Interview : Gynécologue obstétricien

Société: Clinique Cotteel

Quel cursus avez-vous suivi ?

J'ai passé un bac équivalent au bac ES actuellement mais il est préférable d'avoir un bac S. Après on entrait en première année de médecine où l'on étudiait les sciences fondamentales. Puis nous entrions dans un cycle de 6 années de médecine. Il y a ensuite l'internat que l'on prépare en parallèle des études pour avoir les meilleures places et choisir sa spécialité. On préparait l'internat avec des anciens internes volontaires qui donnaient des conférences et des cours. Moi-même j'ai réalisé ensuite des conférences pour transmettre de génération en génération. Je me suis donc préparé à l'internat persuadé que je n'y arriverais pas et finalement j'ai terminé dans les premiers. On devient alors interne des hôpitaux où l'on apprend la médecine en l'exerçant. L'internat dure 4 ans au moins avec en plus le service militaire qui durait un an. Il faut choisir dès le départ la spécialité qu'on souhaite exercer et les médecins les plus anciens choisissent les meilleurs. Je voulais devenir chirurgien et je ne faisais que des stages de chirurgie. Suite à un événement personnel, je n'ai pas pu me présenter à temps pour être chef de clinique en chirurgie et j'ai choisi la gynécologie obstétrique. Puis j'ai rejoint la clinique de mon père et j'ai exerce depuis dans le privé.

C'est tout de même un choix personnel de vous diriger vers la gynécologie ?

Pas vraiment mais finalement ça m'intéresse beaucoup et je peux à la fois faire de la gynécologie médicale et des accouchements, et ainsi être plus proches des gens et également de la gynécologie chirurgicale qui me passionne. Après mes études de médecine, j'ai donc passé ma thèse en gynécologie obstétrique puis j'ai passé un an en chirurgie à l'hôpital Oscar Lambret au centre de cancérologie. Ensuite j'ai été chef de clinique et j'ai obtenu ma qualification de gynécologue obstétricien.

En quoi consiste votre travail actuellement ?

Je fais de la gynécologie médicale : stérilité, ménopause, contraception, détection des cancers, suivi de grossesse, toute la gynécologie « classique ». Je réalise des accouchements et je fais également de la chirurgie gynécologique car j'ai une formation initiale de chirurgien. Je fais donc de nombreuses opérations plus ou moins complexes, j'opère maintenant à ventre fermé avec un coloscope.

C'est un métier avec beaucoup plus de moyens technologiques aujourd'hui ?

Oui ça évolue très vite, tout ce que j'ai appris à l'université il y a 20 ans est obsolète. Il faut constamment se former et apprendre de nouvelles techniques. Je voyage souvent en France et même à l'étranger pour étudier de nouvelles méthodes et de nouveaux outils très pointus.

Quelles sont les qualités nécessaires pour se lancer dans une carrière de chirurgien ?

Etre gynécologue obstétricien est très stressant. C'est un métier où l'on fait à la fois de la médecine, de la chirurgie et de l'urgence. Faire un accouchement c'est très bien mais quand il y a un gros problème, il faut savoir réagir vite et rester calme. Tout peut basculer en 5 minutes, il faut savoir gérer son stress. Il faut avoir des qualités de chirurgien c'est-à-dire être manuel et très adroit. Il faut également une énorme disponibilité et une famille qui accepte ce rythme de vie. Il faut avoir une famille qui te pardonne d'avoir chambouler leurs horaires. La stabilité familiale est essentielle. Mais aujourd'hui on peut s'arranger pour travailler en équipe et avoir un volume d'horaires très convenable.

Quels sont les avantages et les inconvénients de cette profession ?

Un avantage serait une certaine aisance matérielle. Pour les inconvénients c'est le manque de temps et de disponibilité. Il y a trois choses très bien dans ce métier, c'est d'abord la chirurgie qui est très intéressante, en évolution constante, ce sont les chirurgiens de ma génération qui ont crée la chirurgie endoscopique. Ce fut une grande aventure et une grande évolution pour la médecine. Et bien sûr les accouchements qui sont un grand moment d'émotions et une grande étape dans la vie d'une femme. C'est une ambiance particulière, une étape de la vie importante dans laquelle nous accompagnons les parents. La naissance est un grand moment, c'est comme si c'était tous les jours le printemps. C'est très dynamisant pour l'esprit. Et pour finir, j'aime particulièrement le côté psychologique, le contact avec les gens dans ma fonction de gynécologue médicale. Parfois certains problèmes de santé sont du à des détresses psychologiques que j'essaie de déceler pour agir immédiatement. Parfois on peut résoudre un problème grâce à de simples paroles. D'autre part, c'est un métier où l'on vit avec les femmes et je trouve ça très agréable.

Un mot pour les étudiants intéressés par la gynécologie.

Contrairement à mon époque où je faisais tout, la gynécologie va se spécialiser par domaine : cancérologie, stérilité, etc. C'est un métier très intéressant qui peut être très agréable si l'on gère bien son planning avec une équipe. Maintenant on ne sera plus obligé de travailler n'importe quand le jour et la nuit. On peut avoir une vie de famille et du temps pour soi.
CD02/06/05

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