAP Emploi et AGEFIPH (Association de Gestion des Fonds pour l’Insertion professionnelle des Personnes Handicapées). D’autres structures interviennent directement auprès des entreprises, dans un objectif de sensibilisation et d’information autour des travailleurs handicapés. Elles sont d’une aide précieuse pour mettre en place une politique de recrutement et de management bien adaptées aux personnes en situation de handicap.

Dois-je parler à mes collègues de mon handicap invisible ?

C’est souvent la « double-peine ». En plus des difficultés quotidiennes, il faut faire face au regard et au comportement de l’entourage. Par exemple l’entourage professionnel, pour qui le handicap qui ne se voit pas n’existe simplement pas. Dès lors, il leur est difficile de comprendre la fatigue, l’attitude « étrange » ou les difficultés que traversent les personnes atteintes d’un handicap invisible. Dans le milieu professionnel, le fait de paraître tout à fait « normal » peut donner lieu à une conduite qui ne prend pas ou peu d’égards particuliers envers la personne en question.

La difficulté à se faire (re)connaître comme travailleur handicapé et avoir le sentiment de devoir se justifier ne facilite pas l’ouverture du dialogue à ce sujet. Pourtant, cette méconnaissance peut mettre en péril la bonne insertion, la compréhension et la coopération au sein d’une équipe. Alors faut-il en discuter ? Oui ! Mais comment s’y prendre ? Le but n’étant pas de faire culpabiliser les collègues, mais de les sensibiliser à une situation. Lors d’une conversation autour d’un dossier en cours, il convient d’aborder le sujet en parlant de ses compétences, des tâches qui mettent à l’aise et des situations particulières où un coup de pouce peut s'avérer nécessaire (et pourquoi).

Ces petits échanges informels faciliteront l’émission et la réception du message, qu’il ne faudra pas hésiter à rappeler de temps à autre, si besoin est. Dans un contexte professionnel, bien communiquer est essentiel ! Cela rappellera également à tous, qu’il ne faut pas toujours se fier aux apparences.