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Dossier : La féminisation de l'emploi

La féminisation de l'emploi
C'est une des problématiques contemporaines, l'égalité homme-femme. Malgré de grandes évolutions dans la plupart des sphères de notre société, la mixité des professions suit un rythme plus lent. Quasiment aussi présentes que les hommes sur le marché de l'emploi, les femmes actives se cantonnent cependant à un petit nombre de secteurs d'activités. Elles travaillent dans le domaine de la santé, de l'éducation, les services d'entretien, ou encore la mode. En revanche, lorsqu'on franchit les portes des secteurs de l'automobile, du transport routier, de l'informatique, du BTP ou de l'industrie de la chimie, elles manquent à l'appel !
Manque d'informations, conditionnement de la société, réticences des employeurs et des femmes, les raisons de cette désaffection sont multiples.

Ces bastions masculins résultent principalement de l'histoire. Les femmes étaient initialement exclues de certaines formations, comme les brevets manuels (l'artisanat, la menuiserie, la boulangerie, le bâtiment, etc.), car considérées comme physiquement plus faibles et souvent réduites à leur fonction maternelle. Ces freins législatifs et sociaux sont restés bien ancrés dans nos mœurs. Conséquence, aujourd'hui elles ne représentent que 28 % de l'effectif dans le domaine du transport, 14 % dans l'armée, 11 % dans celui du BTP et on tombe à 8 % de taux féminisation pour les emplois hautement qualifiés comme au sein des conseils d'administration.

Mais cette réalité se modifie lentement. Sceptiques au départ, les chefs d'entreprises recherchent de plus en plus ces profils féminins. Plusieurs raisons l'expliquent, d'une part un manque de main d'œuvre manifeste dans certains secteurs tels que le BTP, le transport ou l'industrie. L'emploi de femmes s'est donc d'abord développé dans une logique de compensation. D'autre part, généralement plus communicantes, plus perfectionnistes, plus minutieuses et plus attentives, ces dames ont des qualités naturelles qu'on retrouve moins souvent chez leurs homologues masculins, et qui pourtant sont très appréciables dans un cadre professionnel. De plus, grâce aux avancées technologiques, les obstacles physiques disparaissent, alors plus besoin d'avoir de gros bras pour être carreleuse ou conduire un camion. Cela peut faire sourire, mais l'arrivée d'une femme dans un milieu masculin réveille aussi souvent un instinct primaire de compétition chez ces messieurs et pousse ainsi l'équipe à se surpasser. Bref, que du positif pour l'entreprise prête à tenter l'expérience.

Des milliers d'entreprises demandent désormais la parité lors du recrutement, des quotas sont souvent imposés, des lois favorisent la mixité, par exemple la loi Copé-Zimmermann qui impose 40 % de femmes au minimum dans les conseils d'administration. A cela s'ajoutent des campagnes de sensibilisation aux métiers dits « masculins » organisées par les entreprises, par exemple celles de l'union des métiers de l'industrie ou plus récemment d'EDF.