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Interview : Animateur 3D

Animateur 3D

Nicolas MONIER (24 ans)

Société: Hydravision (Tourcoing)

Quel parcours scolaire avez-vous suivi ?

J'ai un Bac F12 Arts Appliqués à Nancy, aujourd'hui remplacé par le bac Sciences et Technologies Industrielles des Arts Appliqués (STIAA).
Je suis ensuite entré en BTS Design industriel à Strasbourg puis à SupinfoCom.

As-tu effectué des stages lors de tes deux années de BTS ?

Entre la première et la seconde année, j'ai fait un stage de deux mois dans une entreprise de design architectural à Nancy. J'étais chargé d'aider le responsable dans diverses tâches (croquis, logo type…).

Qu'as tu fais après le BTS ?

J'ai intégré l'école SupInfocom de Arles. La formation peut se dérouler en deux ou quatre ans. En ce qui me concerne, grâce à mon diplôme de BTS, j'ai pu entrer directement en 3ème année. Les cours sont assez généraux : on nous apprend à modéliser, animer des personnages et décors, à créer des textures, etc.
Au cours de ces deux années, j'ai pu acquérir pas mal d'expérience.

A savoir ?

Tout d'abord, j'ai passé deux mois en stage chez Silmarils à Paris entre ma 3eme et 4 eme année. Il s'agissait d'un studio de développement de jeux vidéo.
Ma formation s'est terminée en juin et j'ai trouvé du travail relativement rapidement. Beaucoup d'amis n'ont pas eu cette chance et sont au chômage ou travaillent sous le régime difficile de l'intermittence (missions ponctuelles).

Tu as tout de suite commencé à travailler chez Hydravision ?

Non, j'ai d'abord travaillé deux mois au Luxembourg, chez Oniria, dans le long métrage en 3D (film d'animation). J'étais Animateur 3D.
Ensuite, je me suis tourné vers Lyon, chez Doki Denki, une société de jeux vidéo (société qui faisait notamment les jeux pour Disney). Je suis arrivé en fin de production. Ma mission en animation n'a donc duré qu'un mois.

Il arrive souvent qu'une entreprise emploie quelqu'un pour une courte durée ?

En fait, ces deux entreprises ont fait appel à moi pour donner un coup de main sur leurs projets respectifs. En effet, lors des fins de productions, les cadences deviennent élevées à cause du retard accumulé tout au long du projet. Il n'est donc pas rare de voir des entreprises proposer des missions à courte durée pour pouvoir finir le produit à temps.
Malgré les durées de contrats relativement courtes, avoir pu acquérir de l'expérience pratique dans ces entreprises a été pour moi une véritable aubaine. Cela m'a permis de me lancer dans le domaine de l'infographie professionnelle.
Ensuite, je suis arrivé chez Hydravision. Cela fait maintenant deux ans.

Que fais-tu exactement ?

Le travail d'animateur 3D consiste en l'animation des personnages et d'éléments du décor. En fait, je m'occupe de tout ce qui nécessite des mouvements dans le jeu.
On s'inspire généralement de ce qui nous entoure. Il faut observer, analyser et animer ensuite. En fait, il existe 2 techniques bien distinctes d'animation.
La première s'appelle la “motion capture” (capture de mouvements). On place des capteurs sur une personne pour enregistrer ses mouvements. Cela permet d'avoir des attitudes très réalistes très rapidement. On l'emploie pour la démarche de personnages ou des courses par exemple. Cependant, cela reste cher et la majorité des animateurs préfèrent travailler avec la seconde technique.

En quoi consiste-t-elle ?

La seconde technique s'appelle le « Key Framing » (position clé). Ce procédé permet de créer une animation de A à Z. Nous partons d'absolument rien. Il faut imaginer le mouvement que nous retranscrivons sur le logiciel d'animation. Cela demande un bon feeling et un bon sens créatif. A partir de là, toutes les animations imaginables deviennent faisables. Par exemple, on peut faire du cartoon ou encore reproduire les allures d'un monstre (difficiellement « Mocapable »).
Un autre exemple : pour les animations en keyframing mettant en scène des animaux, il nous arrive de visionner des vidéos et étudier la décomposition du mouvement. Cela rend le travail plus facile.
Cela dit, on peut évidemment mêler les deux techniques. Tout est possible.

Quelles qualités faut-il pour devenir animateur 3D ?

Un bon sens de l'observation, un bon sens créatif et surtout la passion du métier.
L'avantage de ce métier est que ce n'est pas une science exacte : rien n'est établi. Chaque personnage à animer est différent et a son caractère : lent, rapide, gros, petit, etc. Par conséquent, nous ne faisons jamais la même chose. Avouez que c'est appréciable…

Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui voudrait se lancer dans cette voie ?

Il faut s'accrocher à sa passion. Le marché de l'emploi dans le domaine des jeux vidéo est plutôt restreint tandis que certaines sociétés françaises ferment ou délocalisent (au Canada par exemple, pour avantages fiscaux très intéressants octroyés au secteur). Il est donc nécessaire de se battre et d'avoir du talent. Les places sont chères : il y a beaucoup de candidats pour le même poste.

Les gens n'ont-ils pas une fausse idée de ce métier ?

Si ! Beaucoup croient que c'est un jeu. Or, c'est un vrai travail. On n'est pas payés pour jouer. Le jeu vidéo est une vraie industrie avec des postes spécifiques et complémentaires. C'est un vrai travail d'équipe. Etre animateur 3D, c'est génial !
AO ET SM

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